Incendie à Crans-Montana : la justice réclame 200 000 euros à Jessica Moretti, mais la caution n’aurait jamais été versée

Publié par Suruthi Srikumar
le 16/02/2026
Incendie à Crans-Montana : la justice réclame 200 000 euros à Jessica Moretti, mais la caution n’aurait jamais été versée
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Plus d’un mois après l’annonce du tribunal de Sion, qui promettait de fixer « prochainement » le montant de la caution de Jessica Moretti, celle-ci n’a toujours pas été arrêtée.

Le drame du Nouvel An, qui a endeuillé la station de Crans-Montana, laisse place à une bataille procédurale complexe. Alors que l'instruction suit son cours pour déterminer les responsabilités exactes, les regards se tournent vers le tribunal de Sion et sa gestion des prévenus, suscitant l'incompréhension de l'autre côté des Alpes. Les médias transalpins révèlent aujourd'hui des incohérences dans le dossier financier de la cogérante.

Un engagement judiciaire en suspens

Le flou artistique règne autour du dossier de la caution de Jessica Moretti. Le tribunal de Sion avait pourtant indiqué, dans un communiqué officiel daté du 13 janvier 2026, qu'il "fixera prochainement le montant de la caution" concernant la cogérante de l'hôtel. Or, plus de trente jours après cette annonce, la situation semble au point mort. Selon les informations rapportées par le quotidien italien Il Messaggero, cette somme n'aurait toujours pas été arrêtée, ni même formellement réclamée à l'intéressée par la justice valaisanne.

Cette stagnation interroge d'autant plus qu'elle contraste avec le traitement rapide réservé à son époux. Jacques Moretti a pu quitter sa cellule le 23 janvier 2026, après le règlement d'une caution fixée à 200 000 francs suisses, somme versée par un donateur resté anonyme. Le journal Libero va plus loin dans les révélations, affirmant que toute mention de la caution de Jessica Moretti aurait "disparu" des pièces versées au dossier par le parquet.

Des charges lourdes et un contrôle strict

Le couple de propriétaires reste au cœur d'une instruction pénale d'envergure. Ils doivent répondre des chefs d'"homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence", suite à la catastrophe qui a causé la mort de 41 personnes et fait 115 blessés. Si Jessica Moretti a évité la détention provisoire après son audition du 9 janvier 2026, elle demeure sous le coup de mesures de coercition strictes.

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La justice lui impose une interdiction formelle de quitter le territoire suisse, la confiscation de ses documents d’identité et une obligation de présentation quotidienne au commissariat. Toutefois, la question financière reste centrale. La presse italienne suggère que les époux auraient menti sur l'étendue de leur patrimoine. Ce paramètre s'avère déterminant, car le code de procédure pénale prévoit que le montant de la caution doit être proportionnel aux revenus et à la fortune des prévenus pour garantir sa fonction dissuasive.

La colère des proches et des politiques

Ces zones d'ombre alimentent la rancœur des familles des victimes, qui avaient déjà vivement réagi à la libération sous caution de Jacques Moretti. Cette décision avait provoqué une levée de boucliers jusqu'au sommet de l'État italien. Antonio Tajani, ministre des Affaires étrangères, avait déclaré sur le réseau social X "rester sans voix", qualifiant cette libération de "véritable affront aux sentiments des familles".

Le climat de défiance s'étend aux avocats des parties civiles. Ces derniers pointent du doigt une enquête qu'ils jugent "mal menée" et multiplient les courriers de reproches adressés au ministère public suisse. 

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