Incendie de Crans-Montana : une coiffeuse iséroise se mobilise pour les grands brûlés
Depuis quelques jours, les habitants de l'agglomération grenobloise se pressent dans un salon de coiffure pas comme les autres. Stéphanie Carrascosa, installée à Seyssins (salon L’instant coiffure by Stéphanie), a décidé de transformer son activité en levier humanitaire face à l'horreur survenue en Suisse. Le concept est simple mais puissant : elle propose une coupe gratuite contre un don de cheveux, invitant sa clientèle à les céder pour la bonne cause. L'initiative rencontre un succès immédiat, dépassant toutes les attentes de l'artisane.
"Finalement, j'ai été agréablement surprise du nombre de clientes qui ont répondu à l'appel !", confie-t-elle au Parisien qui lui a rendu visite. Ce geste citoyen intervient dans un contexte dramatique, marqué par l'incendie du bar "Le Constellation" à Crans Montana le 1er janvier 2026. Le bilan de cette catastrophe est effroyable, avec 40 morts et pas moins de 116 blessés selon le dernier bilan, dont une grande majorité de jeunes gravement touchés. "Avant d’être coiffeuse, je suis une maman, et je n’ose pas imaginer l’épreuve que traversent ces enfants" confie-t-elle à nos confrères.
Un besoin crucial de perruques naturelles
Pour les survivants, le chemin de la reconstruction physique et psychologique sera long, notamment pour ceux souffrant de brûlures au visage et au cuir chevelu. L'apparence devient un enjeu de dignité, et c'est là que l'aide aux jeunes victimes prend tout son sens. Si les soins médicaux sont prioritaires, la question esthétique est vitale pour se réinsérer socialement. Or, le coût d'une perruque naturelle après brûlures représente une barrière financière souvent infranchissable pour les familles déjà éprouvées.
En Suisse, le prix d'une prothèse capillaire en cheveux véritables de qualité avoisine les 2 190 francs suisses (environ 2 350 euros). Bien que l'assurance invalidité (AI) ou l'AVS participent aux frais, leur prise en charge plafonne généralement entre 1 000 et 1 500 francs. Le reste à charge pour les familles est donc conséquent, d'où l'importance de fournir la matière première pour réduire la facture finale de chaque perruque médicale non remboursée pour les grands brûlés.
Une logistique transfrontalière rigoureuse
Cette mobilisation ne s'improvise pas. Les mèches récoltées ne sont pas simplement stockées, elles sont destinées à être acheminées vers des consœurs suisses et des associations spécialisées dans la confection de prothèses. Ces structures disposent du savoir-faire nécessaire pour transformer les dons bruts en chevelures de remplacement indétectables, et confortables pour les peaux fragilisées.
Pour que le geste soit utile, les donneurs doivent toutefois respecter certaines règles. Il est impératif d'atteindre une longueur minimale fixée à 20 centimètres pour cette opération. Les cheveux doivent être propres, secs et soigneusement attachés avant la coupe pour garantir leur exploitabilité. Grâce à cet élan de générosité local, c'est une part de dignité qui est rendue aux survivants de l'autre côté de la frontière.