Affaire Shein : procès ce vendredi pour un homme piégé par sa commande de poupée

Publié par Stéphane Leduc
le 06/02/2026
Perspective en plongée dans une salle d'audience française traditionnelle, vide de personnes. Les ba
New Planet Media
Un homme de 40 ans comparaît ce vendredi devant le tribunal correctionnel de Montargis pour détention d’images pédopornographiques, une procédure initiée après le signalement d'une commande sur le site Shein.

L'audience, qui se tient dans le Loiret, met en lumière les nouvelles méthodes de traque des prédateurs numériques par les autorités. Ce dossier illustre comment une simple alerte commerciale peut déboucher sur une enquête judiciaire approfondie et révéler des contenus illicites stockés sur des supports privés.

Un profil sans histoire devant la justice

Ce vendredi 6 février 2026, le tribunal correctionnel de Montargis examine le cas d'un homme de 40 ans, jusqu'ici inconnu des services de police. Selon les informations rapportées par CNEWS, le prévenu est salarié, célibataire et possède un casier judiciaire vierge. Il doit répondre de deux chefs d'accusation lourds, détaillés par le parquet de Montargis.

La justice lui reproche la « détention et acquisition de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique ». S'ajoute à cela la « consultation habituelle d’un service de communication en ligne mettant à disposition l’image ou la représentation d’un mineur présentant un caractère pédopornographique ». Ces incriminations visent spécifiquement le matériel numérique saisi lors de la perquisition.

Une enquête née du scandale Shein

L'affaire trouve son origine en décembre 2025, dans le sillage immédiat de la polémique mondiale touchant le géant du e-commerce Shein. L'homme avait été interpellé suite à l'identification d'une tentative de commande d'une poupée à caractère pédopornographique sur la plateforme chinoise. Toutefois, le dossier présenté au tribunal révèle une distinction importante entre l'acte d'achat et la matérialité des faits reprochés.

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Le parquet de Montargis précise que le prévenu a reconnu avoir annulé sa commande avant livraison. Aucune poupée de ce type n'a été retrouvée à son domicile par les enquêteurs. C'est l'exploitation minutieuse de ses supports informatiques par l'OFMIN (Office des mineurs) qui a permis de rediriger l'accusation. Les experts ont découvert « nombreuses images à caractère pédopornographique », totalement distinctes de l'objet initialement convoité.

Ce procès intervient quelques mois après le scandale de novembre 2025, où des médias comme Sud Radio ou TF1 Info relayaient l'indignation publique face à la vente de ces produits. À l'époque, le gouvernement avait menacé de « suspendre la plateforme chinoise » si de telles dérives persistaient, accentuant la vigilance des services de douane et de police sur les transactions suspectes.

La réponse pénale et la traque numérique

La comparution de ce vendredi rappelle la sévérité du Code pénal français face à ces infractions. La détention d'images pédopornographiques est passible de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. Le législateur a régulièrement durci ces sanctions pour dissuader la consommation de ces contenus, considérée comme le moteur de la production d'abus sexuels sur mineurs.

L'action de l'OFMIN se révèle centrale dans ce type de dossier. L'office démontre ici sa capacité à remonter les filières, non seulement via les adresses IP, mais aussi en exploitant les données de transactions commerciales avortées pour identifier des profils à risque. Ce procès envoie un signal fort : l'État maintient une pression constante contre toute forme de pédocriminalité, y compris lorsque l'infraction reste confinée à l'espace numérique.

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