L'élection présidentielle approche à grands pas. Pour l'heure, de nombreux candidats demeurent en lice, prêts à en découdre. Mais qui est le mieux placé pour accéder à l'Elysée ? Rappel des points marquants du dernier grand scrutin du quinquennat.
Présidentielle 2022 : échéances, candidats, programmes… ce qu’il faut retenirAFP

Présidentielle 2022 : les dernières actualités 

C’est la dernière ligne droite. Le premier janvier marque le début de la campagne électorale  et de nombreux candidats sont d’ores et déjà entrés dans la course, dans l’espoir de briguer les plus hautes fonctions de l’État et de s’installer à l’Élysée dans le courant de l’été 2022. La période de recueil des parrainages s'achève au plus tard le sixième vendredi avant le premier tour, soit le 4 mars, à 18 heures, date limite pour les candidats pour les déposer.  Depuis une loi de 2016, l'ensemble de la liste des élus parrainant un candidat est publié en continu sur le site du Conseil constitutionnel. 

Présidentielle 2022 : Montebourg sur le point de renoncer

Arnaud Montebourg serait sur le point de jeter l'éponge. Crédité de seulement 1% d'intentions de vote à la mi-janvier, l'ancien ministre de l'Économie de François Hollande est au plus bas dans les sondages. La séquence gênante où le candidat se filmait en train de laisser des messages aux répondeurs de Jean-Luc Mélenchon ou de Yannick Jadot pour les convaincre de construire un projet commun à gauche a fini de mettre fin à ses espoirs de "remontada" dans les sondages. Selon Le Figaro, il devrait bientôt acter publiquement la fin de sa campagne. Il aurait reconnu "l'échec" de sa campagne dans une réunion avec son équipe de campagne ce mardi 11 janvier.  L'ex-ministre réfléchirait à se ranger derrière Christiane Taubira, d'autres évoquent un possible ralliement du côté de Fabien Roussel. 

Récapitulatif de tout ce qu’il faut savoir sur la dernière élection du quinquennat.

Quand aura lieu l'élection présidentielle en 2022 ?

Le calendrier électoral 2022, qui détermine la date des élections présidentielle et législatives de l’année 2022, a été publié le 13 juillet 2021 par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, à l’issue du Conseil des ministres qui s'est tenu ce jour-là. Il fait suite à la consultation des représentants des partis politiques par l’exécutif la veille, rappellent les équipes de l’administration française sur le site du service public

L’élection du président ou de la présidente de la République se déroulera donc en avril 2022, par un vote en deux tours, comme c’est toujours le cas dans l’Hexagone.

  • Le premier tour aura lieu le dimanche 10 avril 2022, en métropole
  • Le second tour aura lieu le dimanche 24 avril 2022, en métropole

Dans plusieurs départements d’Outre-Mer, les dates de l’élection seront décalées de sorte à prendre en compte le décalage horaire. Ainsi, en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, en Polynésie Française, à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Saint-Martin et à Saint Barthélémy, l’élection aura lieu les jours suivants :

  • Le premier tour se déroulera le samedi 9 avril 2022
  • Le second tour se déroulera le samedi 23 avril 2022

Comme il est de coutume, plusieurs débats devraient être organisés pour permettre aux candidates et aux candidats de faire connaître leurs programmes respectifs d’ici la tenue de l’élection. Un autre débat devrait avoir lieu entre les deux tours de l’élection, opposant les deux prétendants à l’Elysée ayant su capter le plus de voix. Leurs dates exactes n’ont pas encore été communiquées.

Les autres dates importantes de l’élection présidentielle

D’autres dates importantes au regard de la tenue de l’élection doivent également être mentionnées. Découvrez ici le récapitulatif chronologique des échéances marquantes du scrutin :

