Sécurité, immigration : le pavé dans la mare d'André Vallini qui fait trembler la gauche
Cette prise de parole, publiée dans les colonnes du Figaro, résonne comme un électrochoc pour une gauche souvent mal à l'aise avec les thématiques régaliennes. Alors que le fossé se creuse avec une partie de sa base traditionnelle, cette intervention met en lumière l'urgence d'un réalignement stratégique face à la pression des urnes.
« Regarder en face l'immigration et la délinquance » : le coup de semonce de Vallini
C'est un véritable pavé dans la mare que lance André Vallini en ce début février 2026. Dans une tribune sans concession, l'ancien secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement appelle le Parti socialiste à une révision doctrinale profonde. Selon lui, il est impératif d'« assumer une politique sécuritaire face à la délinquance de plus en plus violente et défendre une maîtrise renforcée de l'immigration, y compris régulière, face aux difficultés actuelles de l'intégration ».
Ce message, relayé par Le Figaro, ne vise pas seulement à alimenter le débat intellectuel, mais à répondre à une urgence électorale. L'objectif affiché est clair : « retrouver la confiance des électeurs » qui ont progressivement abandonné le navire socialiste. En brisant le silence sur la tribune André Vallini immigration et délinquance, l'ancien ministre pointe du doigt la responsabilité de la gauche dans sa propre marginalisation auprès des classes populaires.
Le hiatus idéologique : l'insécurité, une préoccupation désormais centrale qui déserte la gauche
Le constat dressé par André Vallini s'appuie sur une réalité sociologique difficilement contestable. En février 2026, l'insécurité s'impose parmi les trois inquiétudes majeures des Français, au même niveau que l'inflation et la défiance envers le politique. Elle occupait même la première place en décembre 2025, une dynamique qui, historiquement, profite toujours à la droite et fragilise le PS face à l'électorat populaire et sécurité.
Ce décalage entre les priorités des citoyens et l'offre politique de la gauche explique en grande partie le glissement du vote ouvrier vers le Rassemblement national (RN). Les chiffres confirment ce malaise interne : selon une étude menée par Anne Muxel et Kévin Arceneaux pour le CEVIPOF et Le Monde en octobre 2025, près de 17 % de l'électorat socialiste se définit comme « national-étatiste ». Ces électeurs, bien que favorables au rôle social de l'État, restent sceptiques sur l'ouverture des frontières. Cette fracture révèle une « moindre prise en compte de cet enjeu par les appareils politiques » de gauche, laissant le champ libre à ses adversaires.
La stratégie à deux voix : comment le PS gère ce débat délicat
La sortie d'André Vallini n'est toutefois pas un acte isolé dans le paysage socialiste. Le Premier secrétaire, Olivier Faure, avait déjà tenté d'amorcer ce virage en février 2025, affirmant que la gauche devait « parler fort » sur l'immigration pour ne pas laisser « la place vide » à l'extrême droite. Cependant, une nuance de taille persiste entre les deux hommes.
Là où Olivier Faure liait principalement le sentiment de malaise à la politique du logement et à la répartition territoriale, André Vallini et maîtrise renforcée de l'immigration ciblent directement la gestion des flux. Cette divergence complique la tâche du parti à l'approche des élections municipales de mars 2026. Avec un RN qui renforce son ancrage local, notamment dans le sud de la France, la pression s'accentue sur le PS. Il doit désormais trouver un discours de fermeté crédible sans faire imploser l'union de la gauche, transformant cette tribune en un catalyseur inévitable pour l'avenir du parti.