Affaire Zecler : trois policiers jugés aux assises en novembre 2026

Publié par Stéphane Leduc
le 11/02/2026
Police Fraude Internet
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Six ans après les faits qui avaient ému la France entière, le procès des policiers impliqués dans l'agression du producteur Michel Zecler est fixé en novembre à Paris. Découvrez les dates précises, les chefs d'accusation retenus et la juridiction qui jugera les quatre agents dans cette affaire hautement symbolique.

Ce dossier, devenu l'un des symboles des violences policières, connaît enfin son épilogue judiciaire. La justice a tranché sur le calendrier et la juridiction qui examineront les responsabilités des quatre agents mis en cause dans ce tabassage survenu en plein confinement, fixant une échéance attendue par la partie civile.

Un procès fixé du 9 au 19 novembre devant la Cour criminelle

Selon les informations rapportées par Libération et Le Figaro, trois des policiers seront jugés du 9 au 19 novembre 2026 devant la Cour criminelle départementale de Paris. Cette audience intervient six ans après les faits survenus le 21 novembre 2020 dans le studio de musique du producteur, situé dans le 17e arrondissement de la capitale.

Les trois principaux accusés, Aurélien L., Philippe T. et Pierre P., devront répondre de « violences volontaires aggravées ». Comme le précise La Croix, ces violences sont qualifiées par plusieurs circonstances : elles ont entraîné une incapacité totale de travail (ITT), ont été commises en réunion, avec usage d'une arme et par personne dépositaire de l'autorité publique (PDAP). Ils sont également poursuivis pour « faux en écriture publique », accusés d'avoir menti dans leur rapport initial.

Un quatrième fonctionnaire, Hugues R., sera jugé séparément. D'après l'AFP, il est renvoyé devant le tribunal correctionnel pour des faits de moindre gravité, liés à l'usage d'une grenade lacrymogène.

Des enjeux juridiques lourds et l'exclusion du racisme

L'ordonnance de renvoi décrit une scène d'une extrême violence. Le rapport évoque une « avalanche de coups » assénés pendant quatre minutes, qualifiant l'intervention d'« illégitime » et « disproportionnée ». Ces agissements avaient été révélés par les images de vidéosurveillance diffusées par le média Loopsider, qui contredisaient frontalement le procès-verbal d'interpellation rédigé par les agents. Pour rappel, Michel Zecler s'était vu prescrire initialement 45 jours d'incapacité totale de travail (ITT) suite à cette agression.

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L'accusation de « faux en écriture publique » pèse lourdement sur les prévenus. Comme le souligne Libération, ce crime est passible de 15 ans de réclusion criminelle lorsqu'il est commis par une personne dépositaire de l'autorité publique, exposant les agents à de très lourdes sanctions.

Toutefois, un point central du dossier a été écarté. Bien que Michel Zecler ait dénoncé des insultes racistes, les juges d'instruction n'ont pas retenu cette circonstance aggravante. Selon Le Figaro, les magistrats ont estimé que « les éléments de preuve […] ne sont pas à la hauteur des standards applicables à la matière pénale », malgré les réquisitions du parquet qui souhaitait voir ce motif maintenu.

Ce que révèle le procès de la crise de confiance Police-Justice

Ce procès revêt une dimension symbolique majeure. L'affaire avait provoqué une onde de choc nationale, poussant le président Emmanuel Macron à dénoncer à l'époque une « agression inacceptable ».

En marge de la réponse pénale, le dossier a mis en lumière des dysfonctionnements institutionnels. Dans une décision rendue publique, la Défenseure des droits, Claire Hédon, avait pointé des manquements déontologiques d'une « extrême gravité ». Elle y dénonçait un usage de la force « injustifié », ainsi qu'un manquement au devoir de « loyauté » et de « respect de la dignité humaine ». Elle avait également regretté l'absence de procédure disciplinaire immédiate.

L'enjeu de l'audience de novembre 2026 sera double : déterminer la sanction pénale pour les agents, qui risquent la prison ferme et l'interdiction d'exercer, et tenter, pour l'institution judiciaire, de répondre à la crise de confiance engendrée par ces images.

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