  • Depuis le 1er juillet 2021 : tout candidat déclaré doit se rendre en préfecture pour identifier le mandataire financier qui est chargé de collecter les fonds destinés au financement de sa campagne, informeLe Monde. Il peut s’agir d’une personne physique ou d’une association de financement électoral. C’est son travail qui permettra de décompter les dépenses engagées par le ou la candidate.
  • Le 4 mars 2022 : A compter du 4 mars 2022, tout candidat à l’élection présidentielle doit pouvoir justifier du parrainage de 500 élus pour prendre part à l’élection. Passée cette date, il n’est donc plus possible de briguer les plus hautes fonctions de l’Etat. En outre, c’est aussi la date limite d’inscription sur les listes électorales pour les électeurs.
  • Le 11 mars 2022 : Le Conseil constitutionnel publiera la liste officielle des candidates et des candidats à l’élection présidentielle le 11 mars 2022. 
  • Le 28 mars 2022 : La campagne présidentielle débutera officiellement deux semaines avant le premier tour du scrutin, soit le 28 mars 2022. Elle se prolongera jusqu’à la veille du second tour et sera interrompue entre la veille du premier tour et la publication des résultats de ce dernier. C’est sur cette période que s’applique la règle d’égalité du temps de parole entre les candidats, qui diffère de la règle d’équité en vigueur auparavant.

Comment se déroule l'élection présidentielle ?

L’élection présidentielle, sous la Vème République et depuis le référendum du 24 septembre 2000, permet de désigner le prochain chef de l’Etat lequel préside ensuite le pays pendant cinq ans. Son mandat est renouvelable, rappelle le ministère de l’Intérieur sur son site.

La femme ou l’homme qui dirige la nation est désigné sur la base d’un scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Le suffrage, depuis 1962, est universel. Est donc élu au second tour le candidat "ayant obtenu la majorité des suffrages exprimés". Ce dernier a toujours lieu le dimanche suivant le premier tour. Il faut d’ailleurs préciser que seuls deux candidats sont en mesure de se présenter au second tour : il s’agit des deux personnalités ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages.

Pour autant, il est aussi possible d’être élu dès le premier tour. Il faut alors être en mesure de "réunir la majorité absolue des suffrages exprimés ainsi que le dispose la Constitution (article 7)", peut-on encore lire sur la plateforme de la place Beauvau.

Une fois le président nouvellement élu, l’administration en place travaillera à la passation de pouvoir, qui marque la prise de fonction du nouveau chef de l’Etat, rappelle Le Monde. Sa date est susceptible de varier légèrement, mais elle aura nécessairement lieu avant le 13 mai 2022, précise le quotidien du soir .

Quels seront les pouvoirs du président ou de la présidente qui sera élu(e) en 2022 ?

Le président de la République, rappelle le site officiel de la République française Vie Publique, est à bien des égards la clef de voûte du modèle institutionnel hexagonal. Il en est en tout cas le garant. C’est l’article 5 de la Constitution qui lui confère ce rôle essentiel. Dès lors, sa fonction est donc de veiller au respect de la Constitution et de permettre "le fonctionnement normal des pouvoirs publics" ainsi que "la continuité de l’Etat". En outre, il doit aussi protéger l’indépendance de la nation, l’intégrité de son territoire vis-à-vis de l’extérieur et garantir le respect des traités qui engagent le pays. Enfin, du fait même de son élection, son rôle consiste aussi à "impulser une politique" - ou, à tout le moins, les grandes orientations de celle-ci - si les électeurs lui confèrent la majorité parlementaire nécessaire à l’occasion des élections législatives.

Le président dispose aussi d’un certain nombre de pouvoirs qui lui sont propres. Ainsi, il peut :

  • Nommer son Premier ministre
  • Dissoudre l’Assemblée nationale
  • Recourir au référendum
  • Saisir le Conseil constitutionnel, dont il nomme trois des neufs membres parmi lesquels il pourra désigner le ou la présidente

Il est également, dans certaines situations très spécifiques, le détenteurs de pouvoirs exceptionnels tels que définis par l’article 16 de la Constitution. En tant que chef des armées, il est également l’unique détenteur du "feu nucléaire", poursuit la plateforme officielle. Ce statut lui confère mécaniquement un rôle essentiel, tant en termes de défense que de diplomatie : c’est lui qui accrédite les ambassadeurs français à l’étranger et auprès de lui que les ambassadeurs étrangers résidant sur notre territoire sont accrédités.

Enfin, et même s’il appartient au pouvoir exécutif, le président de la République dispose de certains leviers pour contraindre le pouvoir législatif, note Vie Publique. Il peut en effet signer les ordonnances, prises en Conseil des ministres, qui permettent de faire appliquer une loi sans avoir à passer par le Parlement.

