Scandale sexuel dans le rugby français - Nouvelle affaire révélée

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 26/02/2026
rugby feminin
Istock
Le rugby français est à nouveau secoué par des accusations de violences sexuelles visant un kinésithérapeute de l'équipe de France féminine de rugby à 7, suite à un audit interne.

Alors que la Fédération Française de Rugby (FFR) tentait de tourner la page d'une année 2024 tumultueuse, une nouvelle tempête s'abat sur l'institution. Cette fois, la crise ne vient pas d'une tournée à l'autre bout du monde, mais du cœur même de Marcoussis, touchant l'encadrement médical de l'une des équipes les plus performantes de l'hexagone. 

C'est un audit de grande ampleur, initié en 2025 pour sécuriser la pratique sportive, qui a permis de libérer une parole jusqu'alors cadenassée par la gêne et la peur.

L'onde de choc à Marcoussis

Tout a commencé par une procédure administrative qui se voulait rassurante : un audit de protection des sportifs lancé par la FFR courant 2025. Ce dispositif a pourtant mis au jour une réalité sombre au sein du vestiaire tricolore. Plusieurs joueuses de l'équipe de France de rugby à 7 ont profité de cet espace de parole pour dénoncer des comportements inappropriés survenus lors de séances de soins.

Ce qui devait être de la récupération physique s'est transformé, selon les dires des athlètes, en calvaire psychologique. Les faits signalés décrivent des attouchements et des gestes à caractère sexuel dissimulés sous des prétextes thérapeutiques. Le rapport d'audit interne de la FFR est d'ailleurs sans appel sur la nature des accusations : « Les témoignages recueillis font état de gestes qui n'ont aucun lien avec la pratique de la masso-kinésithérapie du sport ».

Un mécanisme du silence savamment orchestré

L'homme au cœur de la polémique n'est pas un inconnu pour les joueuses. Ce kinésithérapeute, en poste depuis plusieurs saisons, bénéficiait d'une position de confiance absolue au sein du staff, rendant la dénonciation d'autant plus difficile. Les séances de soins, qui impliquent une proximité physique et une certaine nudité, ont été décrites par une joueuse comme des moments d'extrême vulnérabilité.

Vous avez aimé cet article ?

La manipulation psychologique semble avoir joué un rôle majeur dans le maintien du secret. Une victime présumée, dont le témoignage a été recueilli de manière anonyme par L'Équipe, raconte cette confusion insidieuse : « On finit par douter de ses propres sensations, on se dit que c'est pour le soin, mais le malaise est là et il grandit à chaque séance ». C'est précisément le cadre strict et confidentiel de l'audit qui a permis de briser cette omerta, levant la crainte de représailles sur les sélections nationales qui pesait sur les épaules des jeunes femmes.

La FFR face à ses vieux démons

Cette affaire éclate dans un contexte particulièrement lourd pour le rugby français, qui porte encore les stigmates de l'affaire Jégou-Auradou survenue en Argentine en 2024. Face à ce nouveau séisme, la réaction officielle de la FFR a été immédiate : le praticien a fait l'objet d'une mise à pied conservatoire et un signalement a été transmis au procureur de la République.

L'institution joue ici sa crédibilité et refuse tout compromis. Dans une déclaration ferme, la direction de la FFR a martelé sa position : « La tolérance zéro est désormais notre seule ligne de conduite face aux violences sexistes et sexuelles ». Cette réactivité tranche avec les hésitations du passé, marquant un renforcement net des cellules de veille et une obligation de signalement systématique dès le moindre doute.

L'avenir de l'équipe de France féminine en suspens

Au-delà de l'aspect judiciaire, c'est tout un groupe qui se retrouve ébranlé. Le traumatisme est palpable au sein de l'effectif, perturbant la préparation des prochaines échéances internationales. Pour faire face à cette onde de choc, une cellule d'écoute psychologique a été mise en place pour accompagner les joueuses actuelles ainsi que les anciennes membres de l'équipe susceptibles d'avoir été victimes par le passé.

Les spéculations vont désormais bon train sur l'avenir du staff médical. Un remaniement profond semble inévitable pour restaurer un climat de confiance nécessaire à la haute performance. L'enjeu d'image est colossal : le rugby à 7 féminin, véritable vitrine du sport tricolore depuis les Jeux Olympiques, risque de voir ses partenaires se désengager en pleine phase de professionnalisation. Il se murmure toutefois que cette épreuve a renforcé la solidarité du vestiaire, les cadres de l'équipe ayant joué un rôle moteur pour inciter les plus jeunes à parler lors de l'audit.

Google News Voir les commentaires