Depuis des semaines - sinon des mois ! - le racisme supposé de la police est pointé du doigt dans la presse française. Faut-il voir dans certaines attitudes de nos agents un problème d'ordre individuel... ou quelque chose de beaucoup plus large ? Analyse.
Encourage-t-on vraiment les policiers à être racistes ?AFP
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"J'ai entendu, ce matin, les propos de madame Pulvar, explicitant clairement que, pour elle, la police n'était pas raciste", annonçait récemment Gérald Darmanin sur Twitter, quelques jours seulement après avoir déclaré sa volonté de porter plainte contre l'ancienne journaliste aujourd'hui en campagne. Le ministre de l'Intérieur lui reprochait alors d'avoir attaqué l'institution policière ainsi que les gardiens de la paix ; de leur avoir fait un procès en… racisme. Ce que le premier flic de France n'aurait su tolérer.

Depuis, l'adjointe à la mairie de Paris a tenu à clarifier le propos qu'elle dit avoir toujours tenu… et a saisi la "main tendue" du ministre, qui a retiré sa plainte. Point de débat, donc, devant les jurés mais cela ne signifie pas qu'il n'y aura pas d'échange, au contraire. Les deux candidats - Gérald Darmanin a indiqué vouloir briguer le canton de Tourcoing-2 - devraient donc discuter du caractère raciste des agents de police, mais aussi du système dans lequel ils évoluent. Si tant est que l'un des deux intervenants tienne cette ligne : Audrey Pulvar a en effet affirmé son soutien à la police nationale, une "institution de la République" qu'elle "respecte", rapporte le titre de presse locale L'Indépendant.

Peut-on vraiment dire de la police qu'elle est raciste ?

"Les propos racistes, c'est tout le temps. Tous les jours", affirment pourtant certains agents, en service depuis plusieurs années. L'un d'entre eux se confiait auprès de France Info en juillet 2020. "Rapidement, je me suis rendu compte que c'était un milieu raciste", poursuit-il non sans expliquer combien il a tenté de faire changer les choses de l'intérieur. "Pendant le confinement, on effectuait des contrôles d'attestation de déplacement dans les véhicules. Souvent, et naturellement, mes collègues excusaient les personnes blanches, les jeunes femmes, qui n'avaient pas leur attestation. Mais les personnes 'de couleur' étaient verbalisées", détaille-t-il alors, expliquant en avoir parlé à sa hiérarchie. Rien n'y fait. Et enfin, arrivent certains mots parmi les plus évocateurs : "J'ai débriefé avec mes collègues. Ils n'arrivent même pas à l'expliquer, pour eux, c'est naturel."

Est-il encore possible, après ce type de témoignage, de rejeter l'idée que la police soit rongée de racisme ? Peut-être. Pour Mathieu Zagrodzki, chercheur associé au Centre de Recherches Sociologiques sur le Droit et les Institutions Pénales et qui a notamment écrit "Que fait la police ? Le rôle du policier dans la société" (ed. de l'Aube), la situation est complexe et si l'on ne peut exclure la part de vraie que contiennent les accusations de racisme qui pèsent sur la police, il serait malhonnête de réduire l'institution à ce seul élément. Explications.

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