Qui peut se présenter ?

La possibilité de se porter candidat à l’élection présidentielle n’est pas accordée à l’intégralité des citoyennes et des citoyens. Deux lois organiques, la première votée le 6 novembre 1962 et la seconde le 18 juin 1976, viennent encadrer cette procédure, rappelle le ministère de l’Intérieur. Il s’agit, en l’occurrence, d’éviter les candidatures fantaisistes.

Une candidature n’est donc rendue possible "que si elle est parrainée par au moins 500 citoyens titulaires de mandat électifs définis par la loi organique". "La candidature ne peut être retenue que si, parmi les 500 parrains, figurent des élus d’au moins 30 départements ou territoires d’outre-mer et sans que plus de 10% d’entre eux puissent être du même département ou TOM", précisent encore les équipes de la place Beauvau.

Chaque candidat doit également remplir une déclaration de patrimoine avant le premier tour de l’élection. Cette dernière est alors vérifiée par le Conseil constitutionnel, qui vérifie ensuite les conditions de recevabilités de chacune des candidatures déposées. Après quoi, il peut établir la liste officielle des prétendantes et des prétendants à l’Elysée.

Qui sont les candidats déclarés à l'élection présidentielle de 2022 ?

Un très grand nombre de personnalités politiques ont annoncé leur volonté de briguer l’Elysée en 2022. La liste officielle des candidats n’a pas encore été publiée - et sera amenée à varier, si tous ces individus ne parviennent pas à réunir les 500 parrainages requis - mais il est possible d’en faire le recensement à date. C’est ce qu’à fait Le Monde.

A l’extrême gauche

  • Nathalie Arthaud, candidate pour Lutte Ouvrière, 51 ans
  • Anasse Kazib, candidat pour Révolution permanente, 34 ans
  • Philippe Poutou, candidat pour le Nouveau parti anticapitaliste, 54 ans

A gauche & chez les écologistes

  • Jean-Luc Mélenchon, candidat pour La France Insoumise, 70 ans
  • Fabien Roussel, candidat pour le Parti Communiste Français, 52 ans
  • Pierre Larrouturou, candidat pour Nouvelle Donne à la primaire populaire en vue de l'élection présidentielle, 57 ans
  • Arnaud Montebourg, candidat libre (ex-Parti socialiste), 59 ans
  • Anne Hidalgo, candidate pour le Parti Socialiste, 62 ans
  • Christiane Taubira, 69 ans et ancienne ministre socialiste pour François Hollande, dit envisager une candidature à l'élection présidentielle informe le quotidien du soir.
  • Yannick Jadot, candidat pour Europe Ecologie-Les Verts, 54 ans
  • Antoine Waechter, candidat pour le Mouvement écologiste indépendant

Au centre

  • Emmanuel Macron, 44 ans, actuellement président de la République, ne s’est pas (encore ?) porté candidat. Il pose cependant régulièrement ses pions.

A droite

  • Valérie Pécresse, candidate investie par le parti Les Républicains, 54 ans

A l’extrême droite

  • Antoine Martinez, candidat pour Volontaires pour la France, 73 ans
  • Florian Philippot, candidat pour Les Patriotes, 39 ans
  • Eric Zemmour, candidat pour Reconquête, 63 ans

Divers

  • François Asselineau, candidat pour l’Union populaire républicaine, 64 ans
  • Jean Lassalle, candidat pour Résistons, 66 ans
  • Clara Egger, candidate pour Espoir RIC 2022, 33 ans
  • Alexandre Langlois, candidat pour Refondation 2022, 39 ans
  • Hélène Thouy, candidate pour le Parti animaliste, 37 ans
  • Georges Kuzmanovic, candidat pour République souveraine, 48 ans
  • Fabrice Grimal, candidat pour La Concorde citoyenne, 39 ans

Quels sont leurs programmes ?

Quel est le programme de Nathalie Arthaud ?

Nathalie Arthaud se revendique du communisme et s’identifie comme trotskyste. Selon elle, le communisme est "une idée simple", qui commande à toute sa grille de lecture politique et consiste à "mettre en commun toutes les richesses et les moyens de produire, maîtriser le fonctionnement de l’économie de façon collective et consciente", écrit-elle sur son site. Son programme repose donc sur l’abolition du capitalisme, "un régime économique dans lequel les capitaux (usines, banques, exploitations agricoles ou pétrolières, grands moyens de transport et de communication…) appartiennent à des personnes privées constituant la bourgeoisie". Elle distingue cependant deux types de bourgeoisie : la petite et la grande. La première, estime-t-elle, n’a pas d’influence réelle dans ce système politique et économique.

