Scandales, rires et émotions : les meilleurs moments des César Capture vidéo
Moins sulfureuse que le festival de Cannes, la cérémonie des César a son lot de séquences insolites, drôles ou bouleversantes. Retour sur les moments des plus surprenants de la grand-messe du cinéma français.
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Coluche, 1984, César du second degré

Récompensé par le César du meilleur acteur pour son rôle bouleversant dans Tchao Pantin, réalisé par Claude Berri, Coluche monte sur scène et se livre à l’exercice du traditionnel discours de remerciements. Sur scène, il égratigne au passage le choix du jury : "Le cinéma français vit des succès populaires que font les gens genre Belmondo et récompense surtout ceux qui font pleurer dans le genre...que je ne nommerai pas pour n'oublier personne."

Une polémique que reprendra, 15 ans plus tard, Dany Boon et son Bienvenue chez les Chtis, l’acteur dénonçant à son tour l’absence d’un prix dédié aux comédies et aux succès populaires du cinéma français, les grands oubliés des César depuis plus de vingt ans.

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Charlotte Gainsbourg, 1986, César de la timidité

A seulement 15 ans, la fille de Serge Gainsbourg et de Jane Birkin est déjà très talentueuse et a travaillé avec Élie Chouraqui et Jacques Doillon. Son rôle suivant dans L'Effrontée de Claude Miller lui vaut le César du meilleur espoir féminin, remis devant ses parents, émus aux larmes.

La jeune fille maladroite, dont le regard est autant couvert par des larmes que ses mèches de cheveux rebelles, balbutie un remerciement. Serge Gainsbourg est debout, dans la salle. La magie opère.

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Anémone, 1988, César du grand n’importe quoi

L’une des actrices les plus talentueuses de sa génération fera preuve de la même originalité dans la vie que lors des remises de prix officielles. En 1988, gratifiée du César de la meilleure actrice, Anémone - de son vrai nom Anne Bourguignon - monte sur scène vêtue d'un costume révolutionnaire bleu-blanc-rouge et avant de se livrer à un numéro légèrement décalé. Elle vante les mérites de ses amis, qui ont créé les bijoux et les vêtements qu’elle porte, avant de déclarer : "Richard Anconina je t'aime".

Une sortie fracassante, des tonnerres d’applaudissement et un souvenir qui n’est pas prêt de s’estomper. 

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Vanessa Paradis, 1991, César de la boulette

C’est sans nul doute l’un des moments les plus connus - et gênant - qu’ait connu la cérémonie des César depuis son apparition, en 1976. Au moment d’annoncer 1991 : Au moment d'annoncer la gagnante du César du meilleur espoir féminin, Vanessa Paradis - auréolée du prix de la révélation féminine lors de la cérémonie des César précédente - se trompe et annonce Judith Godrèche au lieu de Judith Henry pour son rôle dans La Discrète.

Ponctuant son erreur d’un assez sonore ("Merde ! Pardon, excusez-moi !"), Vanessa Paradis se moquera gentiment d’elle-même quelques années plus tard, aux côtés de Gad Elmaleh et Valérie Lemercier, pour un sketch devenu aussi culte que son lapsus.

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Isabelle Adjani, 1989, César de l’engagement

Sacrée Meilleure actrice pour la troisième fois de sa carrière (Possession en 1982, L'Été meurtrier en 1984, puis Camille Claudel en 1989), Isabelle Adjani déclare : "La volonté, avait-elle lu, c'est de ne pas être d'accord, ne pas se soumettre, s'opposer."

Il s’agit d’un  extrait des Versets sataniques de Salman Rushdie, essayiste britannique d'origine indienne à l’origine de vives réactions dans la communauté musulmane en raison de sa description jugée irrévérencieuse du prophète de l'islam de Mahomet. La comédienne sera saluée pour son courage, Salman Rushdie étant victime d’une fatwa ordonnant son exécution.

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Romane Bohringer, 1993, César du plus beau retour

Révélée par Les Nuits fauves, la fille de Richard Bohringer reçoit cette année-là le César du meilleur espoir féminin pour son rôle de fille amoureuse d’un toxicomane paumé. Le film narre avec force le drame du SIDA, maladie dont le réalisateur, Cyril Collard, mourra quelques jours avant la cérémonie des César, à l’âge de 35 ans.

"Les Nuits fauves" sera couronné de quatre César, dont celui du meilleur film, et Romane Bohringer prononcera l’un discours les plus émouvants du cinéma français et un vibrant hommage à Cyril Collard.

