Orly : les voitures bientôt interdites ? Des complications redoutées pour les bagages
Le visage de l'aéroport d'Orly s'apprête à changer radicalement. Face à une saturation programmée des accès routiers, le Groupe ADP a dévoilé un plan de réaménagement d'envergure qui pourrait compliquer la vie des automobilistes.
Une consultation décisive avant le début des travaux
Si vous souhaitez donner votre avis sur le projet Orly ADP, le temps presse. La consultation publique, lancée sous l'égide de la Commission nationale du débat public (CNDP), est accessible jusqu'au 24 février. Ce scrutin citoyen porte sur une transformation profonde : le gestionnaire aéroportuaire ambitionne de « totalement modifier l’accès routier à l’aéroport parisien pour que soient privilégiés les transports en commun ».
Ce chantier titanesque représente un investissement estimé à 460 millions d'euros. Selon le calendrier prévisionnel du Groupe ADP, les premiers coups de pioche devraient intervenir fin 2026. L'objectif est une mise en service progressive des nouvelles infrastructures entre 2029 et 2030.
Vers la fin du dépose-minute classique
Cette modification accès routier aéroport aéroport Orly répond à une urgence statistique. La fréquentation devrait bondir de 32,4 millions de passagers en 2023 à 38,2 millions en 2030. Pour absorber ce flux sans asphyxier la zone, ADP veut faire passer la part des voyageurs utilisant les transports en commun de 28% à 55% d'ici la fin de la décennie.
Le dépose-minute actuel, situé au pied des halls de départ, sera exclusivement réservé aux taxis, VTC et aux Personnes à Mobilité Réduite (PMR). Les particuliers accompagnant des proches devront se diriger vers un nouveau site de dépose, relégué au nord de la plateforme, « du côté du parking économique ».
Pour assurer la liaison, une navette dépose-minute Orly 2030 gratuite devra parcourir les 3,6 kilomètres séparant ce parking des avions. Le gestionnaire promet un bus « toutes les quatre minutes aux heures d'affluence » pour un trajet d'une « quinzaine de minutes maximum ». Un second parking de 800 places est également prévu au sud, côté Essonne, fonctionnant sur le même principe.
Inquiétudes des voyageurs et fronde des élus
Les conséquences de la fin du dépose-minute Orly suscitent déjà des réactions mitigées, notamment sur la gestion des bagages. Séverine, 38 ans, témoigne de ses réticences, rapporte Le journal des femmes : « J'ai toujours peur de me rendre en transport à l'aéroport et d'être coincée entre deux stations de métro. Et ce n'est pas toujours pratique avec nos valises... Je préfère le confort de la voiture ». Pour rassurer, ADP précise qu'un « projet d’enregistrement des bagages à côté du dépose-minute est envisagé » afin d'éviter de trimballer les valises dans la navette.
Du côté des élus locaux, la grogne monte. La ville de Wissous redoute « un report du trafic et des embouteillages vers les secteurs nord et sud ». Rungis exige que le Groupe ADP présente « les impacts sur la circulation des axes routiers environnants », tandis que Villeneuve-Saint-Georges n'hésite pas à dénoncer une opération de « greenwashing ». Pour tenter de fluidifier le trafic des professionnels, un nouvel échangeur routier au nord, connectant l’A106, la N7 et la D7, est néanmoins programmé.