En 2017, elle prônait différentes mesures parmi lesquelles les propositions suivantes, rappelle Rolling Stone :

  • La création de 500 000 nouveaux logements chaque année, accompagnée de l’interdiction des expulsions locatives, de l’encadrement des loyers et de la réquisition des logements vacants ;
  • L’indexation des salaires et des pensions sur le coût de la vie, en plus de faire passer le Smic à 1 800 euros net mensuel ;
  • Le retour de la retraite à 60 ans, avec 37,5 annuités nécessaires pour prétendre au taux plein ;
  • L’interdiction des licenciements, particulièrement dans les entreprises réalisant des bénéfices ;

Quel est le programme d’Anasse Kazib ?

Anasse Kazib, qui a longuement milité au NPA, présente un programme "révolutionnaire pour les travailleurs, la jeunesse et les quartiers populaire", peut-on lire sur son site. Il se revendique donc de l’anticapitalisme, de l’écologisme, de l’internationalisme, de l’antiracisme, du féminisme et du communisme. "Nous combattons les coups portés par la bourgeoisie française aux quatre coins du globe", précise-t-il d’ailleurs.

Son programme, accessible depuis ce lien, se divise en plusieurs catégories, parmi lesquelles les chapitres suivants :

  • Un volet économique et social "ouvrier" pour faire face à la crise, qui comprend notamment le partage du travail entre actifs et actives, la revalorisation des salaires, le gel des prix sur les produits de première nécessité, l’interdiction du travail de nuit, la nationalisation de certaines industries, la réquisition des logements vacants, la gratuité des transports et autres services essentiels ;
  • Un volet antiraciste, qui comprend notamment la lutte contre la répression, les violences policières, les contrôles aux faciès mais aussi contre une Justice jugée "au service du système", le racisme structurel de l’Etat ou l’islamophobie ainsi que les pleins droits pour les immigrés comme les réfugiés ;
  • L’autodétermination et le droit à l’autodétermination, tant pour les peuples dominés et colonisés que pour les personnes LGBTI ainsi que la liberté sexuelle ;
  • La fin de la Vème République accompagnée de la mise à terme des professionnels de la politique, remplacés par un gouvernement de travailleuses et de travailleurs, des classes populaires mais aussi de toutes et tous les exploités ou opprimés.

Quel est le programme de Philippe Poutou ?

Philippe Poutou, candidat à l’élection présidentielle de 2022 pour le NPA, se présente pour la troisième fois. Il entend une fois de plus profiter du scrutin pour pousser d’autres sujets sur le devant de la scène et se revendique - sans surprise ! - de l’anticapitalisme révolutionnaire et du communisme. Son programme, accessible depuis son site, est structuré en plusieurs chapitres, parmi lesquels on retrouve les points suivants : 

  • Un volet économique visant à répondre à "l’urgence sociale", qui comprend notamment l’interdiction des licenciements, la réduction du temps de travail, l’interdiction de la précarité réalisée par la conversion d’emplois fragiles (CDD, intérim, etc) en emplois statutaires ou en CDI ainsi que la revalorisation de tous les revenus et des minimas sociaux. Il s’agit, explique le candidat, d’imposer le droit à l’emploi, garanti pour toutes et tous ;
  • Un volet écologique, reposant notamment sur l’expropriation des pollueurs, la planification de la production ; laquelle devra d’ailleurs être réduite ce qui va de paire avec le partage du travail ;
  • Un volet anti-sexiste, comprenant notamment la liberté d’accès et la gratuité de l’avortement ainsi que de la contraception pour toutes les femmes, l’égalité des salaires entre les femmes et les hommes, l’abrogation de toutes les lois discriminant ou stigmatisant les femmes musulmanes, la refonte de l’éducation afin de la rendre non sexiste et la mise en place de moyens pour pouvoir accueillir les femmes victimes de violences, leur prodiguer les soins nécessaires ;
  • Un volet international, reposant sur la fin du militarisme français, la lutte contre le racisme d’Etat, contre l’islamophobie, la solidarité avec toutes les migrantes et tous les migrants.

