Crans-Montana : les choix économiques des Moretti au cœur de la catastrophe ?

Publié par Matthieu Chauvin
le 21/01/2026
Lac Crans-Montana
Istock
L'enquête sur le drame du Constellation pointe la responsabilité de Jacques Moretti, mis en examen pour homicide par négligence, dont les choix économiques douteux et les aménagements artisanaux sont au cœur de la catastrophe. Le point sur les investigations.

Ce mardi, l'émotion reste vive en Suisse et en France après le drame survenu lors du réveillon. L'incendie, provoqué par des feux de Bngale, a ravagé l'établissement, piégeant des dizaines de clients au sous-sol. Au cœur des investigations, la gestion de l'établissement soulève de lourdes questions sur la sécurité incendie dans cet établissement recevant du public en Suisse, alors que les premiers éléments de l'enquête dessinent le portrait de l'ex-gérant, adepte du système D.

L'instruction pénale : des chefs d'accusation lourds

Le bilan est effroyable : 40 morts et 116 blessés. La justice a rapidement réagi en plaçant Jacques Moretti en détention provisoire. Les chefs d'accusation retenus sont accablants : homicide, lésions corporelles et incendie par négligence. Si son statut officiel a évolué en 2024, le faisant passer de gérant à simple associé, cela n'atténue pas sa responsabilité pénale aux yeux des enquêteurs.

Jacques Moretti, qui gérait officieusement donc, le Constellation, doit désormais s'expliquer sur des choix qui semblent avoir précipité le drame. Cette procédure pénale vise à comprendre comment une soirée festive a pu virer au cauchemar absolu. Les enquêteurs s'intéressent particulièrement à la chaîne de décision qui a permis l'utilisation de feux d'artifice dans un espace clos et mal ventilé.

Une mousse isolante posée sans expertise

Le point central de l'enquête concerne le plafond du sous-sol. Il apparaît que Jacques Moretti aurait installé lui-même, il y a une dizaine d'années, une mousse insonorisante inflammable dans ce bar et discothèque. Ce matériau, potentiellement classé M4 (facilement inflammable), s'est embrasé en quelques secondes au contact des étincelles des cierges magiques, provoquant un phénomène d'embrasement généralisé éclair.

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La défense assure que "tout s'est fait dans les normes" et que l'établissement avait été contrôlé. Pourtant, la réalité administrative est tout autre. La municipalité de Crans-Montana a reconnu une faille majeure : "Les contrôles périodiques n'ont pas été effectués de 2020 à 2025. Nous le regrettons amèrement", a déclaré Nicolas Féraud, président de la commune, selon Blick.

Des issues de secours transformées en pièges

La configuration des lieux a transformé la fête en piège, expliquant le nombre tragique de décès dans l'escalier du Constellation : 34 des 40 victimes ont été retrouvées dans ce goulet d'étranglement, incapables de remonter vers le rez-de-chausée. Des témoignages accablants pointent une gestion "axée sur l'argent" au détriment de la sécurité élémentaire.

Un ancien employé raconte avoir interrogé par le passé Jacques Moretti sur une porte spécifique : "Cette issue de secours, elle pourrait servir. Il a répondu 'non, pour le moment, elle est condamnée'", rapporte la Charente Libre. Pire encore, le personnel n'aurait reçu aucune formation de sécurité ni briefing sur l'évacuation. Ces éléments mettent en lumière les terribles conséquences des négligences au sein du bar Le Constellation, où l'économie de bouts de chandelle et le "bricolage" maison semblent avoir primé sur la protection de la vie humaine.

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