Affaire Epstein : 5 millions de dollars et société offshore, les lourds secrets de la famille Lang
Ces documents révèlent notamment une société offshore non déclarée et un legs de 5 millions de dollars. Découvrez pourquoi ces connexions suscitent une controverse politique majeure en France et les risques de procédures de contrôle fiscal qui pèseraient sur l'entourage de l'ancien ministre.
Le séisme des "Epstein Files" : les liens financiers révélés
La déclassification récente des nouveaux documents du Département de la Justice américain (DOJ) confirme l'ampleur des réseaux d'influence tissés par Jeffrey Epstein. Au cœur de ce dossier explosif figure l'existence de Prytanee LLC, une société offshore créée en 2016. Selon les informations relayées par Valeurs Actuelles, cette structure serait co-détenue par Caroline Lang et le financier américain.
Le dossier prend une dimension supplémentaire avec la découverte d'un testament financier. Rédigé deux jours seulement avant le décès du criminel sexuel en août 2019, ce document mentionnerait une promesse de versement de 5 millions de dollars au profit de la fille de Jack Lang, comme le rapporte Entrevue. Par ailleurs, la société offshore Prytanee LLC aurait déjà perçu environ 1,4 million de dollars, d'après les chiffres cités par Yeni Şafak. Ces montants colossaux interrogent sur la nature exacte des relations entretenues entre la famille Lang et Jeffrey Epstein.
Une non-déclaration au fisc et une stratégie d'influence
L'affaire quitte la simple sphère médiatique pour entrer sur le terrain légal avec l'aveu de Caroline Lang. Elle reconnait en effet n'avoir pas déclaré cette structure financière offshore aux autorités fiscales françaises. L'utilisation d'une entité dans un paradis fiscal, tel que les Îles Vierges britanniques, permet généralement de dissimuler des capitaux et des flux financiers à l'administration du pays de résidence, constituant une infraction fiscale potentielle.
En parallèle, Jack Lang maintient une ligne de défense basée sur des liens "sociaux et assumés" avec le milliardaire. Comme le souligne Viral Mag, l'ancien ministre justifie un don de 60 000 dollars reçu d'Epstein par un projet de film documentaire qui n'a jamais vu le jour. Ces éléments alimentent une vive controverse sur la légitimité de Jack Lang à la tête de l'Institut du Monde Arabe (IMA). De nombreux observateurs remettent en question la proximité affichée par certaines élites françaises avec le prédateur sexuel, y compris après sa première condamnation en 2008.
Des risques de procédures fiscales pour Caroline Lang
Ces révélations exposeraient désormais Caroline Lang à un risque potentiel : l'ouverture d'une procédure de contrôle fiscal par la Direction générale des finances publiques (DGFIP). Les conséquences fiscales liées à la non-déclaration d'une société offshore peuvent être sévères. Elles incluent généralement le rappel des impôts éludés, des majorations de retard et des amendes spécifiques pour la détention d'avoirs non déclarés à l'étranger.
L'incertitude plane également sur l'héritage d'Epstein. Les procédures judiciaires en cours aux États-Unis pourraient geler ces fonds ou les rediriger prioritairement vers l'indemnisation des nombreuses victimes. Pour le contribuable français, cette affaire souligne l'importance de la transparence financière des proches du pouvoir politique et la nécessité pour le fisc de traquer les montages complexes mis en lumière par les révélations internationales comme les Epstein Files.
Réactions des intéressés
Jack Lang a réagi rapidement via un communiqué transmis à l'AFP le 2 février 2026. Il y affirme assumer pleinement les liens qu'il a pu entretenir avec Jeffrey Epstein par le passé, tout en précisant que « rien ne laissait supposer » les crimes commis par le financier américain à l'époque de leurs contacts. Selon ses termes exacts : « J'assume pleinement les liens que j'ai pu créer à une époque où rien ne laissait supposer qu'il pouvait être au cœur d'un réseau de criminalité. »
L'ancien ministre de la Culture et actuel président de l'Institut du monde arabe (IMA) insiste sur le caractère « social et assumé » de ces relations, notamment via un don d'environ 58 000 dollars (et non 60 000 comme parfois rapporté) reçu en 2018 pour financer un projet de film documentaire qui n'a finalement pas abouti. Il répète avoir été « tombé des nues » lors de l'éclatement du scandale en 2019, et condamne rétrospectivement les agissements d'Epstein. Aucune demande formelle de démission de l'IMA n'a été confirmée par l'institution à ce stade, malgré des appels relayés dans certains médias et sur les réseaux sociaux.
Caroline Lang, de son côté, s'est exprimée dans un entretien accordé à Mediapart (publié le 2 février 2026). Elle reconnaît explicitement la création en 2016 de la société offshore Prytanee LLC (Îles Vierges britanniques), co-détenue à 50/50 avec Jeffrey Epstein, et admet ne pas l'avoir déclarée aux autorités fiscales françaises. Elle explique cette omission par une « naïveté confondante » : « Comme je n’avais pas mis d’argent dedans – tous les fonds provenaient de Jeffrey –, je n’ai pas mesuré les implications et les conséquences. »