Inflation : pourquoi vos courses coûtent deux fois plus cher qu'en 1996

Publié par Stéphane Leduc
le 03/02/2026
Un plan moyen, filmé en perspective en légère plongée, d'un caddie de supermarché moderne et chromé,
New Planet Media
Une récente comparaison commentée par le PDG de Carrefour révèle qu'un panier de courses valant 100 francs en 1996 coûte aujourd'hui plus du double, illustrant une flambée des prix bien supérieure aux conversions officielles.

L'intervention d'Alexandre Bompard dans l'émission Legend fin janvier 2026 a relancé le débat sur le coût de la vie. Alors que la conversion officielle établit 100 francs à 15,24 euros, la réalité du ticket de caisse est bien plus douloureuse pour les consommateurs. Ce décalage spectaculaire entre la monnaie d'hier et les prix d'aujourd'hui s'explique par une accumulation de facteurs économiques qui pèsent lourdement sur votre budget.

Un constat sans appel en rayon

La séquence a marqué les esprits. Invité par Guillaume Pley, Alexandre Bompard s'est prêté au jeu de la comparaison tarifaire sur trois décennies. Le verdict est mathématique : un caddie rempli pour 100 francs en 1996 ne vaut plus du tout 15 euros. Selon le PDG de Carrefour, "ce panier, il est autour de 36 à 40 euros" aujourd'hui.

Cette augmentation vertigineuse concerne la majorité des produits du quotidien, mais certains rayons affichent des hausses record. Le café détient la palme de l'inflation la plus spectaculaire avec un bond de plus de 215 % sur la période. Le prix d'un caddie de courses en 1996 et 2024 n'a donc plus rien de comparable, transformant ce qui était une dépense courante en une charge financière majeure.

Le fossé entre ressenti et chiffres officiels

Les données de l'Insee semblent pourtant raconter une autre histoire. L'institut souligne que l'inflation générale en France est restée modérée entre 2002 et 2021, ne dépassant le seuil de 2,0 % qu'à de rares occasions. Cependant, l'écart entre inflation Insee et prix au supermarché nourrit l'incompréhension des ménages.

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Ce paradoxe s'explique par la nature des achats. Le consommateur est bien plus sensible aux variations de prix sur les produits fréquents, comme l'alimentation ou l'hygiène, qu'aux biens durables achetés rarement. De plus, la valeur réelle de 100 francs en euros aujourd'hui est grignotée par l'explosion des coûts de structure. La flambée des matières premières, couplée à la hausse des coûts de l'énergie et de la logistique, a été intégralement répercutée sur les étiquettes.

Une facture alimentaire en hausse constante

L'histoire récente n'a fait qu'aggraver la situation. L'inflation alimentaire cumulée a atteint des sommets, avec une hausse de 20,5 % enregistrée entre janvier 2022 et janvier 2024. Même si l'inflation globale ralentit pour s'établir autour de +0,9 % sur un an en octobre 2025, l'alimentaire continue sa progression, avoisinant les +1,3 % en 2024 et 2025.

Certains rayons pèsent plus lourd que d'autres dans la balance. Les surgelés, la crèmerie, le traiteur et la boucherie subissent de plein fouet ces réajustements tarifaires. Pour faire face, les Français adaptent leurs comportements. Selon les données de consommation, la moitié des clients a modifié ses habitudes, et un tiers a opté pour la solution la plus drastique : la réduction pure et simple des volumes achetés. Pour limiter la casse, il devient nécessaire de privilégier les marques de distributeurs et de traquer les promotions, seules armes efficaces pour tenter de rapprocher le ticket de caisse de son niveau d'antan.

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