Crans-Montana : l’assureur Axa admet que ses indemnités ne couvriront pas tous les dégâts

Publié par Suruthi Srikumar
le 13/01/2026
Crans-Montana : l’assureur Axa admet que ses indemnités ne couvriront pas tous les dégâts
Istock
Le géant AXA, assureur de la commune et du bar impliqués dans le drame de Crans-Montana, a confirmé que ses indemnités sont « loin d'être suffisantes » face à l'ampleur de la catastrophe.

L'annonce est tombée comme un couperet pour les familles endeuillées. La compagnie d'assurance AXA, qui assure à la fois la responsabilité civile de la municipalité suisse et celle du bar Le Constellation, a indiqué que les plafonds des contrats souscrits sont « loin d’être suffisantes pour couvrir tous les dommages financiers », rapporte Libération. Avec un bilan humain extrêmement lourd de 40 morts et 119 blessés, l'ampleur du sinistre dépasse largement les prévisions habituelles des polices d'assurance locales.

Bien que ces contrats soient conformes aux usages du secteur, la couverture assurance standard et ses limites se révèlent dramatiquement basses face à un événement d'une telle ampleur. Si les soins médicaux urgents des résidents suisses sont pris en charge par leurs assurances sociales (maladie et accidents), la question reste entière pour les victimes étrangères et pour l'ensemble des dommages immatériels, comme les pertes de revenus futures ou le préjudice moral. C'est ici que le bât blesse : une assurance responsabilité civile insuffisante face à une catastrophe de cette ampleur ne peut, seule, éponger des dizaines de millions de francs de réparations.

Une table ronde nationale pour éviter l'impasse financière

Face à ce constat, l'assureur tente de prendre les devants. Plutôt que d'attendre des années de procédures judiciaires pour débloquer des fonds qui resteront de toute façon limités, AXA propose la création d'une structure de dialogue immédiate. L'objectif est d'organiser une table ronde sur l'indemnisation de Crans-Montana avec la Confédération, réunissant les pouvoirs publics, les représentants des victimes et les différents assureurs impliqués.

«Sous l’égide du gouvernement fédéral» suisse, l’idée de l’assureur serait de mettre à contribution «toutes les parties prenantes – notamment les représentants des victimes et les autorités publiques, ainsi que les assureurs responsabilité civile […] concernés», rapporte Libération. L'idée est de contourner la rigidité des plafonds contractuels en sollicitant la solidarité nationale. Le rôle de la Confédération suisse dans l'aide aux victimes devient alors central : l'État pourrait être amené à piloter ce dispositif exceptionnel, voire à abonder un fonds spécial pour garantir qu'aucune famille, suisse ou étrangère, ne soit lésée financièrement après avoir perdu un proche.

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L'enquête pénale déterminera les responsables finaux

Si l'urgence est à l'indemnisation, la justice suit son cours pour désigner les coupables. L'instruction se concentre actuellement sur les gérants de l'établissement pour homicide et lésions corporelles par négligence. Les enquêteurs examinent notamment l'utilisation de feux d'artifice à l'intérieur et la conformité des matériaux, comme la mousse acoustique du plafond, qui aurait accéléré la propagation des flammes.

L'aboutissement de cette procédure pénale sera crucial pour l'indemnisation des victimes du drame de Crans-Montana. En effet, la responsabilité civile ne peut être pleinement activée qu'une fois les fautes établies. 

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