"Il n’y avait quasiment que des blancs" : un député LFI scandalise le milieu du rugby

Publié par Matthieu Chauvin
le 22/04/2026
Ballon de rugby
Istock
Le monde de l'ovalie est secoué par une vive controverse depuis les déclarations du député insoumis sulfureux Thomas Portes dénonçant l'entre-soi blanc et le climat viriliste du rugby amateur.

Cette sortie médiatique a immédiatement provoqué de vives réactions, dépassant le seul champ politique pour atteindre les instances sportives et les clubs locaux. Ces déclarations de Thomas Portes, pourtant originaire d'Agen, terre d'ovalie, font évidemment scandale, particulièrement à l'approche de futures échéances pour la Fédération Française de Rugby.

Une charge virulente contre le prétendu entre-soi du rugby amateur

L'étincelle s'est produite lors de la diffusion d'un entretien accordé au podcast Paroles d’Honneur le 20 avril 2026. L'élu de Seine-Saint-Denis y livre une analyse particulièrement tranchée de la culture rugbystique française. Le parlementaire affirme sans détour, selon Le Figaro du 21 avril "J’ai joué très jeune au rugby et il n’y avait quasiment que des blancs. Il y avait juste à aller voir le club de football de la même ville pour voir plus de mixité. J’ai grandi avec le discours des va avrilleurs du rugby... Je crois qu’il y a des valeurs dans tous les sports d’ailleurs." Il oppose cette situation au football, qu'il juge beaucoup plus représentatif de la population.

Le député s'attaque également frontalement à l'image renvoyée par les grandes compétitions internationales. "Mais le rugby a aussi véhiculé cette image de mecs gaillards, solides, masculinistes. Le symbole de cette catastrophe, c’est la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde 2023 avec Jean Dujardin, la baguette de pain, le marcel et la moustache. Si on regarde le Top 14, on voit une mixité internationale incroyable, des joueurs qui viennent des quatre coins du monde, de toutes les couleurs de peau, de toutes les religions."

Des racines rurales face aux défis de la mixité sociale

Cette passe d'armes verbale met en lumière une réalité sociologique très ancrée. Le rugby français puise historiquement ses racines dans des territoires ruraux. L'institut de statistiques INSEE rappelle souvent que la concentration des joueurs licenciés s'avère particulièrement forte dans le grand Sud-Ouest de la France, ce qui influe inévitablement sur la diversité géographique globale de ce sport.

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C'est là qu'il fustige le milieu amateur : "Plus tu descends dans les divisions inférieures, plus les propos racistes sont exacerbés. Sur les terrains de Top 14, tu peux avoir un abruti en tribunes et tu l’entends très rarement sur le terrain entre joueurs, mais dès que tu descends de niveau..."

Une levée de boucliers immédiate des clubs face aux critiques

Les réponses ne se sont pas fait attendre sur le terrain. Dès le mercredi 22 avril 2026, le manager du club professionnel de Soyaux-Angoulême, Alexandre Ruiz, réplique vigoureusement lors d'une prise de parole publique. Il défend avec ferveur le rugby comme un "vecteur d’intégration majeur", indique le Blog RCT. Si la législation interdit la collecte de statistiques ethniques, de nombreux défenseurs du ballon ovale mettent en lumière le dynamisme des clubs situés en quartiers populaires. La structure francilienne de Massy, dans l'Essonne, est ainsi érigée en exemple de mixité totalement réussie par le magazine Valeurs Actuelles.

L'opinion publique donne globalement raison au monde du rugby. Une étude récente menée par la Fondation Jean Jaurès, dont les résultats sont exposés par le média Boulevard Voltaire le 21 avril 2026, montre que 70 % des citoyens français considèrent le rugby comme représentatif de la société, contre 53 % pour le football. En fin de compte, cette tempête médiatique questionne la capacité des fédérations sportives à accueillir de nouveaux pratiquants, tout en préservant des traditions séculaires.

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