Incendie à Crans-Montana : pourquoi l’identification des victimes s’annonce longue ?
Au lendemain de l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, en Suisse, la station de ski est en deuil ce vendredi 2 janvier. Mais c'est une attente insoutenable qui commence pour les proches des disparus. La station de Crans-Montana, frappée en plein cœur par un incendie dévastateur lors de la nuit du réveillon, compte ses morts. Si le sinistre s'établit à une quarantaine de décès et 115 blessés, mettre un nom sur chaque victime est désormais la priorité absolue des services de l'État.
"La carbonisation rend l'identification visuelle impossible"
La première raison de ce délai annoncé réside dans la violence extrême du sinistre. Comme l'ont confirmé les premiers éléments de l'enquête relayés par la RTS, l'incendie du bar "Le Constellation" a été suivi d'une déflagration brutale et d'un embrasement quasi instantané des locaux. Cette chaleur intense a rendu impossible toute identification visuelle pour la majorité des défunts.
Les équipes médico-légales ne peuvent se permettre aucune erreur et doivent recourir à des méthodes scientifiques de pointe : analyses ADN comparatives, examens des empreintes dentaires ou relevés d'implants médicaux. C'est un travail minutieux, qui doit être mené pour confirmer l'identité de chacun.
"Lorsqu'on a des victimes mortes dans un incendie, c'est un véritable défi médico-légal à cause de l'état des corps touchés par les flammes. La carbonisation rend l'identification visuelle impossible", explique le docteur Emmanuel Margueritte, de l'Institut médico-légal du CHU de Montpellier, dans les colonnes de BFMTV.
Le défi de la coopération internationale
La complexité de la tâche est décuplée par le profil des victimes. La station valaisanne accueillait pour ce Nouvel An 2026 une clientèle très cosmopolite. Parmi les disparus figurent de nombreux ressortissants étrangers, notamment des Français et des Italiens. L'identification des victimes de Crans-Montana nécessite donc une étroite collaboration transfrontalière.
Les enquêteurs suisses doivent contacter les autorités des pays d'origine pour obtenir des dossiers médicaux ante-mortem ou des prélèvements ADN auprès des familles restées à l'étranger. Cette lourdeur administrative explique pourquoi, à ce jour, seule une victime, un jeune golfeur italien de 16 ans, a pu être formellement identifiée. Face à cette épreuve, une help-line et un soutien psychologique ont été activés pour les familles, comme le rapporte Libération.
La piste accidentelle de l'incendie
Parallèlement au travail des légistes, la chaîne de secours reste sous haute tension. La gravité des blessures a imposé une logistique hors norme pour assurer le transfert des grands brûlés après le drame en Suisse vers des centres spécialisés, mobilisant 10 hélicoptères et 40 ambulances vers les hôpitaux suisses et européens.
Sur le plan judiciaire, la procureure générale Béatrice Pilloud a confirmé l'ouverture d'une instruction, écartant la piste terroriste pour se concentrer sur l'origine accidentelle de l'incendie du Nouvel An en Suisse.