« Je ne pense pas pouvoir revivre normalement » : Rose, 18 ans, gravement brûlée à Crans-Montana, témoigne
Trente jours après le terrible sinistre qui a ravagé un établissement de nuit en Suisse, l'émotion reste intacte et la colère monte. Alors que les familles tentent de surmonter le choc, l'instruction judiciaire connaît un tournant majeur avec la mise en cause de responsables administratifs. Voici ce qu'il faut retenir des dernières révélations sur cette tragédie qui continue de hanter les esprits.
"Ils m'ont pris de la peau de la cuisse droite et ils en ont mis sur mes mains"
Le drame du Nouvel An continue de faire des victimes. Un mois après l'incendie du bar Constellation, la douleur demeure particulièrement vive chez les proches. Le bilan s'est récemment alourdi avec l'annonce du décès d'un blessé, portant le nombre total de morts à 41. Les secours ont également dénombré entre 115 et 116 blessés, dont certains luttent encore pour se reconstruire physiquement.
C'est le cas de Rose, une étudiante de 18 ans qui travaillait comme créatrice de contenu pour l'établissement. Hospitalisée au centre des grands brûlés de Liège en Belgique, la jeune femme a été gravement touchée au visage et aux mains. Elle a dû subir plusieurs interventions lourdes. Au micro de TF1, elle explique le processus chirurgical complexe : « Ils m'ont pris de la peau de la cuisse droite et ils en ont mis sur mes mains ». Si sa sortie de l'hôpital est imminente, sa convalescence est loin d'être terminée, avec des bandages à changer « tous les deux jours ».
"Je ne pense pas que je pourrai vivre normalement après "
Au-delà des séquelles physiques, le traumatisme psychologique reste ancré dans le quotidien des survivants. Rose confie être réveillée chaque nuit par des cauchemars où l'horreur resurgit. « Les scènes reviennent. On réentend les cris des gens, on revoit les brûlés. Des gens étaient évanouis, des gens à qui on faisait des massages cardiaques », raconte-t-elle à TF1. Pour cette rescapée, l'avenir semble assombri par la peur. Elle avoue sur RTL : « Je ne pense pas que je pourrai vivre normalement après », exprimant sa crainte de retourner un jour à Crans-Montana.
Pour les familles endeuillées, le temps s'est arrêté. Christophe, père d'un adolescent de 17 ans décédé dans les flammes, témoigne de cette impossibilité de faire son deuil. La reprise du travail semble inconcevable, tout comme le fait de bouger les objets de son enfant disparu. « J'ai encore son bol de céréales qui est resté où il était, dans sa chambre. Pour l'instant, je n'ai rien envie de toucher », confie-t-il avec émotion.
Des failles de sécurité admises par la commune
Les gérants du bar, Jacques et Jessica Moretti, sont visés depuis le début pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ». Bien que libérés de détention provisoire le 23 janvier, ils restent soumis à des mesures de contraintes strictes.
L'instruction vise désormais également l'administration locale. Deux responsables de la sécurité de la commune sont officiellement inquiétés. Fait marquant rapporté par la presse suisse : la municipalité a reconnu avoir « failli à effectuer des contrôles sécurité et incendie dans le bar depuis 2019 ». Cette absence de contrôle de sécurité au bar de Crans-Montana depuis cinq ans alimente la colère des familles.