Un "faux hypnothérapeute" jugé pour 14 viols sous soumission chimique

Publié par Matthieu Chauvin
le 05/01/2026
Hypnose
Istock
Depuis ce lundi 5 janvier, la cour criminelle départementale des Bouches-du-Rhône examine l'affaire Cyril Zattara, un charlatan accusé d'avoir drogué et violé quatorze femmes sous hypnose. Il risque 20 ans de réclusion. Un cas qui n'est pas sans rappeler celui d'un célèbre et très médiatisé psychiatre.
 

Ce lundi 5 janvier s'est ouvert à Aix-en-Provence un procès hors norme qui plonge une nouvelle fois la justice dans l'horreur de la soumission chimique. Cyril Zattara, ancien professeur de danse et hypnothérapeute autoproclamé, comparaît devant la cour criminelle départementale pour répondre de viols aggravés et d'agressions sexuelles sur 19 parties civiles. Les faits auraient débuté il y a plus d'une décennie.

Un accusé face à ses victimes et ses contradictions

Dans le box des accusés, l'homme de 47 ans doit répondre d'actes commis entre 2010 et 2021. Selon La Marseillaise, Cyril Zattara est aussi poursuivi pour l'enregistrement d'images relatives à ces agressions. Si l'accusé reconnaît une partie des faits, qualifiant lui-même ses actes "d'immondes, de monstrueux" lors de l'instruction, l'enjeu de ce procès est de comprendre comment il a pu agir en toute impunité pendant si longtemps.

Ce professeur de danse "rock", qui exerçait également comme "hypnothérapeute sans diplôme reconnu" rapporte Sud Ouest, risque jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle. L'audience, prévue pour durer jusqu'au 20 janvier, devra faire la lumière sur la personnalité d'un homme décrit comme manipulateur, capable de compartimenter sa vie entre une façade respectable et une prédation sexuelle méthodique.

Un piège tendu par la confiance et les médicaments

Le mode opératoire décrit par l'accusation est glaçant. Cyril Zattara utilisait ses activités professionnelles pour établir un lien de confiance avec ses victimes, rencontrées lors de cours de danse ou de séances d'hypnose. Une fois la méfiance levée, il passait à l'acte en utilisant des substances médicamenteuses.

Vous avez aimé cet article ?

L'enquête a révélé l'utilisation massive de Zolpidem, un puissant somnifère de la famille des benzodiazépines. L'accusé glissait le cachet dans un verre de vin ou d'eau, plongeant ses victimes dans un état second, voire une léthargie totale. Cette méthode rappelle tristement l'actualité récente et le procès de Gisèle Pelicot. Ou encore, en ce qui concerne l'hypnose, celle du célèbre et médiatique psychiatre Gérard Miller, actuellement placé sous contrôle judiciaire

Les preuves matérielles sont accablantes. Les enquêteurs ont découvert sur les supports numériques de l'accusé des "images trouvées" montrant les victimes inconscientes. Ces fichiers ont permis d'identifier des femmes qui ignoraient parfois avoir été agressées...

Des signalements ignorés et des questions sur la régulation

Ce procès met également en exergue les failles béantes du système judiciaire et policier. Comme le souligne Entrevue, Cyril Zattara avait déjà fait l'objet de plaintes dès 2002, 2003 et 2012. Pourtant, il a bénéficié pendant des années d'un "manque d'intérêt de la parole des victimes", ce qui lui a permis de poursuivre ses agissements jusqu'à son arrestation finale.

Au-delà du fait divers, cette affaire relance le débat sur l'encadrement des professions de bien-être. Elle illustre de manière dramatique les dangers de consulter un hypnothérapeute sans diplôme officiel ou non inscrit auprès des autorités de santé. Il est aujourd'hui crucial de vérifier les qualifications des praticiens, la réglementation des thérapies non conventionnelles en France restant encore trop permissive pour empêcher de tels prédateurs de sévir sous couvert de soin.

Soumission chimique : de nouvelles mesures pour les victimes

Alors que les conséquences de la soumission chimique pour les victimes sont au cœur des débats, une avancée majeure accompagne ce contexte judiciaire. Depuis janvier 2026, l'Assurance maladie expérimente le remboursement des analyses médicales (sang et cheveux) pour détecter la présence de drogues ou de médicaments en cas de soupçon, sans dépôt de plainte préalable obligatoire. Une mesure essentielle, rappelle Maritima, pour faciliter la preuve dans ces dossiers où la mémoire fait souvent défaut.

Google News Voir les commentaires