Quel est le programme de Jean-Luc Mélenchon ?

Jean-Luc Mélenchon, qui se présente aussi pour la troisième fois à l’élection présidentielle, a intitulé son programme L’Avenir en Commun. Il a été réfléchi et pensé à plusieurs mains, puisque plus de 15 000 contributions y ont été intégrées depuis 2017, afin de l’actualiser et de le rendre aussi représentatif que possible. Il est commercialisé en librairie pour 3 euros. Vous pourrez cependant en trouver une synthèse en suivant ce lien. Comme tous les autres, il comprend un certain nombre de chapitres, parmi lesquels figurent notament  :

  • La convocation d’une Assemblée constituante, pour permettre l’avènement d’une VIème République. Il s’agit en effet de "redéfinir les règles institutionnelles" afin de démocratiser les institutions du pays à l’aide de ses citoyens. C’est l’entrée "structurante" du programme, qui permettra la réforme du mode de financement des partis politiques, la lutte contre la corruption, l'ouverture de droits nouveaux…
  • La planification écologique, en réponse à la crise climatique, qui repose avant toute chose sur le respect de la règle verte (comprendre : ne pas prélever à la nature plus qu’elle ne peut reconstituer). C’est elle qui permettra l’accès, juge le candidat à une alimentation saine, locale, rémunératrice pour les agricultrices et les agriculteurs, mais aussi accessible. Elle passe notamment par la réorientation de la PAC ou un protectionnisme solidaire.
  • Le partage des richesses et du travail, pour répondre à "l’urgence sociale" et en finir avec le chômage ; ce qui passe par des mesures d’encadrement des salaires, de hausse du Smic, de réduction du temps et d’amélioration des conditions de travail, le retour de la retraite à 60 ans…
  • La sortie des traités européens, dans un objectif de démocratie et de respect de la souveraineté du peuple français.

Quel est le programme de Fabien Roussel ?

Fabien Roussel représentera le Parti communiste français à l’élection présidentielle de 2022. C’est la première fois que le PCF se choisit un candidat en quinze ans. Son programme, accessible depuis son site, est divisé en cinq catégories. En voici la liste :

  • Les solutions pour l'emploi et les salaires, lesquelles rassemblent notamment la réindustrialisation du pays passant par la nationalisation de grandes entreprises stratégiques (santé, énergie, transports, alimentation), la réforme du travail (réduction du temps de travail, hausse des salaires, etc) ou de la retraite (retour de la retraite à 60 ans) ;
  • Un pacte pour la jeunesse, comprenant 13 propositions parmi lesquelles la création d’un revenu étudiant de 850 euros minimum, la suppression de Parcoursup, la garantie d’un CDI pour tout jeune sortant de l’école, le droit au logement, à la protection sociale minimale ;
  • Les solutions pour une ruralité, une agriculture et une alimentation heureuse, qui alignent elles aussi 13 propositions allant de la création d’un fond alimentaire national de 10 milliards d’euros à l’année à l’aide à l’installation des jeunes agriculteurs en passant par la taxation des multinationales de l’agroalimentaire ;
  • L’urgence climatique, qui réunit 22 propositions comprenant notamment la création d’un fonds écologique et social à hauteur de 140 milliards d’euros, la neutralité carbone d’ici à 2050, l’encadrement strict des publicités poussant à la consommation, la gratuité des transports en commun ou la rédaction d’un traité international concernant la protection et la conservation des fonds marins ;
  • Le volet sanitaire, qui affiche 13 propositions allant de l’ouverture de 100 000 postes à l’hôpital public à la déconjugalisation de l’allocation adulte handicapé (AAH) en passant par le contrôle sanitaire accru des dispositifs médicaux et la création d’un observatoire citoyen à cet effet.

Quel est le programme de Pierre Larrouturou ?

