Selon une enquête de "Capital", l'arrivée de Jack Lang à la tête de cet établissement culturel parisien n'a pas permis de redresser les comptes, au contraire... 
AFP

Décidément, la présidence de Jack Lang à l'Institut du monde arabe (IMA) n'aura pas été de tout repos. Alors que son "mandat" touche à sa fin ce mois-ci, l'ancien ministre de la Culture âgé de 77 ans est épinglé par une enquête de Capital, qui indique que les comptes de l'établissement culturel ont dérapé. "Nous sommes pauvres mais sexy", voici l'étrange réponse de Jack Lang quand on lui parle des soucis financiers de l'Institut, qu'il dirige depuis quatre ans, pour un joli salaire mensuel de 9 000 euros (alors que son prédécesseur était bénévol).

Les pays arabes ne donnent pas leur part 

L'Institut du monde arabe, inauguré en 1987, est une fondation de droit privé contrôlée à parité par la France et vingt et un Etats membres de la Ligue arabe. Or les pays arabes rechignent à donner de l'argent à l'IMA, résultat, c'est la France (et donc les contribuables) qui épongent les déficits. Et la situation est alarmante : la fréquentation est tombée de 1 million de visiteurs en 2014 à 757 000 en 2015, et ce ne sera pas mieux en 2016, selon Capital. Par ailleurs, les comptes de l’IMA sont restés dans le rouge après l'arrivée de Jack Lang, avec une perte record de 2,5 millions d’euros en 2015. Sur les 18 millions de budget de fonctionnement, la France, via le ministère des Affaires étrangères, en paye 12 millions. 

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Des frais de bouche très importants

Le magazine Capital pointe aussi la gestion des affaires par Jack Lang, qui s'est entouré de fidèles dans son cabinet, comme  sa communicante Catherine Lawless  ou son conseiller culturel Claude Mollard, compagnons des années Mitterrand. Et puis, dans son équipe, on trouve aussi son épouse Monique, qui a certes signé un contrat de bénévolat, mais cela "n'interdit pas les notes de frais". " Difficile de savoir ce que tout cela coûte, les comptes ne livrent pas ce genre de détail", écrit le magazine économique.

Enfin, à cela s'ajoute l'affaire Noura, du nom du traiteur libanais qui réclame à Jack Lang 41 000 euros de repas impayés, pour lui et ses invités. Ce qui fait, selon les calculs de Capital, 1 600 convives en dix-huit mois. Et puis, toujours selon le magazine, "l’état-major de l’IMA a ses habitudes à quelques belles tables de la Rive gauche, où on laisse aisément 80 euros par tête." 

A noter que Jack Lang, nommé en 2013 par François Hollande, est candidat à sa propre succession à la tête de l'IMA.

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