Crans-Montana : une quatrième personne mise en cause dans l'incendie
Ce drame, survenu lors du réveillon du Nouvel An, continue de secouer la station de Crans-Montana. Après la mise en examen des gérants, la justice étend désormais ses investigations aux services municipaux pour comprendre comment un tel établissement a pu rester ouvert malgré des manquements signalés.
L'actuel responsable de la sécurité convoqué
Le dossier s'épaissit avec l'entrée en scène d'une quatrième personne mise en cause dans l'incendie de Crans-Montana. Selon les informations rapportées par BFMTV, il s'agit de l'actuel chargé de la sécurité de la mairie. Son audition par la justice est fixée au 6 février prochain. Cette convocation intervient peu après celle de son prédécesseur, l'ancien chargé de sécurité, qui a été impliqué dans la procédure le 28 janvier dernier.
Jusqu'à présent, l'attention se portait principalement sur Jacques et Jessica Moretti, les patrons de l'établissement. Le couple fait l'objet d'une instruction pénale pour « homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence ». Si Jacques Moretti avait été placé en détention provisoire le 9 janvier, il a recouvré la liberté le 23 janvier après s'être acquitté de sa caution.
Des rapports accablants ignorés
L'implication des agents municipaux soulève la question des conséquences des contrôles de sécurité du bar Le Constellation. Théoriquement, le rôle de ces chargés de mission est de vérifier annuellement la conformité incendie des établissements recevant du public. L'ancien responsable, qui sera entendu le 9 février, avait effectué ces vérifications en 2018 et 2019.
Or, l'enquête révèle des lacunes administratives préoccupantes. L'établissement n'aurait été contrôlé que trois fois en dix ans, la dernière inspection remontant à 2020. Plus inquiétant encore, des rapports datant de 2015 pointaient déjà « de nombreux défauts ». Parmi les défaillances de sécurité relevées avant l'incendie, on note la présence d'un escalier d'issue de secours en bois, des salariés non-formés aux procédures d'urgence ou encore des extincteurs mal signalés. Malgré ces alertes répétées, la municipalité a continué de délivrer des avis positifs, permettant à l'activité de se poursuivre sans mise aux normes effective.
La colère des parties civiles
Si les premières auditions se concentraient sur les causes directes du sinistre, notamment la mousse antiphonique embrasée par des feux de Bengale et une porte de service verrouillée, le focus se déplace désormais vers la responsabilité institutionnelle. Cette instruction pénale visant les gérants de l'incendie de Crans-Montana s'élargit donc logiquement à ceux qui ont autorisé l'exploitation des lieux.
Ce tournant agace les représentants des victimes. Me Jean-Claude Giudicelli, avocat de deux personnes grièvement blessées, s'interroge publiquement : « Qui a fermé les yeux ? ». Il n'hésite pas à qualifier ces récents développements de « comédie judiciaire », soulignant la lenteur de la prise de conscience. Au lendemain du drame, les autorités locales avaient pourtant admis un manque de rigueur dans les contrôles, promettant qu'elles « assumeraient leurs responsabilités ».