Touristes français aux USA : Trump exige vos e-mails et historiques de réseaux sociaux
Les règles du jeu ont changé depuis ce dimanche 8 février 2026. Si vous prévoyez de traverser l'Atlantique, votre simple passeport ne suffit plus à garantir la tranquillité de vos démarches administratives. Cette obligation cible spécifiquement les ressortissants des 42 pays bénéficiaires du Programme d'Exemption de Visa, dont la France fait partie.
L'obtention de l'autorisation de voyage électronique (ESTA) requiert désormais une transparence numérique totale. Ces nouvelles données s'ajoutent obligatoirement au formulaire classique. Ce qui était une formalité administrative rapide se transforme en une procédure de vérification approfondie de votre vie virtuelle avant même votre départ.
Des exigences intrusives
Cette surveillance accrue s'appuie sur un décret présidentiel signé par Donald Trump en janvier 2025. Le texte, intitulé « Protéger les États-Unis contre les terroristes étrangers et autres menaces pour la sécurité nationale et la sécurité publique », pose le cadre légal de cette nouvelle étape administrative.
Le niveau d'intrusion est jugé « particulièrement intrusif » par les observateurs. L'administration ne se contente plus de votre identité civile. Vous devez désormais livrer l'historique complet de tous vos comptes de réseaux sociaux ainsi que les numéros de téléphone utilisés au cours des cinq dernières années.
L'exigence va encore plus loin concernant votre correspondance électronique. Il est impératif de déclarer toutes les adresses e-mails actives ou passées sur les dix dernières années. Enfin, le décret impose la transmission d'informations personnelles détaillées sur votre famille, incluant les noms, numéros de téléphone, dates, lieux de naissance et adresses de résidence de vos proches.
Des risques de refus et un secteur en alerte
La moindre erreur peut coûter très cher. En cas de déclaration inexacte ou incomplète, le touriste s'expose à un refus pur et simple de passage à la frontière, suivi d'un retour immédiat en France à ses propres frais. Rémi Vénitien, président de l’office de tourisme des États-Unis en France, avertit : « Il est fortement recommandé de ne jamais mentir à l’administration américaine » afin d'éviter une interdiction de territoire future.
Côté organisation, le remplissage de l'ESTA pourrait s'allonger d'environ 30 minutes, le temps de réunir ces archives numériques. Cette lourdeur administrative alarme les professionnels, qui redoutent de voir ces mesures « intimider les touristes français et européens ». Patrice Caradec, président du Syndicat des Entreprises du Tour Operating, notait fin janvier 2026 qu'« on ne peut pas dire que Trump soit le meilleur ambassadeur du tourisme aux Etats-Unis ».
Les répercussions économiques sont déjà palpables. Le secteur enregistre une chute de 15 % des voyages organisés depuis la France, un chiffre qui pourrait grimper à 30 % d’ici l’été 2026. Selon le World Travel & Tourism Council, l'impact global pourrait atteindre 15,7 milliards de dollars de pertes et menacer 157 000 emplois américains. À plus long terme, ces contraintes pourraient freiner les déplacements des fans pour la Coupe du monde de football 2026 et les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.
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