Pierre Larrouturou, député européen et rapporteur du budget 2021 au Parlement européen, est candidat à la primaire populaire. Il estime que, contrairement à l’analyse qu’a pu faire Manuel Valls, les gauches françaises ne sont pas irréconciliables et qu’il est irresponsable de ne pas faire l’union, comme il a pu l’exprimer sur le plateau de l’émission politique Backseat. Son programme, accessible sur le site de Nouvelle Donne, est structuré autour de plusieurs grandes transformations, parmi lesquelles les pistes suivantes :

  • La transformation de notre société, qui repose sur la réforme des institutions (laquelle implique une nouvelle constitution, davantage de pouvoir citoyen, le non cumul des mandats, la déprofessionnalisation de la fonction politique…), la refonte du modèle économique (qui s’appuie sur le partage du travail avec un passage au 32h puis, progressivement, aux 28h, un revenu citoyen inconditionnel, mais aussi un combat contre le chômage et la précarité) ainsi que la réinvention des liens entre la société et le monde naturel (comprenant notamment la transition écologique et la mise en place d’un rapport au vivant éthique) ;
  • De ces objectifs se dégagent la nécessité de recréer une fraternité et une égalité des droits (lutte contre les inégalités, droit réel de tous à la santé physique et mentale, etc), la transition vers une économie humaniste (justice fiscale, lutte contre la fraude, régulation des marchés…), le culte de l’esprit libre et du corps sain (soutien à la pratique sportive, réappropriation citoyenne de la culture) et une nouvelle politique de sécurité (prévention, coopération européenne, Europe sociale et démocratique…).

Quel est le programme d’Arnaud Montebourg ?

Arnaud Montebourg a été ministre de l’économie pour François Hollande et n’a pas réussi à convaincre les sympathisants socialistes lors de la primaire organisée en 2016. Après plusieurs retraits et retours dans la vie politique, il entendait alors briguer l’Elysée pour mieux faire valoir "la remontada de la France". Aujourd’hui, il appelle à l’union de la gauche. Son programme, accessible depuis son site, repose sur 5 propositions :

  • La remontada industrielle, qui vise à permettre à la France de recommencer à fabriquer sur son sol une soixantaine de produits jugés critiques par le candidat (électronique, pharmacie, alimentation, machinisme) ;
  • La remontada des salaires, qui implique la revalorisation par la négociation ou par la loi des revenus du travail ainsi que le dividende salarié égalitaire ;
  • La remontada de la planète, qui repose sur l’élaboration de taxes carbone, de droits de douane ainsi que sur la nationalisation des sociétés concessionnaire d’autoroutes dont les bénéfices pourraient être utilisés pour financer l’écologisation des transports en commun ou la démocratisation de la voiture électrique ;
  • La remontada des territoires, visant à rendre aux régions rurales de France la force économique et la reconnaissance politique qui devrait leur revenir de droit et passe notamment par le rachat par l’Etat d’un million de biens immobiliers vacants ensuite donnés gratuitement à qui souhaite quitter la métropole, à condition de ne pas être propriétaire, de rénover le logis et ensuite de durablement l’habiter ;
  • La remontada républicaine, qui implique davantage d’intervention des citoyens dans les décisions politiques et une rupture avec les politiques dirigistes, telles que le recours au 49-3.

Quel est le programme d’Anne Hidalgo ?

Anne Hidalgo, candidate investie par le Parti Socialiste pour l’élection présidentielle de 2022, n’a pas encore publié son programme officiel. Elle a cependant dévoilé quelques-unes des mesures qu’elle envisage mener, une fois arrivée à l’Elysée, rappelle RTL. Elle explique donc porter "un projet de reconquête sociale, écologique, démocratique", passant par :

  • "Une rémunération digne pour chacune et chacun" ;
  • La mise en place d’une assurance chômage universelle ;
  • La reconnaissance de la santé mentale comme la grande cause du quinquennat ;
  • La généralisation de l’encadrement des loyers dans les zones tendues ;
  • L'accession au diplôme du supérieur pour 60% au moins d’une classe d’âge ;
  • La création d’un ISF climatique.

Quel est le programme de Christiane Taubira ?

