L’argent liquide va-t-il disparaître ? La réponse du gouverneur de la Banque de France

Publié par Suruthi Srikumar
le 26/02/2026
L’argent liquide va-t-il disparaître ? La réponse du gouverneur de la Banque de France
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Tout en constatant la baisse rapide des retraits d’argent liquide et la diminution du nombre de distributeurs automatiques, le gouverneur de l’Banque de France écarte tout scénario d’abandon des espèces.

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a profité de ses interventions médiatiques des 18 et 19 février 2026 pour mettre les points sur les i. Le message se veut sans équivoque face aux rumeurs persistantes d'une suppression progressive de l'espèce. L'institution affirme qu'elle ne compte « jamais » abandonner l'argent liquide, réaffirmant son rôle central dans les échanges quotidiens.

Cette promesse s'appuie sur des faits tangibles et non de simples déclarations d'intention. Pour prouver que le support physique n'est pas en fin de vie, le gouverneur a souligné que la Banque centrale européenne (BCE) travaille activement à l'élaboration d'une nouvelle série de billets de banque. Cette initiative européenne démontre la volonté des institutions de pérenniser ce mode de paiement pour les décennies à venir, coupant court aux spéculations sur une obsolescence programmée des coupures actuelles.

La liberté de paiement et l'inclusion comme priorités

Si le maintien du liquide est si ardemment défendu, c'est avant tout parce qu'il représente un « socle de confiance » indispensable. Selon François Villeroy de Galhau, « le liquide, c'est la liberté de choisir son mode de paiement ». Cette liberté permet aux citoyens de ne pas dépendre exclusivement des infrastructures bancaires numériques. De plus, l'enjeu est social : d'après les chiffres relayés par Le Figaro en février 2026, environ 10 % des Français ne possèdent pas de carte bancaire ou ne maîtrisent pas les outils numériques nécessaires aux paiements dématérialisés.

Le cadre légal français protège d'ailleurs cette accessibilité. Il convient de rappeler l'article R642-3 du Code pénal, qui sanctionne le refus par un commerçant d'accepter des pièces ou billets ayant cours légal, sauf exceptions techniques précises. Enfin, l'argent liquide conserve une fonction de résilience unique. En cas de panne informatique généralisée ou de cyberattaque paralysant les réseaux bancaires, les espèces demeurent la seule solution de secours fiable pour effectuer des transactions immédiates.

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Une cohabitation durable avec l'euro numérique

L'avenir monétaire se dessine donc sous le signe de la mixité plutôt que de la substitution. L'arrivée prochaine de l'euro numérique, projet phare de la BCE, suscite de nombreuses interrogations auxquelles la Banque de France a répondu. Ce nouvel outil n'a pas vocation à remplacer le cash, mais à offrir une alternative publique et sécurisée face aux monnaies numériques privées et aux crypto-actifs volatils.

Les deux formes de monnaie, physique et numérique, sont vouées à coexister pour renforcer la sécurité des épargnants. Pour le consommateur, cela signifie que l'environnement quotidien ne subira pas de rupture brutale. La Banque de France s'engage à maintenir l'accès aux distributeurs automatiques de billets (DAB) sur l'ensemble du territoire, garantissant que le "cash" restera une monnaie légale, acceptée partout, tout en laissant la porte ouverte à l'innovation pour ceux qui le souhaitent.

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