Crans-Montana : un salarié contredit la version du couple Moretti concernant la porte de service
C'est un tournant potentiel dans l'instruction de l'une des plus graves catastrophes qu'a connue la Suisse. Alors que l'enquête tente de déterminer les responsabilités exactes dans l'incendie du bar Le Constellation, survenu le 1er janvier 2026, une contradiction majeure vient fragiliser la défense des propriétaires. Jacques et Jessica Moretti, mis en examen, avaient pointé du doigt un de leurs employés concernant la fermeture de l'issue de secours.
Ce salarié, prénommé Baptiste, est sorti du silence pour livrer sa propre version des faits. Loin de corroborer les accusations de ses patrons, il affirme n'avoir joué aucun rôle dans le verrouillage de cette porte, piégeant mortellement les victimes.
Le démenti formel du salarié accusé
Le drame, qui a coûté la vie à 40 personnes et fait 116 blessés, a été provoqué par des feux de Bengale embrasant la mousse acoustique du plafond. Mais c'est l'impossibilité de fuir par le rez-de-chaussée qui a transformé l'accident en piège mortel. Selon des informations relayées par la presse suisse, le cuisinier contredit la version des Moretti sur l'incendie du Constellation.
Il explique qu'il n'était pas officiellement en service cette nuit-là, mais présent uniquement pour apporter un « coup de main » logistique, notamment pour livrer de la glace. Sa déclaration est sans appel : « Je n'ai donc pas fermé une porte déjà fermée », a-t-il assuré, précisant avoir quitté les lieux peu avant le début du sinistre. Cette version des faits de l'employé du bar Constellation remet directement en cause la parole de Jacques Moretti, qui avait affirmé aux enquêteurs que le loquet avait été actionné par son personnel « peu après 1 heure du matin ».
L'enjeu crucial de la porte condamnée
Jacques Moretti a reconnu devant les procureures que la porte de secours verrouillée du bar de Crans-Montana était effectivement close, empêchant l'évacuation. Cependant, la stratégie de défense des propriétaires semble consister à rejeter la faute sur leurs subordonnés. Outre Baptiste, le couple a également tenté de reporter la responsabilité de la sécurité sur d'autres employés, dont une serveuse et un agent de sécurité, tous deux décédés dans les flammes.
Si la justice venait à prouver que les propriétaires savaient que cette porte était condamnée, ou qu'ils en avaient donné l'ordre, la qualification des faits pourrait s'alourdir considérablement. Actuellement prévenus d'homicide par négligence, ils pourraient voir le dossier évoluer.
Les suites judiciaires pour établir la vérité
Les enquêteurs valaisans doivent désormais démêler le vrai du faux entre ces déclarations opposées. L'analyse technique des serrures et la chronologie exacte des mouvements de personnel seront déterminantes pour analyser les conséquences contradictoires sur l'enquête du Constellation. La police scientifique devra établir si le verrouillage était une habitude de l'établissement ou un acte isolé.
Parallèlement, l'avocat des familles de victimes, Me Sébastien Fanti, a transmis un dossier volumineux à la justice, visant à démontrer les manquements systémiques des gérants. Au-delà de la porte, l'utilisation de matériaux inflammables pour l'isolation phonique reste un élément à charge accablant.