Christiane Taubira, ancienne ministre de la Justice de François Hollande, n’est pas (encore ?) officiellement candidate à l’élection présidentielle. Pour autant, le vendredi 17 décembre 2021, elle publiait une vidéo indiquant qu’elle envisageait sérieusement de briguer l’Elysée et donnait alors rendez-vous à la gauche à la mi-janvier, informe Le Figaro. Elle n’avait jusque là pas encore évoqué sa ligne politique ou son programme. Mais ce mercredi 29 décembre dans une tribune publiée dans Le Monde, l'ancienne garde des Sceaux a commencé à évoquer quelques unes de ses propositions. Malgré les divisions et les nombreuses candidatures à gauche, elle estime qu'elles sont toutes "liées par un destin collectif qui transcende les péripéties personnelles". Dans cette tribune, l’ancienne députée de la Guyane, 69 ans, appelle notamment à "mettre fin à la prédation économique" et à "augmenter le salaire minimal" dans le cadre d’une "politique fiscale juste, qui rétablisse l’impôt sur la fortune" (ISF). Elle appelle également de ses voeux une "République laïque protège autant notre liberté de conscience que notre liberté de culte". Elle évoque également son besoin d'investir davantage dans l'écologie. Christiane Taubira veut notamment "rétablir de la justice sociale et instaurer une justice environnementale" afin de "traduire en politiques publiques des revendications dispersées et légitimes". L'ancienne ministre rappelle de nouveau qu’une primaire est selon elle nécessaire pour déclarer un candidat commun à la gauche et "pour trancher sur ces grands enjeux". Si Anne Hidalgo, qui est au plus bas dans les sondages, y est favorable, ce n'est toujours pas le cas de Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Fabien Roussel. 

Quel est le programme de Yannick Jadot ?

Yannick Jadot, candidat investi par Europe-Ecologie les verts à l’issue d’une primaire interne, entend représenter la mouvance écologiste en 2022. Sur son site, il explique vouloir briguer l’Elysée car la bataille des idées aurait d’ores et déjà été gagnée par sa famille politique. "Plus personne ou presque, en France, ne nie la pertinence de nos combats", écrit-il… non sans rappeler l’urgence de la situation et la capacité des siens à remporter l’élection. Son programme, indique L’Internaute, repose sur un panel de mesures parmi lesquelles les pistes suivantes :

  • La sortie du nucléaire, échelonnée sur quinze ou vingt ans ;
  • La cessation des versements d’argent public à toute entreprise engagée dans les énergies fossiles ;
  • La mise en place d’un grand plan d’investissement de 50 milliards d’euros par an pour permettre la transition écologique. Cette mesure repose notamment sur la reconstruction de l’économie française, la rénovation des logements pour limiter les pertes d’énergie, le développement des énergies renouvelables ainsi que la création de nouvelles mobilités collectives et décarbonnés ;
  • La suppression de la TVA sur les produits bio, s’ils sont locaux ;
  • L’interdiction de l’élevage, dès lors qu’il se pratique en cage ou vise à la production et la revente de fourrure ;
  • L’interdiction de la mise en vente de certains véhicules comme les voitures diésel ou thermiques classiques à compter de 2030 ;
  • La légalisation du cannabis, "sous contrôle public pour traiter les personnes en addiction" ;
  •  La fusion du RSA et de la prime d’activité afin de pouvoir créer un nouveau revenu citoyen.

Sondages

Les Français auraient-t-ils décidé "d'emmerder" Emmanuel Macron ? Selon un nouveau sondage Opinion 2022  réalisé par l'institut Elabe pour BFMTV et L'Express  et révélé ce mercredi 12 janvier, le président de la République chute dans les sondages une semaine après ses propos polémiques sur les non-vaccinés.

Emmanuel Macron perd environ trois points dans les sondages et se situe à 22,5% ou 23% en fonction de la candidature ou non de Christiane Taubira. Si cette dernière ne se présente pas, l'écart entre le chef de l'État et ses principales rivales se resserre. Marine Le Pen et Valérie Pécresse sont en effet à égalité avec 17% des intentions de vote. Derrière, Éric Zemmour stagne à 13%.

