Incendie de Crans-Montana : chaque victime va recevoir plus de 10 000 euros d'aide d'urgence

Publié par Matthieu Chauvin
le 15/01/2026
Malade lit d'hôpital
Istock
Suite à l'incendie du bar Le Constellation, qui a fait 40 morts et 116 blessés, le canton du Valais a débloqué une aide d'urgence de 10 000 francs suisses, soit plus de 10 000 euros, pour chaque victime. Cette somme vient en compléments des frais pris en charge par les assurances, car les familles doivent faire face à d'autres dépenses imprévues.

Cette annonce intervient alors que l'assureur principal a déjà prévenu de l'insuffisance probable des polices standards pour couvrir l'intégralité des dommages corporels et matériels du drame survenu au Nouvel An. Dans le canton suisse du Valais, la Loi sur l'aide aux victimes (LAVI) et l'engagement du Conseil fédéral tentent de garantir une indemnisation complète pour toutes les personnes touchées.

Une aide forfaitaire immédiate pour les 156 victimes

Face à l'urgence de la situation, les autorités valaisannes ont décidé d'agir vite pour soutenir financièrement les rescapés et les familles endeuillées. Le Conseil d'État local a décidé d'octroyer une somme forfaitaire de 10 000 francs suisses (environ 10 740 euros) pour chacune des victimes identifiées. Cette mesure exceptionnelle concerne 156 victimes personnes, 40 morts et 116 blessés, issues de 19 pays différents.

Cette aide d'urgence  est distribuée via les Centres LAVI, chargés d'accompagner les personnes touchées par des infractions en général. En parallèle de ce fonds public, un élan de solidarité s'organise. Un compte dédié aux dons a été ouvert pour recueillir la générosité du public, et une fondation indépendante sera créée pour gérer la distribution équitable de ces fonds privés, comme le rapporte Le Figaro.

Des contrats d'assurance insuffisants ?

Si l'aide d'urgence permet de parer au plus pressé, l'inquiétude grandit quant à l'indemnisation à long terme. AXA Suisse, assureur de la ville et de l'établissement, a alerté sur le fait que les contrats classiques risquent d'être trop justes "pour couvrir l’intégralité des pertes financières subies par les victimes survivantes et leurs proches" rapporte Libération. Les plafonds contractuels ne sont pas calibrés pour une catastrophe de masse.

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Selon les estimations relayées par L'Argus de l'assurance, l'enveloppe globale pourrait plafonner à un maximum de 40 millions de francs suisses, cumulant les couvertures du bar et de la commune. C'est ici que le dispositif public prend le relais, bien qu'il ait ses propres limites. Le plafond d'indemnisation par la LAVI après une catastrophe reste contraint par la loi : depuis le 1er janvier 2025, la réparation du "tort moral" est plafonnée à 76 000 francs suisses pour une victime directe et à 38 000 francs suisses pour les proches, rappelle le site de l'administration fédérale.

L'engagement de la Confédération et le cas français

Pour éviter que des victimes ne se retrouvent sans ressources une fois les plafonds d'assurance atteints, l'État a promis de monter au créneau. Face à ce risque, l'intervention du Conseil fédéral se précise : le gouvernement analyse actuellement les éventuelles lacunes du système et rendra ses conclusions fin février.

"Aucune personne ne doit passer à travers les mailles du filet des aides disponibles", ont assuré les autorités, se disant prêtes à solliciter le Parlement pour débloquer des moyens financiers supplémentaires si nécessaire. Pour les victimes françaises, le Fonds de Garantie (FGTI), rappelle Le Parisien, jouera également un rôle crucial. Ce mécanisme national interviendra pour compléter les indemnisations et assurer une réparation intégrale des préjudices, y compris la "perte de chance" professionnelle pour les plus jeunes.

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