Charles III et la faillite : l’autre raison (financière) qui a poussé Harry et Meghan à quitter la Couronne

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 16/02/2026
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Derrière le drame familial, le "Megxit" cache une vérité plus pragmatique : une rupture financière. Découvrez l'architecture complexe des fonds royaux, les montants exacts qui finançaient les Sussex, et pourquoi l'impossibilité d'obtenir l'autonomie au sein de la Couronne a été le véritable point de non-retour.

On se souvient tous de la déclaration choc face à Oprah Winfrey. Le prince Harry, héritier parmi les plus privilégiés de la planète, affirmait avoir été "littéralement coupé financièrement" par sa famille au début de l'année 2020. Une phrase qui a fait couler beaucoup d'encre, mais qui cache une réalité comptable bien plus complexe qu'une simple dispute père-fils.

Pour comprendre ce qui s'est réellement joué en coulisses, il faut plonger dans les livres de comptes de la monarchie. Loin des fantasmes, c'est une équation économique impossible à résoudre qui a, en grande partie, scellé le destin des Sussex hors du Royaume-Uni. Suivez le guide pour décrypter cette architecture financière.

Le paradoxe du prince : coupé des vivres malgré un financement paternel massif

Lorsque le duc de Sussex évoque cette coupure brutale, il omet souvent de préciser d'où venait réellement l'argent. Contrairement à une idée reçue tenace, le train de vie fastueux de Harry et Meghan n'était pas financé par le contribuable britannique, mais par la cassette personnelle de son père.

En effet, avant leur départ, 95 % des revenus du couple provenaient du Duché de Cornouailles, ce vaste domaine privé géré par le prince Charles (alors héritier du trône). Ce n'était pas de l'argent public.

Faisons les comptes : chaque année, le prince Charles distribuait environ 5 millions de livres sterling (près de 6 millions d'euros) pour couvrir les frais de ses deux fils, William et Harry. La part allouée aux Sussex était estimée à environ 2 millions d'euros par an. C'est ce robinet privé, et non public, qui a été fermé, plaçant le couple face à une réalité soudaine : sans le soutien paternel, leur modèle économique s'effondrait.

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L'impasse du "deal" royal : pourquoi ils ne pouvaient pas rester à moitié

Si le père payait presque tout, pourquoi le couple ne pouvait-il pas gagner son propre argent pour compenser ? C'est ici que le piège se referme. Tout se jouait sur les 5 % restants.

  • La Subvention Souveraine (Sovereign Grant) : Ce fonds public, versé par le Trésor, ne couvrait que 5 % des frais de bureau de Harry et Meghan. Une goutte d'eau, mais une goutte d'eau paralysante.
  • La règle d'or : En acceptant le moindre centime d'argent public et en conservant le statut de "membres seniors", il leur était formellement interdit de toucher des revenus commerciaux. Pas de contrats, pas de salaires, pas de partenariats.

L'étau s'est resserré durant l'été 2020. Bien que Clarence House ait confirmé que le prince Charles a versé une "somme substantielle" pour aider à la transition après le Megxit, ce soutien s'est arrêté net quelques mois plus tard. Harry s'est retrouvé sans les revenus du Duché (les fameux 95 %) et sans possibilité de travailler tant qu'il gardait un pied dans l'institution. Pour survivre et payer leur sécurité — financée temporairement par l'héritage de Diana (environ 7 millions de livres) — l'indépendance totale n'était pas un choix, mais une nécessité comptable.

Charles III et le prix de l'indépendance : un nouveau modèle sous tension

La rupture a permis de débloquer la situation. Libérés des contraintes de la Subvention Souveraine, Harry et Meghan ont pu monétiser leur image à des niveaux stratosphériques. Les contrats signés avec Netflix (estimé entre 120 et 150 millions de dollars) et Spotify, ainsi que l'avance pour le livre Le Suppléant, leur ont permis de rembourser les 2,4 millions de livres sterling de travaux de leur résidence de Frogmore Cottage.

Cependant, cette liberté a un coût politique pour le nouveau roi. Charles III fait face à une surveillance accrue des finances royales.

Alors que la Sovereign Grant est maintenue à 86,3 millions de livres pour 2024-2025, une hausse significative est prévue pour l'année suivante, ce qui ne manque pas de faire grincer des dents en période d'inflation. Dans ce contexte, un retour des Sussex au bercail semble financièrement impossible pour la Couronne : le Roi ne pourrait justifier auprès des contribuables la prise en charge des frais de sécurité et de déplacement d'un couple qui a tant décrié le système.

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