Pour assurer au mieux la sécurité du président de la République, l'Elysée est régi par des règles de sécurités strictes. Toutefois, plusieurs failles existent.
La garde républicaineIstock
Sommaire

Réforme de la sécurité de l'Elysée : réunir les différents services sous une seule autorité

C’est le directeur du cabinet du président de la République, Patrick Strzoda (ex-PS), qui l’a annoncé aux policiers du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) : l’Elysée va réformer son système de sécurité d’ici 2019. C’est la première fois que le dispositif, créé sous François Mitterrand sera réformé en profondeur. D’après les informations du Point, la réforme répond notamment aux demandes réitérés de la Cour des comptes, qui aurait critiqué plusieurs années durant un appareil "coûteux et peu lisible". Selon l’hebdomadaire d’information politiques et générales, il aurait été pensé plus pour "ménager les susceptibilités des corps qui le composent" que pour "assurer une efficacité optimale".

A lire aussi :INTERVIEW Emmanuel Macron : un président trop autoritaire ?

"Actuellement, le système de sécurité de l’Elysée est placé sous l’autorité du directeur du cabinet du président de la République, Patrick Strzoda. C’est lui qui chapote le fonctionnement de l’Elysée et donc aussi de la sécurité", explique à Planet un ancien conseiller à l’Elysée, en charge des questions relatives à la sécurité, qui a souhaité rester anonyme. "Concrètement, le palais de l’Elysée est protégé par trois niveaux de surveillance, tous trois assurés par des services différents et séparés. Dans un premier temps, la police parisienne assure la surveillance des alentours de l’Elysée, de l’extérieur", détaille-t-il. "La garde républicaine, c’est à dire la gendarmerie, est chargée de contrôler les entrées à l’intérieur du Palais. Enfin, la sécurité personnelle du président de la République est directement assurée par le GSPR."

En théorie, d’après les informations du Point, Le GSPR devrait être officiellement détaché du Service de la protection (SDLP), dirigé depuis la Place Beauveau. A l’avenir, il devrait donc être placé sous "la direction du nouveau pôle de sécurité de l’Elysée". Celui-ci serait également divisé en trois pôles : d’une part le groupe de protection (ex-GSPR), d’autre part le pôle "sûreté et sécurité" et enfin le pôle "logistique et moyens mobiles". L’hebdomadaire indique d’ailleurs que ce nouveau schéma a été pensé par Lionel Lavergne, ancien colonel de Gendarmerie et actuel patron du GSPR. L’ancien socialiste aurait ensuite entériné la proposition. Il ne devrait pas, à priori avoir spécialement plus d’agent de police en poste.

Réforme de la sécurité de l'Elysée : un important problème de sécurité au palais ?

"Pour le moment, on manque encore d’informations sur la réforme pour en avoir une idée très précise ou très claire", insiste l’ancien collaborateur à l’Elysée. "Toutefois en se basant sur les informations du Point il apparaît que l’objet de la réforme est de réunir les différents niveaux de sécurité sous une seule autorité. En soi, c’est une bonne idée", estime-t-il. A ses yeux, toute mesure visant à rationaliser le système de sécurité du palais est la bienvenue. "Aujourd’hui les niveaux de surveillance que nous évoquions tout à l’heure peinent parfois à communiquer. Il y a un vrai besoin d’harmonisation. Faciliter la communication entre ces trois services est forcément pertinent."

Et pour cause ! La situation qu’il dessine peut paraître effrayante. "Surveiller le palais de l’Elysée est une tâche très compliquée. Tout un pan de la rue du Faubourg Saint-Honoré a été fermé à la circulation à cet effet. C’est quelque chose qui agace beaucoup les parisiens parce que cela complexifie leurs trajets, mais la mesure est nécessaire. Elle vise à éviter un attentat mené par un commando embarqué dans un véhicule", décrit-il. "Ce n’est pas tout. Il reste toujours les jardins à surveiller. Et dieu sait qu’ils sont grands !", poursuit cet ancien conseiller de l’Elysée en charge des sujets touchant à la sécurité. "La protection de tout le palais est difficile à assurer, surtout avec les moyens qui y sont attribués. Il y a déjà eu des impairs, pendant la présidence de Nicolas Sarkozy. Des individus ont été capables de s’introduire dans l’Elysée", raconte-t-il. "La sécurité du président de la République est un enjeu vital, ne serait-ce que pour tous les dossiers essentiels qu’il est amené à traiter au quotidien et toutes les informations qu’il détient. Or, il y a un vrai problème de sécurité à l’Elysée", persiste-t-il.

Toutefois, il en est certain, ce n’est pas l’unique raison qui motive Emmanuel Macron a revenir sur ce dispositif. Il y voit aussi une volonté de se mettre en avant. "Comme nombre de politiques, et tout spécialement de chef d’Etat, il y a toujours une volonté de montrer que l’on fait mieux que son prédécesseur, que l’on coûte moins cher… Il y a très probablement des raisons électorales dans cette réforme", conclut-il.

Retrouvez vos produits et commandez en ligne ! High-Tech, Cuisine & Maison et Bien-être, retrouvez nos offres !

Cet article vous a intéressé ?

Découvrez encore plus d'actualités,
en vous abonnant à la newsletter de Planet.

Votre adresse mail est collectée par Planet.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.