Vieillissement : 365 000 places en Ehpad et 200 000 emplois manquants d'ici 2050

Publié par Sarah Martin
le 05/02/2026
Vieillissement : 365 000 places en Ehpad et 200 000 emplois manquants d'ici 2050
Istock
Une étude choc de la Drees publiée ce jeudi révèle que la France devra créer jusqu'à 200 000 emplois et 365 000 places en Ehpad d'ici 2050 pour affronter le vieillissement de la population.

La publication des projections alarmantes de la Drees ce 5 février marque un tournant dans la prise de conscience publique. L'organisme statistique des ministères sociaux avertit sans détour sur l'impact majeur du vieillissement de la population sur l'autonomie et le marché du travail. Le constat est arithmétique : la France s'apprête à accueillir cinq millions de personnes de plus de 60 ans par rapport aux chiffres de 2021.

À l'horizon 2050, le pays comptera ainsi 22,9 millions de seniors. Cette hausse mécanique entraîne une conséquence directe sur la dépendance. Selon l'étude, il faudra prendre en charge 738 000 personnes supplémentaires en perte d'autonomie sévère ou modérée (classées en GIR 1 à 4). Pour rappel, le GIR (groupe iso-ressources) évalue le niveau de difficultés physiques et psychiques, le niveau 1 correspondant à la dépendance la plus lourde nécessitant une présence continue.

Une pénurie d'emplois et de lits

Ce vieillissement accéléré provoque un déficit massif d'emplois dans le secteur de l'autonomie. La Drees estime qu'entre 150 000 et 200 000 professionnels supplémentaires seront nécessaires d'ici 2050 pour assurer les soins de base. C'est un saut quantitatif énorme par rapport aux 650 000 équivalents temps plein recensés en 2021. Le besoin d'emplois pour les seniors en perte d'autonomie devient ainsi un enjeu économique national.

L'étude expose également un dilemme sur l'hébergement. Dans un scénario de « maintien des pratiques » actuelles, où l'entrée en institution reste fréquente, 365 000 places en Ehpad nécessaires d'ici 2050 devraient être créées, s'ajoutant aux 640 000 existantes. Ce modèle exigerait à lui seul le recrutement de 202 000 soignants supplémentaires.

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Les pouvoirs publics tentent pourtant d'éviter cette voie. Les politiques actuelles privilégient le maintien à domicile et cherchent à « limiter les places en Ehpad ». Même avec cette stratégie, 156 000 postes d'aides à domicile ou d'aides-soignants resteraient indispensables. La situation se complique avec le vieillissement des effectifs actuels : 34 % des aides à domicile avaient déjà plus de 55 ans en 2022, annonçant une vague de départs à la retraite imminente.

Des alternatives incertaines et un plan retardé

Pour compenser le manque de lits médicalisés, l'étude mise sur d'autres solutions. Si le parc d'Ehpad n'augmente pas, les logements intermédiaires pour les seniors en 2050 devront se multiplier de manière spectaculaire. Résidences autonomie ou colocations intergénérationnelles devront voir leur nombre de places « multiplié par un facteur compris entre 3,8 et 5,2 » pour absorber la demande.

Ces projections interviennent dans un contexte politique flou. Le retard du plan grand âge suite au départ de la ministre chargée de l'Autonomie, Charlotte Parmentier-Lecocq, inquiète les acteurs du secteur. Annoncée pour janvier puis février, cette loi d'orientation se fait toujours attendre.

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