Automobile : les ventes de voitures neuves au plus bas en janvier depuis 15 ans

Publié par Sarah Martin
le 02/02/2026
Automobile : les ventes de voitures neuves au plus bas depuis 15 ans
Istock
Le marché automobile français débute l’année 2026 sur une note morose. En janvier, les immatriculations de voitures neuves ont atteint leur plus bas niveau depuis quinze ans, hors période de crise des semi-conducteurs. Entre prix élevés, attentisme des ménages et effets ambigus des aides à l’électrique, la lecture du marché reste brouillée.

Le secteur espérait un rebond, il encaisse un nouveau coup dur. Les chiffres publiés ce week-end confirment une tendance morose pour l'industrie : le mois de janvier 2026 s'inscrit comme l'un des pires démarrages de l'histoire récente. 

Une chute historique des immatriculations

Les compteurs sont dans le rouge. Le marché français a enregistré une baisse des ventes de voitures neuves de 6,55 % le mois dernier par rapport à janvier 2025. Au total, seules 107 157 voitures particulières neuves ont trouvé preneur. Selon les données rapportées par la Plateforme automobile (PFA), ce volume représente un « plus bas en janvier depuis quinze ans », si l'on exclut l'année 2022, marquée par la crise exceptionnelle des semi-conducteurs.

L'écart avec la période pré-Covid devient abyssal. Il s'est immatriculé près de 48 000 véhicules de moins le mois dernier qu'en janvier 2019. Cette contraction confirme que la chute immatriculations de véhicules neufs en France n'est plus un accident conjoncturel, mais une nouvelle norme inquiétante.

Prix et incertitudes bloquent les acheteurs

Les usines tournent, mais les clients manquent à l'appel. Les experts parlent désormais d'une « crise de volumes durable ». Trois facteurs expliquent pourquoi le marché automobile est-il en recul en 2026 : des tarifs qui demeurent élevés, un contexte politique national incertain et un fort attentisme des ménages face à l'inflation et achat de voiture. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : le marché est passé de 2,2 millions de ventes annuelles en 2019 à seulement 1,63 million en 2025, soit une perte sèche de 580 000 unités en six ans.

Paradoxalement, l'électrique flambe. La part de marché de ces véhicules a atteint 28 % en janvier, un record. Mais ce chiffre est en trompe-l'œil. Pour Marie-Laure Nivot, analyste chez AAA Data, ce pic « montre l’influence des aides à l’achat et brouille la lecture du marché ». La PFA qualifie d'ailleurs ce segment d'« ultra-soutenu » au milieu d'un marché global qui se réduit comme peau de chagrin.

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Constructeurs et subventions : le grand écart

Dans ce marasme, les fortunes sont diverses. Le géant Stellantis voit ses volumes reculer de 2,7 % (plombé par Peugeot à -8,2 %, malgré la résistance de Citroën). Le groupe Renault tire son épingle du jeu avec une hausse de 1,1 %, portée par la marque au losange qui bondit de 20,7 %, compensant ainsi l'effondrement de Dacia (-33,9 %). De son côté, Toyota subit un lourd revers avec une chute de 15,5 %.

Le nerf de la guerre reste le tarif. Le prix moyen d'une voiture électrique neuve atteint 42 992 euros, contre 25 657 euros pour un modèle essence, malgré un léger tassement des prix. L'influence des aides à l'achat sur les ventes de voitures électriques est donc totale. Emanuele Cappellano, patron Europe de Stellantis, est formel : il n'observe pas « de demande naturelle pour les véhicules électriques ». Sans le leasing social et les flottes d'entreprises, la transition énergétique du parc automobile tournerait au ralenti.

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