Quand une croisière de rêve se transforme en foyer épidémique
Ce navire flambant neuf a vu ses couloirs transformés en zone de quarantaine lors d'une traversée d'une semaine. Les autorités sanitaires américaines se sont saisies du dossier pour enrayer la propagation de la maladie parmi les milliers de vacanciers présents, rapporte Le Figaro.
Une alerte sanitaire majeure sur le Star Princess
Partie le 7 mars 2026 de Fort Lauderdale pour un séjour de sept jours, l'embarcation a rapidement été confrontée à une urgence médicale. Selon les données des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains, 153 individus ont été frappés par une épidémie de gastro-entérite aiguë. Parmi les victimes, les autorités recensent 104 passagers et 49 membres d'équipage. Les personnes touchées ont subi des vomissements et des diarrhées sévères, des symptômes typiques de cette infection. Sur les 4 307 voyageurs présents à bord de ce navire récent d'une grande capacité, cela représente un taux d'infection de 2,4 %. Du côté du personnel, composé de 1 561 professionnels, ce taux atteint les 3,1 %, franchissant le seuil d'alerte. Face à la flambée des contaminations en mer, la direction a officiellement alerté le CDC le 11 mars 2026.
Les paquebots comme terrains de jeu pour le norovirus
Souvent qualifié de "grippe intestinale", le norovirus redouble de virulence dans les environnements clos. Le CDC rappelle qu'il constitue la première cause d'épidémies gastro-intestinales lors des séjours maritimes (en hausse révèle Le Figaro : 18 en 2024, contre 14 en 2023, et 10 en 2019). Sa redoutable efficacité s'explique par une contagiosité extrême et une forte résistance sur les surfaces comme les poignées, les rampes ou les tables. Avec plus de 5 800 personnes cohabitant dans des espaces restreints tels que les ascenseurs ou les salles de restauration, le Star Princess présente une configuration propice à une transmission rapide.
Le pathogène se répand par contact direct, mais trouve aussi son chemin par l'eau ou les aliments contaminés servis aux vacanciers. Le Vessel Sanitation Program (VSP) du CDC supervise l'enquête environnementale. Les statistiques de cet organisme soulignent une tendance à la hausse : en 2025, cette infection était à l'origine de 17 des 23 vagues épidémiques signalées sur les bateaux de tourisme.
Une gestion de crise stricte et des conséquences pour les vacanciers
Face à l'urgence, la compagnie Princess Cruises a appliqué son protocole avec le confinement immédiat des malades. Dans un communiqué officiel transmis en mars 2026, l'entreprise précise : "Nous avons également séparé toute personne se sentant mal afin qu'elle puisse se reposer confortablement en privé." La société indique avoir procédé à une action rapide : "Nous avons rapidement désinfecté chaque zone du navire et ajouté des mesures de nettoyage supplémentaires tout au long du voyage." À son arrivée en Floride le 14 mars, le paquebot a subi une décontamination complète et rigoureuse. Cette intervention a provoqué le retard de l'embarquement suivant à destination des Bahamas.
Pour se prémunir, les spécialistes préconisent un lavage fréquent des mains à l'eau et au savon, les solutions hydroalcooliques se révélant moins performantes. En cas d'alerte sur un bateau, il faut éviter les nourritures crues. Enfin, une telle situation soulève des interrogations : cette pathologie présente des risques accrus de déshydratation pour les seniors de plus de 60 ans. Les clients confinés devront se tourner vers leur assurance voyage pour connaître la prise en charge des frais médicaux ou d'éventuels remboursements, tout en gardant le réflexe de vérifier l'historique sanitaire d'un bâtiment avant toute réservation.