Drame de Crans-Montana : le fils adoptif des Moretti à l'origine de la porte fermée à clé ?

Publié par Matthieu Chauvin
le 16/03/2026
Mémorial Crans-Montana
abacapress
© IPA/ABACA
L'enquête sur l'incendie meurtrier du bar Le Constellation à Crans-Montana s'accélère encor avec le dépôt d'une plainte pénale contre le fils adoptif du couple Moretti, soupçonné d'avoir verrouillé une porte de service le soir du drame.

La nuit de la Saint-Sylvestre s'était achevée dans l'horreur dans la célèbre station valaisanne, laissant un bilan lourd et définitif de 41 personnes décédées, principalement des adolescents. Ce drame épouvantable, déclenché initialement par des fontaines pyrotechniques fixées sur des bouteilles de champagne, a embrasé l'ensemble de l'établissement en quelques secondes à cause d'un isolant phonique en polyuréthane hautement inflammable. Les investigations prennent aujourd'hui un tournant particulièrement sensible, concentrant toute l'attention des enquêteurs sur le blocage des voies de sortie.

Une nouvelle plainte pénale contre le fils adoptif

L'affaire connaît un rebondissement judiciaire inattendu avec le dépôt d'une plainte pénale à la mi-mars 2026, rapport le quotidien suisse Blick. Celle-ci vise directement le fils adoptif de Jacques Moretti, copropriétaire de l'établissement nocturne. L'enquête a basculé lorsque de récents témoignages sont venus contredire les premières déclarations des gérants concernant la gestion des flux et des issues de secours au moment de la catastrophe. 

Le point central de l'investigation se concentre désormais sur le rôle précis du jeune homme dans le verrouillage d'une porte de service, située à l'arrière du bar. C'est précisément devant cet accès clos que les pompiers ont retrouvé de nombreuses victimes piégées, soulevant une interrogation troublante : le fils adoptif homme agissait-il sous les ordres directs des propriétaires ou cette porte aurait-elle dû être formellement identifiée comme issue de secours ?

Le mystère de la porte de service verrouillée

Les responsabilités autour de cette issue bloquée s'affrontent. Selon la version des propriétaires, l'employé présenté comme leur fils adoptif aurait condamné la porte par une simple erreur d'inattention. "Jérémie aurait amené des glaçons au Constellation et, sans comprendre pourquoi, a fermé le loquet qu'il y avait en haut de la porte. Je l'ai su quelques jours après le drame", expliquait Jacques Moretti auprès de Femme Actuelle fin janvier 2026.

Vous avez aimé cet article ?

Cette défense se heurte pourtant à un témoignage accablant. Un agent d'accueil recruté pour la soirée assure avoir reçu des consignes strictes pour rentabiliser l'événement. Son avocat, Me Barth, déclarait sur TV5Monde mi-février que "Madame Moretti a demandé de limiter l'accès à la seule entrée principale du Constellation et non d'autres accès afin d'éviter que des personnes rentrent par des entrées prohibées." La propagation foudroyante des flammes a instantanément transformé cette restriction d'accès en véritable piège mortel.

Des conséquences judiciaires et politiques majeures

Suite à ces révélations, le fils adoptif rejoint officiellement la liste des prévenus, déjà mis en cause par la justice suisse pour "homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence". L'onde de choc dépasse largement le cadre purement pénal pour secouer les instances locales. Le président de la commune de Crans-Montana, Nicolas Féraud, a été contraint de se récuser de plusieurs dossiers administratifs liés à l'incendie, rapporte Blick mi-mars. 

Ce sinistre soulève par ailleurs d'immenses défis concernant les indemnisations prévues pour les dizaines de blessés et les familles endeuillées. Pour le grand public, cette catastrophe annonce une probable révision des normes anti-incendie en Suisse et en Europe, appelant une jurisprudence beaucoup plus stricte sur l'utilisation des mousses d'isolation phonique dans les lieux festifs fermés.

Google News Voir les commentaires