Banques : les frais de tenue de compte en hausse de 5,9 % en 2026

Publié par Sarah Martin
le 16/02/2026
Banques : les frais de tenue de compte en hausse de 5,9 % en 2026
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Comme annoncé, les frais de tenue de compte ont bien progressé en 2026. Dans son étude annuelle des tarifs bancaires, le comparateur Panorabanques constate une hausse moyenne de 5,9 %.

Alors que le coût de la vie continue de peser sur le budget des ménages, une nouvelle ligne de dépenses s'apprête à s'alourdir pour les clients des banques françaises. Selon une étude récente, la tarification des services bancaires de base va connaître une inflation marquée l'année prochaine. Cette augmentation touche une majorité d'établissements et relance le débat sur la justification de ces prélèvements pour des usagers de plus en plus autonomes.

Une facture moyenne alourdie dès janvier

L'année 2026 s'annonce coûteuse pour les usagers bancaires. L'étude annuelle du comparateur Panorabanques, qui a passé au crible les brochures tarifaires de 99 établissements français, met en lumière une accélération des frais de tenue de compte. Ces frais, prélevés pour la simple gestion administrative du compte, augmentent en moyenne de 5,9 % pour l'année à venir.

Pour le client, l'impact est immédiat : le montant annuel moyen passe de 22,10 euros à 23,40 euros. Si cette hausse semble généralisée, elle cache de fortes disparités selon les enseignes. Certains établissements affichent des tarifs bien supérieurs à cette moyenne nationale. C'est le cas du Crédit Mutuel de Bretagne, où la facture peut grimper jusqu'à 35,88 euros par an, ou encore de BNP Paribas qui facture ce service à 31,20 euros. Ces variations soulignent l'importance de surveiller sa grille tarifaire, car tous les clients ne sont pas logés à la même enseigne face à cette inflation sectorielle.

Des frais administratifs jugés incohérents

Cette tarification est un phénomène relativement récent dans l'histoire bancaire. Quasi inexistants il y a encore quinze ans, ces frais se sont généralisés au début des années 2010 dans la quasi-totalité des réseaux. Officiellement, les banques justifient ces montants par le "prix du service de gestion administrative et technique d'un compte bancaire".

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La réalité économique est plus pragmatique : pour les établissements physiques, ces revenus sont nécessaires pour compenser les coûts fixes élevés liés au maintien d'un réseau d'agences et à la maintenance des distributeurs automatiques de billets. Comme l'explique Anna Meylacq, porte-parole de Panorabanques, « Il ne faut pas oublier qu'elles ont des agences physiques ainsi que des distributeurs à gérer. Cela leur coûte de l'argent, elles ne peuvent pas ne rien facturer comme les banques en ligne ».

Cependant, cette logique passe mal auprès des usagers. Les clients réalisent désormais la grande majorité de leurs opérations courantes eux-mêmes via les applications mobiles. Pour la porte-parole de Panorabanques, ce décalage rend le coût du service "incohérent". Du côté des associations de consommateurs, on pointe une stratégie de rentabilité pure. La remontée des taux d'intérêt post-2022 ayant restauré les marges sur le crédit, l'argument de la compensation financière ne tient plus, laissant place à une volonté de sécuriser des revenus récurrents.

Les solutions pour contourner la flambée des tarifs

Certaines évolutions tarifaires sont particulièrement spectaculaires. L'exemple de La Banque Postale est un cas d'école cité par l'étude : l'établissement enregistre une augmentation de 90 % en six ans. Les frais de tenue de compte y sont passés de 13,20 euros en 2020 à 25,20 euros prévus pour 2026.

Face à ces montants, la solution la plus radicale reste le changement d'établissement. Les banques en ligne comme Boursobank, Fortuneo ou Hello bank! continuent de ne facturer aucuns frais de tenue de compte, fidèles à leur modèle sans agence. Il existe toutefois des exceptions dans le réseau physique : le Crédit Coopératif et certaines caisses régionales du Crédit Agricole maintiennent la gratuité sur ce poste spécifique.

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