Municipales 2026 : un candidat RN désinvesti en urgence après des tweets racistes
La campagne pour les municipales de 2026 démarre par un scandale pour le RN. Mis en cause par la presse pour des publications racistes, homophobes et sexistes sur X (anciennement Twitter), Christian Richaud Simoni ne portera finalement pas les couleurs du mouvement dans le Vaucluse.
Une sanction immédiate face aux révélations
Quelques heures seulement après la publication d'une enquête par Libération et consultée par Ici Vaucluse, le Rassemblement National a annoncé la suspension de sa tête de liste à Carpentras. Le parti tente ainsi de couper court à la polémique suscitée par le contenu violent des messages diffusés sur les réseaux sociaux.
Les propos incriminés, postés sur la plateforme X, entre 2017 et 2023, ciblent directement des personnalités publiques et des communautés. Selon Libération, ces écrits comportent des attaques racistes et sexistes visant notamment l'acteur Omar Sy ou la députée Danièle Obono. Face à la gravité des faits, la direction du RN affirme dans un communiqué que ces publications étaient « jusqu'alors inconnues » de ses services de vigilance. Le parti a confirmé la convocation immédiate de Christian Richaud Simoni devant la commission des conflits en vue d'une exclusion probable.
La stratégie de normalisation mise à mal
Malgré la stratégie de dédiabolisation du Rassemblement National martelée par Marine Le Pen, les archives numériques continuent de faire trébucher les aspirants élus. Ce cas n'est pas isolé : il rappelle un précédent lors des législatives de 2024, où plusieurs candidats avaient été épinglés pour des faits similaires, ou encore la mise en cause, en janvier 2026, d'élus membres de groupes Facebook aux contenus problématiques.
L'enjeu de la vérification des profils reste une équation complexe pour le parti. Si la direction nationale assure passer au crible ses investitures, elle semble peiner à auditer l'intégralité de l'historique numérique de ses milliers de militants locaux. Les propos racistes d'élus RN devant l'instance disciplinaire deviennent une séquence récurrente qui brouille le message de respectabilité institutionnelle que tente d'imposer Jordan Bardella. Le nettoyage des réseaux sociaux, souvent négligé par les candidats locaux, se transforme systématiquement en piège politique.
Une campagne locale à reconstruire
Sur le terrain, ce retrait d'investiture oblige la fédération du Vaucluse à revoir sa copie dans l'urgence. Carpentras, ville symbolique et électoralement convoitée, ne peut rester sans représentant. Le parti a fait savoir qu'il désignerait « très prochainement » une nouvelle tête de liste pour les élections municipales de 2026 afin de ne pas laisser le champ libre à ses adversaires.
Pour Christian Richaud Simoni à Carpentras, les conséquences pourraient dépasser le simple cadre politique. Au-delà de la perte de son investiture, la nature des écrits (injures publiques, incitation à la haine) expose l'ex-candidat à des risques judiciaires. Les conséquences de tweets racistes pour un candidat RN se mesurent désormais aussi devant les tribunaux, plusieurs associations antiracistes ayant l'habitude de se saisir de ce type de dossier.