Incendie de Crans-Montana : un "arsenal pyrotechnique" découvert dans les décombres

Publié par Matthieu Chauvin
le 22/01/2026
Crans-Montana
Istock
Trois semaines après l'incendie meurtrier du bar Le Constellation, un rapport d'experts dévoilé ce 21 janvier confirme la présence d'un stock massif d'engins pyrotechniques illégaux, relançant l'enquête sur les responsabilités des époux Moretti.

Le dossier prend une tournure judiciaire critique ce mercredi 21 janvier 2026. Alors que les familles pleurent encore leurs proches, les conclusions de la police scientifique de Zurich et de l’Institut médico-légal viennent de tomber, mettant en lumière des négligences graves concernant le stockage de matériel dangereux au cœur de la station valaisanne. L'information a été révélée le mercredi 21 janvier par le journal suisse Blick.

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Un véritable arsenal stocké dans le bar

L'inspection minutieuse des décombres du bar "Le Constellation" a permis une découverte glaçante. Les enquêteurs ont mis la main sur ce qu'ils décrivent comme un "véritable arsenal de fontaines pyrotechniques." Outre les résidus des 17 feux de Bengale consumés le soir du drame, c'est une réserve intacte qui effraie les autorités : une centaine d'unités encore emballées ont été exhumées, ainsi qu'une sacoche contenant des tubes spécifiques.

Ce stockage massif éclaire d'un jour nouveau l'incendie du 1er janvier, expliquant la violence inouïe de la propagation des flammes. Le rapport d'experts sur est formel : la quantité de matériel stocké sur place dépassait tout usage rationnel pour une simple soirée festive, transformant l'arrière-boutique en poudrière potentielle.

Du matériel italien strictement prohibé

L'analyse technique des débris a permis de tracer l'origine précise des produits incriminés. Il s'agit de fontaines pyrotechniques interdites importées d'Italie, ne disposant pas du numéro d'identification-CH requis pour être commercialisées légalement sur le sol helvétique. En effet, la loi fédérale sur les substances explosibles (LExpl) est stricte : tout matériel pyrotechnique interdit en Suisse l'est généralement en raison de son instabilité ou de sa puissance inadaptée au grand public.

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Selon les informations rapportées par Blick, ces engins, souvent des pétards ou des tubes détonant au sol, sont proscrits par Fedpol (Office fédéral de la police) car ils présentent un danger incontrôlable. Dans l'espace confiné du bar, ces artifices ont agi comme un déclencheur fatal au contact de la mousse acoustique en polyuréthane du plafond, provoquant un embrasement généralisé éclair qui n'a laissé aucune chance aux occupants.

Vers une requalification des charges

Ces éléments accablants alourdissent considérablement le dossier du couple Jacques et Jessica Moretti, respectivement gérante et associé du Constellation. Les charges retenues pourraient évoluer d'une simple accusation d'homicide par négligence vers une mise en danger délibérée de la vie d'autrui, compte tenu de la violation consciente des règles d'importation. La justice devra déterminer si l'ignorance de la loi peut être plaidée face à un tel volume de contrebande.

Cette révélation constitue un nouveau choc pour les familles, notamment celles des victimes françaises de la tragédie, qui exigent désormais que toute la lumière soit faite sur la chaîne de responsabilité. En réaction immédiate, le canton du Valais a d'ores et déjà interdit l'usage de toute pyrotechnie en intérieur dans les établissements publics et renforcé les contrôles de sécurité dans toutes les stations de ski pour éviter qu'un tel drame ne se reproduise.

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