Hybrides rechargeables : pourquoi la France tourne le dos à cette motorisation

Publié par Stéphane Leduc
le 18/02/2026
un voiture hybride dans le garage d'une maison. On voit un utilisateur en train de la brancher sur l
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Ce mardi, les chiffres confirment une baisse drastique des ventes d'hybrides rechargeables en France, conséquence directe de la suppression des aides et du durcissement fiscal.

Alors que le marché automobile tente de se stabiliser, les motorisations hybrides rechargeables (PHEV) font grise mine dans l'Hexagone. Ce désamour ne doit rien au hasard : il résulte d'une stratégie gouvernementale assumée visant à sevrer les automobilistes de cette technologie de transition. Face à la fin des subventions et à un cadre fiscal de plus en plus contraignant, les acheteurs se détournent massivement de ces modèles, créant un décalage notable avec la dynamique observée ailleurs en Europe.

Un repli marqué face aux voisins européens

Les bilans sont sans appel. Selon les données arrêtées pour 2024, la France a immatriculé 146 392 unités de PHEV, marquant une baisse sèche de 10,16 % comparé aux 162 950 livraisons de 2023. Cette contraction du marché tranche avec la politique adoptée par certains de nos voisins.

L'Allemagne, par exemple, prend le contre-pied de la stratégie française. Comme le souligne Gocar.be, Berlin a relancé des aides à l'achat pour les véhicules électrifiés, incluant les hybrides rechargeables. Ces subventions, comprises entre 1 500 et 6 000 euros et valables jusqu'en 2029, visent à soutenir l'industrie automobile nationale. Ce soutien permet de maintenir l'attractivité de ces motorisations outre-Rhin, là où la France a choisi de fermer le robinet des aides.

Une fiscalité qui change la donne

Le recul des ventes dans l'Hexagone s'explique par un calendrier législatif particulièrement sévère. Le bonus écologique pour les hybrides rechargeables a fondu dès le 1er janvier 2023. Plus récemment, c'est la prime à la conversion qui a été retirée pour ces modèles depuis le 2 décembre 2024. Le coup de grâce intervient en ce début d'année : depuis le 1er janvier 2025, les véhicules hybrides rechargeables de plus de 1 600 kg ne sont plus exemptés du malus au poids, alourdissant considérablement la facture finale.

Cette accumulation de mesures traduit une volonté de l'exécutif de flécher les aides uniquement vers le "zéro émission". L'État entend ainsi "inciter à passer à des véhicules encore plus écologiques" pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cette orientation porte ses fruits statistiques : les rapports indiquent qu'en septembre 2025, la part des voitures 100 % électriques atteignait 22,1 % (+2,6 points), tandis que celle des PHEV chutait à 6,4 %.

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L'hybride rechargeable devient un luxe

Pour les particuliers, l'équation économique ne tient plus. Privé de soutiens nationaux, l'achat d'un véhicule hybride rechargeable représente un coût d'acquisition difficile à amortir. Les consommateurs ne peuvent plus compter que sur des aides locales distribuées "au compte-gouttes", selon les disponibilités régionales.

La France pousse donc les conducteurs vers le tout-électrique ou, par défaut, vers l'hybride simple qui reste la seconde motorisation favorite derrière l'essence. Cette ligne de conduite isole Paris de Berlin, qui continue de voir dans le PHEV un compromis rationnel entre budget et autonomie. Sans impulsion étatique, ce segment risque de se voir relégué au marché de l'occasion dans l'Hexagone, bien qu'il demeure une étape de transition rassurante pour de nombreux automobilistes européens.

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