Incendie de Crans-Montana : une commune rembourse les dons de cheveux destinés aux perruques pour grands brûlés
Le 1er janvier dernier, l'incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, en Suisse, a brisé des dizaines de destins. Le bilan est lourd : 41 vies fauchées et plus d'une centaine de blessés, dont beaucoup luttent aujourd'hui avec des brûlures couvrant leur corps. Alors que le traumatisme dépasse les frontières, la petite commune de L'Hôpital, en Moselle, a orchestré une chaîne de solidarité pour aider les survivants à se reconstruire.
La commune rembourse les coupes pour les victimes de Crans-Montana
La municipalité de L’Hôpital, localité d'environ 5 000 âmes, s'est associée officiellement à la corporation des coiffeurs pour lancer ce dispositif unique. Le principe est simple : la ville s'engage à rembourser la prestation de coupe à « toute personne faisant don d’au moins 25 centimètres de cheveux ». Pour bénéficier de ce remboursement, fixé à une limite de « 50 euros par coupe », les habitants doivent se présenter directement en mairie avec leur justificatif.
Cette opération, décrite comme une « initiative commune entre la municipalité et la corporation de coiffeurs », a été adoptée par l'ensemble des salons de la ville et doit se poursuivre « jusqu’en avril ». Les précieuses mèches collectées ne sont pas perdues : elles sont ensuite « orientés vers deux associations spécialisées » qui se chargeront de les traiter pour confectionner des perruques de qualité.
« Nous voulons montrer qu'elles ne sont pas seules » : l'engagement émotionnel des Mosellans
Angélique Burgio, gérante d’un salon de coiffure au centre de la ville, explique ce moteur émotionnel au journal Le Parisien : « Nous avons, près de chez nous, Coline, une jeune femme qui a subi les flammes de la discothèque en Suisse ». C'est pour elle, et pour toutes ces jeunesses brisées, que la ville se lève.
« À elle comme aux autres jeunes victimes de l’incendie, nous voulons montrer qu’elles ne sont pas seules », ajoute la professionnelle. La coiffeuse justifie cet élan par une empathie poignante envers les victimes : « Moi aussi, j’ai eu 18 ans, et si j’avais eu le visage brûlé ou que ma chevelure avait disparu dans les flammes, je serais heureuse de voir autour de moi cette expression collective ». Elle assure d'ailleurs que cette générosité est universelle : « Si on nous avait demandé de montrer notre solidarité envers les malades atteints du cancer, nous l’aurions fait aussi ! ».
L'importance des perruques pour les jeunes victimes
Le bilan humain de la nuit du Nouvel An reste terrifiant : 41 âmes se sont envolées et « plus d’une centaine de personnes » ont été blessées. La majorité des victimes sont des « adolescents et jeunes adultes », dont une « grande partie » souffre de brûlures sur plus de 60% du corps, entrant dans la catégorie médicale des grands brûlés. Pour ces survivants, le chemin de la reconstruction est immense.
Ils doivent affronter le « deuil de son ancien corps » et une brutale « modification de l’apparence ». Comme les cheveux sur les zones touchées ne « repousseront jamais », le port d'une perruque devient une étape indispensable pour l'acceptation de soi.
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