Sinistrés de la tempête Pedro : les nouveaux délais pour déclarer vos dégâts

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 20/02/2026
assirance inondation
Istock
La tempête Pedro a laissé derrière elle des records de précipitations et des milliers de foyers sinistrés. Entre l'urgence du nettoyage et la complexité des contrats, les erreurs de procédure peuvent coûter cher. Découvrez les nouveaux délais légaux et les réflexes indispensables pour garantir votre indemnisation sans fausse note.

Les images de février 2026 resteront gravées dans les mémoires. Avec le passage de la tempête Pedro, des milliers de Français se sont réveillés les pieds dans l'eau, contraints d'observer impuissants la montée des crues. Passé le choc, c'est une tout autre épreuve qui débute : le parcours du combattant administratif.

Face à l'ampleur des dégâts, la panique est mauvaise conseillère. Si l'envie de tout nettoyer immédiatement est légitime, agir trop vite peut compromettre votre dossier. Voici la marche à suivre pour naviguer entre les clauses de votre contrat et obtenir réparation.

Le choc de la vigilance rouge : quand l'eau dépasse tous les records

La situation est hors norme. En plaçant la Gironde, le Maine-et-Loire, la Charente-Maritime, le Lot-et-Garonne et la Loire-Atlantique en vigilance rouge, Météo France a confirmé le caractère historique de cet événement. À Bordeaux comme à Angers, l'activation du Plan Communal de Sauvegarde (PCS) n'a pas suffi à endiguer des eaux dépassant parfois les niveaux de 1999.

Votre premier devoir est d'éviter le sur-accident. Selon l'article L. 113-17 du Code des assurances, vous devez prendre « toutes les mesures nécessaires pour limiter les conséquences du sinistre ». Cela implique le pompage d'urgence, la mise hors d'eau des objets rescapés ou le bâchage d'une toiture.

Attention toutefois au piège de la précipitation. Ne jetez jamais vos meubles gorgés d'eau ou vos appareils détruits avant le passage de l'expert. Si ces objets disparaissent, votre assureur pourra contester leur valeur, voire leur existence.

Le décryptage juridique : 30 jours pour déclarer, une révolution pour les sinistrés

Longtemps contraints par un délai intenable de 10 jours, les sinistrés bénéficient désormais d'une respiration bienvenue grâce à la Loi Baudu. Pour les inondations et coulées de boue, vous disposez de 30 jours ouvrés pour déclarer le sinistre à compter de la publication de l'arrêté interministériel de catastrophe naturelle au Journal Officiel.

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Soyez vigilants sur l'origine des dégâts :

  • Le vent : Une toiture envolée relève de la garantie "Tempête" classique. Le délai reste de 5 jours.
  • L'eau : L'inondation relève du régime "CatNat" (Catastrophe Naturelle) avec le délai étendu de 30 jours.

Cette réforme renforce vos droits. Votre assureur a l'obligation de vous communiquer le rapport d'expertise et dispose d'un mois pour vous proposer une indemnisation une fois le dossier complet. Si vous acceptez la proposition, le versement doit intervenir sous 21 jours.

Résolution : constituer un dossier "en béton" et éviter les pièges contractuels

Pour être indemnisé à la hauteur de votre préjudice, vous devez fournir un véritable arsenal de preuves. Photographiez vos pièces sous tous les angles, réalisez des vidéos montrant le niveau de l'eau et rassemblez les factures d'origine. Comme le rappelle Georisques.gouv.fr : « Ne jetez pas vos biens endommagés ! Ils seront examinés par un expert mandaté par votre assureur ».

Gardez un œil sur les zones d'ombre de votre contrat. La garantie Catastrophe Naturelle couvre les biens assurés, mais exclut souvent :

  • Les clôtures et murs d'enceinte.
  • Les plantations et jardins.
  • Les dépendances non déclarées.

Enfin, un point de vigilance s'impose pour votre véhicule. Si votre voiture a été noyée, sachez que la garantie « au tiers » ne vous indemnisera pas, même avec un arrêté de catastrophe naturelle. Seules les formules « Tous risques » ou « Tiers étendu » incluant les événements climatiques vous protègent.

Bon à savoir : franchise et nettoyage

Sachez que la franchise légale reste fixée à 380 € pour les habitations. Vous pouvez entamer le nettoyage vous-même, mais conservez précieusement les factures de location de matériel (déshumidificateurs, pompes). Quant aux frais de relogement d'urgence, ils sont désormais inclus dans les contrats multirisques habitation depuis la réforme de 2023.

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