Le chef de l'Etat affiche son optimisme inébranlable dans ''L'Enigmatique monsieur Hollande. Dans les coulisses de l'Elysée'' (Stock), récit illustré de l'immersion au château des journalistes Vanessa Schneider et Jean-Claude Coutausse.

François Hollande a-t-il endossé le costume de président à l'occasion des attentats du début de l'année, cette stature de monarque républicain que nombre de ses opposants lui déniaient ? Comme beaucoup de commentateurs, la journaliste du Monde Vanessa Schneider répond par la positive. Mais une expérience donne du crédit à son point de vue. À l'automne dernier puis, après les attaques terroristes, en janvier et février, elle et le photographe Jean-Claude Coutausse, un collaborateur régulier du quotidien, ont suivi le chef de l'Etat dans les coins et recoins du palais présidentiel, jusque dans le cinéma et certains salons privés, écouté et observé ses collaborateurs durant des réunions, le gouvernement avant un Conseil des ministres. Le résultat de leur immersion, c'est L'Enigmatique monsieur Hollande.Dans les coulisses de l'Elysée (Stock, 128 pages, 18,5 euros), au texte écrit d'une plume concise et superbement illustré.

François Hollande en est persuadé : sa réaction face au drame national a marqué un tournant. Depuis, les Français savent qu'il est à sa place, qu'il incarne son rôle. Momentanément, ses adversaires ont tu leurs critiques. ''Etre élu président, ce n'est pas 'faire président', estime le chef de l'Etat. Il faut du temps pour le devenir, pour être pleinement reconnu dans cette fonction. Du temps, et un 'événement'. […] Je n'ai jamais douté de moi. Ma capacité de résilience, de résistance à tout, est la meilleure preuve de ma confiance.''

''Je suis totalement lucide sur la réalité du pays''

Lui si souriant, si bonhomme, si blagueur en public, avec une volonté évidente de séduire, est vite apparu coupé des réalités des Français, trop distant et froid alors qu'il se veut chaleureux. François Hollande assure connaître leurs problèmes, se rendre compte de son impopularité : ''Je suis totalement lucide sur la réalité du pays, je lis la presse, j'écoute la radio, je regarde les sondages, je vois tout. Mais il faut être capable de ne pas être trop affecté par les événements, il est important de rester impavide, ne serait-ce que pour ceux qui travaillent pour vous.'' Symbole amusant de sa facilité à se jouer des difficultés : durant ces cérémonies officielles où la pluie tombe à torrents, il est imperturtable.

Pourtant, François Hollande, qui s'était engagé durant sa conquête de la magistrature suprême à être ''un président normal'', pour marquer sa différence avec le sortant Nicolas Sarkozy et le socialiste Dominique Strauss-Kahn, ''semble avoir du mal à trouver le juste milieu entre sérieux et légèreté, solennité et normalité'', analyse Vanessa Schneider. Il se sait au centre du jeu médiatique. Visiblement, il en souffre, comme tant de célébrités piégées par l'image qu'elles renvoient. ''Toute faiblesse, toute compassion sur moi-même est utilisée contre moi, déplore-t-il. Il faut que rien ne soit montré. Lorsque j'accueille un chef d'Etat sur le perron [de l'Elysée], tous les photographes ont les yeux braqués sur moi. Un regard dans le vague va être compris comme un signe de lassitude, une cravate de travers comme une marque de négligence. Je dois faire attention à tout, alors que ce n'est pas dans ma nature. Je m'efforce de regarder droit devant moi.''

Surmonter l'étalage de sa vie privée

En 2014, l'étalage de sa vie privée fait vaciller un homme déjà affaibli politiquement et qui n'a pas tenu son imprudente promesse d'''inverser la courbe du chômage''. Quand le magazine people Closer révèle en janvier qu'il trompe sa compagne Valérie Trierweiler, quand cette dernière publie en septembre un livre vengeur, intitulé en toute ironie Merci pour ce moment (Les Arènes), il paraît perdre pied. Après avoir dénoncé le roman-photo de Nicolas Sarkozy, il devient malgré lui ''l'acteur du plus grand vaudeville au cœur du pouvoir dont s'est délectée la France entière de longs mois durant'', remarque Vanessa Schneider. Il surmonte cette épreuve. Fin septembre, son meilleur ami, le secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet, explique : il ''va bien, mais il y a trois semaines, je ne vous aurais pas dit ça''.

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En soumettant à la ''baisse'' du ''chômage'' sa candidature à la prochaine présidentielle, François Hollande se met encore en danger. Car il a beau s'en défendre, il ''n'a qu'une idée fixe : sa réélection en 2017'', indique Vanessa Schneider. ''Il nous reste deux ans pour avoir des résultats. L'expérience est acquise, on est au meilleur de ce que l'on peut faire'', souligne le chef de l'Etat. Il déclare songer à ''laisser une trace'', sans préciser laquelle. La journaliste a elle su brosser, par petites touches, le portrait de cet homme impénétrable, en quête sereine de succès.

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