Pécresse donnée gagnante contre Macron 

Coup de tonerre dans la campagne présidentielle. Pour la première fois depuis le début des sondages, Emmanuel Macron est donné perdant au second tour de l'élection. Selon un sondage Elabe réalisé pour BFM TV et L'Express publié ce mardi 7 décembre, Valérie Pécresse remporterait la course à l'Élysée face  au président de la République. La président de la région Ile-de-France, tout juste élue par les militants de droite ce samedi 4 décembre face à Éric Ciotti est créditée de 52% des voix, contre 48% pour l'actuel président de la République. À cinq mois de l'élection présidentielle, c'est un dangereux désaveu pour Emmanuel Macron. Dans le sondage, que 32% des personnes sondées n'ont pas souhaité exprimer d'intention de vote dans ce cas de figure. Au premier tour, Emmanuel Macron aurait selon ce sondage totalisé 23% des intentions de votes (-2 points par rapport à la dernière vague), Valérie Pécresse 20% (+11) et Marine Le Pen 15 % (-5). Quant à Éric Zemmour, dont le meeting a dégénéré en violences ce dimanche 5 décembre au parc des expositions de Villepinte  est quant à lui crédité de 14% des intentions de vote (+1).

Éric Zemmour en chute libre dans les derniers sondages 

Selon le baromètre Odoxa du mois de novembre publié dans La Voix du Nord  ce mercredi 23 novembre, la cote de popularité d'Éric Zemmour serait au plus bas, quelques jours seulement avant sa probable annonce de candidature à la présidentielle. "La dégradation est spectaculaire sur tous les indicateurs, y compris sur les qualités qu’on lui prête encore (- 8 points sur l’intelligence et la capacité à convaincre, par exemple), mais elle est particulièrement forte en ce qui concerne son racisme (+ 23 points), sa misogynie (+ 15 points) et surtout sa dangerosité (+ 23 points)",  assure le président de l’institut Gaël Sliman auprès du quotidien régional. Il devient même la personnalité politique la plus rejetée de l’histoire du baromètre Odoxa avec  61% de détestation, soit 12 points de de plus que Marine Le Pen. Sa cote d'adhésion est aussi plus faible de 10 points de moins avec 21%, contre 31% pour la présidente du Rassemblement national. 

Éric Zemmour au second tour devant Marine Le Pen

D’après un nouveau sondage Ipsos pour Le Monde et le CEVIPOF et révélé par BFMTV ce 22 octobre, Éric Zemmour arrive au second tour devant Marine Le Pen avec 16% des suffrages face à Emmanuel Macron à 24%. Ces résultats partent du postulat que Xavier Bertrand représente la droite (13%). Yannick Jadot est crédité à 9% des suffrages, contre 5% pour Anne Hidalgo.

Éric Zemmour au second tour devant Marine Le Pen

Dans le cas d’une candidature Valérie Pécresse (LR), Emmanuel Macron atteint 25,5%, devant Éric Zemmour et Marine Le Pen à égalité à 16%. Valérie Pécresse reste à 10% proche de Yannick Jadot à 9.5%, devant Jean-Luc Mélenchon à 8%.

Un précédent sondage Odoxa*, réalisé pour L’Obs et publié jeudi 23 septembre, dévoilait à l'époque les intentions de vote des Français. Éric Zemmour n'était alors crédit que de 10 à 10,5% des suffrages.

  • Emmanuel Macron : 25-26%
  • Marine Le Pen : 20,5-21,5%
  • Xavier Bertrand : 14-15%
  • Valérie Pécresse : 12,5-13%
  • Eric Zemmour : 10-10,5%
  • Jean-Luc Mélenchon : 7,5%
  • Anne Hidalgo : 4-5%
  • Arnaud Montebourg : 4-4,5%
  • Yannick Jadot : 5-6%
  • Sandrine Rousseau : 3-4%
  • Fabien Roussel : 2-3%
  • Nathalie Arthaud : 1,5-2%

Mais les Français écoutent-ils vraiment les sondages quand il s'agit de voter ? Selon un sondage réalisés les 2 et 3 novembre par Le Huffington Post, en partenariat avec YouGov , 71% des Français affirment que les sondages n'influencent pas leur vote lors d'une élection présidentielle, contre 18% seulement qui jugent que les sondages ont un impact sur leur vote. Signe de la défiance des Français envers les médias et les instituts de sondages, 64%) des personnes sondées estiment même que les sondages sur les intentions de vote ne sont pas fiables. Un sondage qui va dans le sens de la décision récemment prise par le quotidien Ouest France.  Le groupe de presse a en effet décidé de ne commander aucun sondage sur les intentions de votes pour les candidatsà la présidentielle pendant la campagne. 72% des personnes intérrogées par le sondage du Huffington Post approuvent ce choix.