Emmanuel Macron serait bien avisé de relire la fable "Le corbeau et le renard", notamment sa morale : Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute. Vous allez me dire, chacun des deux flatte l’autre ; certes, mais Donald Trump a beaucoup plus à gagner que notre Président.

L’une des caractéristiques de la diplomatie française a souvent été sa relative indépendance par rapport aux États-Unis ; au contraire, sur le plan concret, notre Président choisit  de s’aligner sur la première puissance militaire du monde. Cela affaiblit la France et conforte le Président des États-Unis, plutôt isolé sur la scène internationale, et celui-ci ne tient absolument pas compte du point de vue d’Emmanuel Macron, y compris en ce qui concerne l’Iran.

L’un des points de friction entre la France et les États-Unis pourrait être la taxation des GAFA ; or, notre Président prône un respect absolu des directives de l’Union européenne ; compte tenu de la diversités des intérêts, une taxation réaliste ne sera sûrement pas imposée par l’Europe actuelle ; devant cette certitude, il y a des commentateurs qui font croire qu’il pourrait  y avoir une avancée au niveau du G20 : autant espérer le soutien des Martiens. Là encore, l’attitude de notre Président est totalement en faveur des intérêts américains.

Apparemment, l’entente entre Donald Trump et Emmanuel Macron peut sembler paradoxale : à titre personnel, ces deux hommes sont à l’opposé l’un de l’autre. Mais ils ont une même conviction profonde, pour ne pas dire une même foi : ils croient, l’un et l’autre, en la capacité du grand capital à conduire le monde pour le bonheur de tous ; je pense exactement le contraire.

Évidemment, le plus grave se passe en France ; pendant que notre Président va se faire encenser outre-Atlantique, parfois avec ironie, la situation locale se dégrade. Les zadistes de NDL vont finalement obtenir tout ce qu’ils souhaitaient, en plus de l’abandon de l’aéroport : c’est un signal fort pour les contestataires de tout poil.

Les médias commencent à avouer que la grève ne constitue pas seulement un désagrément pour les usagers ; elle perturbe tout le tissu industriel et commercial ; elle réactive la méfiance des étrangers, touristes et investisseurs, envers ce pays incapable de se gérer raisonnablement. Or, comme l’a fort justement noté le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, sur France 2 le 20 avril, l’enlisement de ce conflit est essentiellement dû à l’attitude cassante et provocatrice du gouvernement. Pourquoi le Premier ministre n’est-il pas intervenu plus tôt et pourquoi fait-il semblant de s’interroger sur la dette de la SNCF qui, de toute façon, sera payée par le contribuable ?  

Sans parler du reste : l’afflux massif des migrants, l’insécurité, le mal-être de la police, l’impunité des casseurs, la libération des terroristes ayant achevé leur peine et l’arrivée de ceux qui reviennent de Syrie, l’accroissement de la dette, l’augmentation de la pression fiscale, l’alourdissement des procédures administratives, l’impôt à la source qui s’annonce comme une catastrophe, la désorientation des étudiants, la gabegie des frais de fonctionnement des collectivités territoriales, la crise des hôpitaux en attendant celle des EHPAD, etc.

Et pourtant, la France a tout pour réussir