Cigarettes électroniques : l’Anses met en évidence un risque sanitaire pour les vapoteurs
Longtemps perçue comme une alternative inoffensive au tabac, la cigarette électronique est désormais dans le viseur des autorités sanitaires. Si elle reste considérée comme moins nocive que la cigarette classique, l'inhalation répétée de ses vapeurs n'est pas anodine.
Une mise en garde officielle
L’inhalation des substances présentes dans les cigarettes électroniques « présente un risque sanitaire pour le vapoteur », avertit l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Dans un avis publié mercredi 4 février, l’agence appelle ainsi à « éviter toute forme de banalisation » du vapotage.
Cette mise en garde intervient alors que l'usage s'est largement démocratisé. Selon le Baromètre Santé publique France de 2024, plus de trois millions de personnes vapotent quotidiennement dans l'Hexagone.
Vapotage : des effets potentiellement graves sur la santé
Le rapport détaille des effets "cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes" potentiels. Les risques cardiovasculaires du vapotage avec nicotine sont jugés "probables" par les experts, qui notent une modification de la fréquence cardiaque et une hausse de la pression artérielle chez les consommateurs. L'Anses précise fermement que l'absence de combustion "ne signifie pas absence d’exposition à des substances dangereuses".
L'analyse des aérosols a permis d'identifier 106 substances qualifiées de "particulièrement préoccupantes", certaines étant toxiques voire cancérogènes. L'agence souligne également un risque possible sur le développement du fœtus en cas d'exposition durant la grossesse. Une vigilance particulière est demandée concernant les adolescents, qui adoptent souvent la vape par curiosité ou effet de mode, sans avoir jamais fumé auparavant.
Une utilisation qui s'installe dans le temps
L'autre point d'inquiétude réside dans la durée d'exposition aux risques sanitaires de la cigarette électronique Anses. On observe une "stabilisation et une fidélisation croissante" des usagers. Les données montrent que 32% des vapoteurs en 2023 utilisent la cigarette électronique depuis plus de quatre ans (contre 24% en 2022), suggérant que l'outil provisoire devient une habitude pérenne pour beaucoup.
Un outil de sevrage uniquement
Malgré ces alertes, l'Anses ne condamne pas totalement le dispositif. Utiliser la cigarette électronique pour arrêter de fumer reste pertinent comme "option transitoire" pour les fumeurs en difficulté, les effets sanitaires restant "moindres que ceux du tabac fumé". Toutefois, cette démarche doit impérativement s'inscrire "en complément des dispositifs d’accompagnement existants". Le rapport insiste : "Arrêter de fumer ou de vapofumer reste l'objectif ultime en matière de santé".
Pour limiter ces dérives, l'Anses recommande d'interdire purement et simplement les ingrédients présentant un risque sanitaire avéré dans la composition des produits. Elle appelle enfin les pouvoirs publics à renforcer l'encadrement pour éviter "toute incitation à vapoter chez les non-fumeurs et les jeunes".