Incendie de Crans-Montana : Jacques Moretti déjà libéré… “incompréhensible” pour beaucoup après le drame

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 23/01/2026
crans montana
abacapress
À Crans-Montana, le choc reste immense après l’incendie meurtrier du Constellation, alors que Jacques Moretti vient d’être libéré sous conditions.
Deux semaines après son placement en détention provisoire, Jacques Moretti, co-propriétaire du bar Le Constellation, a été remis en liberté sous conditions. Une décision judiciaire qui intervient alors que l’enquête sur l’incendie meurtrier de Crans-Montana se poursuit, laissant derrière elle 40 morts et 116 blessés… et une immense incompréhension.

C’est une annonce qui laisse un goût amer. Jacques Moretti, co-propriétaire du bar “Le Constellation” à Crans-Montana, a été remis en liberté sous conditions après seulement deux semaines de détention provisoire

Une décision de justice qui surprend, choque et fait déjà réagir, alors que l’enquête sur l’incendie meurtrier du Nouvel An est loin d’être bouclée. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, le drame avait fait 40 morts et 116 blessés, plongeant la station suisse dans l’horreur.

Une remise en liberté qui choque et interroge

Jacques Moretti avait été incarcéré le 9 janvier à la prison de Sion. À l’époque, les autorités estimaient que la détention était nécessaire, notamment en raison d’un risque de fuite. L’affaire, extrêmement sensible, nécessite des investigations lourdes : auditions, expertises techniques, vérification des normes de sécurité, reconstitution des faits… 

Dans un dossier de cette ampleur, chaque étape est scrutée, chaque décision est commentée. Et cette remise en liberté, aussi encadrée soit-elle, arrive alors que la douleur est encore à vif.

Car ce drame n’a rien d’un simple fait divers. Cette nuit-là, Le Constellation était bondé. Une soirée censée être festive s’est transformée en cauchemar. Les premiers éléments évoquent une propagation fulgurante du feu, et des circonstances qui auraient rendu l’évacuation extrêmement difficile. Dans ce contexte, la question que beaucoup se posent est brutale : comment un incendie aussi meurtrier a-t-il pu se produire dans un lieu accueillant autant de monde ? Et surtout, qui doit répondre de ce qui s’est passé ?

L’enquête se poursuit, la colère monte

La justice, elle, insiste : la libération ne signifie pas l’abandon des poursuites. Jacques Moretti reste sous contrôle et devra respecter des conditions strictes, destinées à éviter toute fuite ou tentative d’entraver l’enquête. Dans ce type d’affaires, la détention provisoire peut être remplacée par des mesures de substitution, comme une caution et des restrictions. 

Vous avez aimé cet article ?

Mais dans l’opinion publique, cette nuance juridique ne suffit pas à calmer les esprits : la sortie de prison, aussi encadrée soit-elle, est perçue comme un signal incompréhensible face à l’ampleur du drame.

D’autant que Jacques Moretti n’est pas le seul concerné. Jessica Moretti, également co-propriétaire, a elle aussi été visée par la procédure, avec des mesures de contrôle judiciaire. L’enquête doit maintenant déterminer si des négligences ont été commises, si les règles de sécurité ont été respectées, et si des décisions ont aggravé la situation. Des points cruciaux qui pourraient peser très lourd dans la suite judiciaire.

Aujourd’hui, une chose est certaine : l’affaire Crans-Montana est loin d’être refermée. Cette libération sous conditions ne met pas un point final, elle ouvre au contraire une nouvelle séquence, encore plus sensible. Car si la justice suit son rythme, les proches des victimes, eux, n’ont pas eu le temps de reprendre leur souffle.

Et dans ce dossier où chaque détail compte, une impression persiste : celle d’un drame immense… et d’une décision difficile à avaler

Jacques Moretti est dehors, l’enquête continue, mais une question reste suspendue, brutale : comment accepter une remise en liberté si rapide quand 40 personnes ne rentreront jamais chez elles ?

Google News Voir les commentaires