Incendie de Crans-Montana : de nouveaux éléments mettent en cause les propriétaires du Constellation

Publié par Suruthi Srikumar
le 28/01/2026
Incendie de Crans-Montana : de nouveaux éléments mettent en cause les propriétaires du Constellation
Istock
Les dernières auditions de Jacques et Jessica Moretti, consultées par Le Figaro, mettent en évidence des contradictions sur leur degré de connaissance des risques liés aux installations et aux pratiques de leur établissement. Des incohérences renforcées par de nouvelles images de l’intérieur du bar.

Le drame reste gravé dans les mémoires par son bilan effroyable. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2026, l'incendie du bar de nuit le Constellation, situé à Crans-Montana, a coûté la vie à 40 personnes et en a blessé 116 autres. Alors que l'instruction se poursuit pour déterminer les responsabilités, les dernières auditions des gérants, Jacques et Jessica Moretti, mettent en lumière des contradictions accablantes qui pourraient alourdir considérablement leur dossier judiciaire.

Des contradictions sur l'origine du sinistre

Au cœur de l'enquête figure la pratique des « envois - bouteilles », ces cortèges festifs où les serveurs traversaient la salle avec des bouteilles surmontées de feux de bengale. C'est l'une de ces étincelles qui a embrasé le plafond.

Devant les procureurs, les propriétaires tentent de minimiser leur implication. Jessica Moretti affirme que son établissement a réalisé entre « 5000 et 10.000 envois » depuis l'ouverture sans incident, rapporte Le Figaro. Elle assure au n'avoir « à aucun moment, pensé ou imaginé que cela pouvait présenter un risque ou un danger ». Pourtant, cette défense de la méconnaissance se heurte aux déclarations de son époux concernant la nature des matériaux installés.

Un test au chalumeau révélateur

La ligne de défense du couple se fissure sur la question de la mousse acoustique. Si Jacques Moretti prétendait ignorer la dangerosité du matériau acheté en 2015, il a fini par admettre avoir réalisé un test de résistance au feu particulièrement parlant. Il confie avoir tenté de brûler un échantillon avec un chalumeau.

Les conséquences du test au chalumeau sur la mousse acoustique sont décrites par le propriétaire lui-même : « Ça avait fait un cratère et après il y avait un peu de flammes sur les côtés. Ensuite j’ai éteint mais il y avait vraiment énormément de fumée », rapporte Le Figaro. Plus troublant encore, un enregistrement audio datant de deux semaines avant le drame capture Jacques Moretti demandant à un employé de retirer une plaque qui se décollait : « Parce que j’ai mis une mousse que je ne connais pas... ».

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Des issues de secours condamnées

Outre l'inflammabilité du plafond, la gestion de l'évacuation est pointée du doigt. Face aux accusations concernant les issues de secours bloquées au Constellation à Crans-Montana, la stratégie des époux semble consister à rejeter la faute sur des tiers. Ils suggèrent d'abord que Cyane, une serveuse décédée dans l'incendie, prenait seule l'initiative des spectacles pyrotechniques.

Concernant les sorties, une photo de vidéosurveillance accable la gestion des lieux : on y voit une chaise haute bloquant l'accès à une porte du sous-sol quelques minutes avant le drame. Jacques Moretti avance une hypothèse fragile citée par le quotidien : « Je pense que c’est un client qui l’a mise là pendant la soirée... ».

Vers une peine de prison doublée ?

Ces éléments changent la donne juridique. La justice cherche à établir la différence entre homicide par négligence et dol éventuel. Si les preuves démontrent que les propriétaires ont accepté le risque de mort de leurs clients en connaissant les dangers, la qualification pourrait basculer.

Selon une source proche du dossier évoquée par Le Figaro, la peine encourue pour dol éventuel en Suisse est nettement plus sévère : le couple risquerait alors jusqu'à vingt ans de réclusion, contre une peine moindre pour simple négligence

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