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Annie Girardot, 1996, César de l’émotion

L’une des plus grandes actrices françaises, qui a tourné avec Pinoteau, Molinaro encore Blier, sort alors d’une immense traversée du désert. Peu sollicitée par le cinéma, Annie Girardot a connu de graves problèmes de drogues et d’alcool. C’est le film Les Misérables de Claude Lelouch qui va la faire revenir sur le devant de la scène, et lui offrir le César du Meilleur second rôle féminin.

Une récompense qu’elle recevra à nouveau 6 ans plus tard grâce au rôle que lui offre Michael Haneke dans La Pianiste. En 1996, émue aux larmes, elle déclarera : "Je ne sais pas si j'ai manqué au cinéma français, mais à moi le cinéma a manqué. Follement. Éperdument. Douloureusement. (...) Votre amour me fait penser que peut-être, je dis bien peut-être, je ne suis pas encore tout à fait morte."

Les Robins des bois, 2001, César de l’humour

La troupe de comiques, repérée par Dominique Farrugia, a à son actif une pièce de théâtre et de nombreux sketches rapidement devenus cultes.

Lors de la 27e cérémonie des César, Marina Foïs et Jean-Paul Rouve créent une nouvelle catégorie qui déclenche l’hilarité des  spectateurs, avec la complicité d’Alain Chabat : le César du "meilleur acteur de second plan". Les images se passent de commentaires.

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Valérie Lemercier, 2007, César de la meilleure danse

Présentatrice en 2006 et 2007, Valérie Lemercier fait lors de sa deuxième présentation une entrée remarquée sur scène offrant au public une danse endiablée sur le tube de Zouk Machine, Maldon. Incrédule au début, le public pour le moins guindé des César se laisse progressivement prendre au jeu… jusqu’à la nouvelle folie de l’héroïne de Palace : une imitation dansante de Rabbi Jacob, héros du film éponyme de Gérard Oury.

Elle rend ainsi un vibrant hommage et très personnel au réalisateur, décédé l’année passée, devant Michèle Morgan, sa veuve, Danielle Thompson, sa fille et son petit-fils, Christopher Thompson. Emotion garantie.

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Florence Foresti, 2009, César de la séduction

L’humoriste, véritable chouchou des Français, gratifie le public des César d’un sketch aussi drôle qu’inattendu : alors que l’acteur américain Sean Penn est présent pour recevoir un César d'honneur, Florence Foresti se transforme en véritable bimbo - robe en dentelle, talons et décolleté - pour attirer l’attention de l’ancien bad boy d’Hollywood.

Un pari gagnant puisqu’à la fin, le comédien se lève pour embrasser la petite Frenchie.

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Julie Gayet, 2015, César du moment le plus gênant

Lors de la 40e cérémonie des César, vendredi 20 février 2015, les téléspectateurs avaient les yeux rivés sur Julie Gayet, présente au théâtre du Châtelet à Paris pour remettre le César du meilleur espoir masculin, quasiment un an après l'évocation de sa liaison avec François Hollande dans Closer.

Alors qu'elle entrait sur scène aux côtés de l'acteur Denis Podalydès, le maître de cérémonie Edouard Baer s'est fendu d'une blague sur l'actrice faisant référence à cette affaire romantico-présidentielle. Julie Gayet a visiblement vécu un moment très gênant.

Roman Polanski, 2020, César de la polémique

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En marge de la 45ème cérémonie des César, qui a lieu le 28 février 2020 à la salle Pleyel de Paris, la soirée avait été marquée par la nomination de Roman Polanski à 12 reprises par l’Académie du cinéma, pour son film J’accuse avec Jean Dujardin, Louis Garrel et Emmanuelle Seigner.

Adaptée du roman historique D. (paru en 2013 par Robert Harris), revenant sur l’affaire Dreyfus dont s’inspire le titre de l’article d’Émile Zola publié dans L’Aurore en 1898, la sortie du film a été vivement décriée alors que Roman Polanski était visé par des accusations de viol sur mineure. Face à la colère de plusieurs associations et militantes féministes, le cinéaste avait décidé de ne pas se rendre à la cérémonie, préférant rester avec son équipe dans un hôtel particulier, comme l’avait révélé Closer à l’époque.

Alors que l’ambiance était tendue dans le public et aux abords de la salle Pleyel, la soirée animée par Florence Foresti a vu le sacre de Roman Polanski pour le César de la meilleure adaptation, des meilleurs costumes et surtout du meilleur réalisateur. De quoi provoquer la colère de l’actrice Adèle Haenel, criant "à la honte" avant de sortir furieuse de la salle. D’autres personnalités ont exprimé leur mécontentement en quittant les lieux durant la cérémonie, tandis que d’autres stars n’ont pas hésité à saluer le succès du réalisateur.