Mort de Robert Duvall : les dix rôles qui ont fait de lui une légende

Publié par Sarah Martin
le 18/02/2026
Mort de Robert Duvall : les dix rôles qui ont fait de lui une légende
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Le cinéma américain pleure la disparition de Robert Duvall, décédé à 95 ans, cet acteur de l'ombre au talent singulier qui a gravé son nom au panthéon des légendes par ses performances intenses et son naturalisme profond.

Hollywood perd l'une de ses figures les plus emblématiques. Robert Duvall, l'acteur au regard profond et à la présence magnétique, s'est éteint ce dimanche à 95 ans, laissant derrière lui une filmographie d'une richesse incomparable. À mille lieues du tumulte qu'il a si souvent dépeint à l'écran, il a quitté ce monde dans la quiétude de son ranch de Virginie, fermant ainsi un chapitre majeur du cinéma américain contemporain.

Formé à la prestigieuse Actors Studio, Robert Duvall était de ces artistes qui ne cherchaient pas le spectaculaire, mais dont la puissance émanait d'une intériorité rare et d'une capacité à habiter ses personnages avec une vérité presque documentaire. Sa force résidait dans un naturalisme profond, une densité intérieure qui lui permettait de capter la lumière sans jamais la rechercher, capable de voler la vedette en quelques minutes ou de redéfinir l'équilibre d'une scène par sa seule présence.

Le grand public l'associera sans doute pour toujours à deux figures mythiques : l'énigmatique Tom Hagen du Parrain, conseiller calme et stratège au cœur de la tragédie mafieuse, et le lieutenant-colonel Kilgore d'Apocalypse Now, cette silhouette hallucinée surgissant du fracas guerrier. Ces deux rôles, si différents et pourtant si essentiels, témoignent de l'amplitude d'un acteur capable d'embrasser la maîtrise intériorisée comme l'excès opératique. 

Mais l'œuvre de Robert Duvall ne se limite pas à ces icônes. Elle se déploie à travers une carrière d'une cohérence rare, jalonnée de personnages d'hommes d'autorité fissurés, fiers, cabossés, qu'il a explorés avec une constance admirable. Découvrez les rôles les plus forts au sein de notre diaporama.

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Tom Hagen dans "Le Parrain" (1972 et 1974)

1/10
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Autre
© Paramount Pictures / Alfran Productions

C'est le rôle fondateur qui propulse Robert Duvall au rang des acteurs majeurs du Nouvel Hollywood. Dans la fresque magistrale de Coppola, il incarne Tom Hagen, l'avocat et "consigliere" de la famille Corleone. Contrairement aux membres sanguins du clan, son personnage déploie une intelligence froide et une loyauté inébranlable, agissant comme le pilier rationnel dans un monde de violence. Cette performance tout en retenue lui vaut une nomination méritée à l'Oscar.

Lieutenant-colonel Kilgore dans "Apocalypse Now" (1979)

2/10
Lieutenant-colonel Kilgore dans "Apocalypse Now" (1979)
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Dans l'enfer vert du Vietnam revisité par Coppola, Duvall campe le lieutenant-colonel Kilgore, un chef de cavalerie aérienne totalement exalté. Silhouette hallucinée coiffée d'un chapeau de cavalerie, il incarne la folie de la guerre avec une intensité terrifiante. C'est lui qui prononce cette réplique immortelle sur l'odeur du napalm au petit matin, un moment de cinéma pur qui lui permet de décrocher une nomination à l'Oscar du meilleur second rôle.

Mac Sledge dans "Tendre Bonheur" (1983)

3/10
Mac Sledge dans "Tendre Bonheur" (1983)
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C'est avec ce drame poignant que Robert Duvall atteint le sommet de son art et la consécration ultime. Il se glisse dans la peau de Mac Sledge, une ancienne star de la musique country brisée par l'alcool, cherchant désespérément une forme de rédemption. Sa performance, d'une sobriété bouleversante et dénuée de tout artifice, touche le cœur de l'Académie qui lui décerne enfin l'Oscar du meilleur acteur.

Major Frank Burns dans "MAS*H" (1970)

4/10
Major Frank Burns dans "MAS*H" (1970)
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Bien avant ses rôles dramatiques, l'acteur a prouvé son immense palette de jeu dans la satire antimilitariste de Robert Altman. Sous les traits du Major Frank Burns, officier rigide, hypocrite et foncièrement ridicule, il devient la cible privilégiée des autres médecins du camp. Ce rôle révèle un sens du comique féroce chez Duvall et constitue l'un des premiers jalons marquants d'une carrière singulière.

Boo Radley dans "Du silence et des ombres" (1962)

5/10
Boo Radley dans "Du silence et des ombres" (1962)
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Pour son tout premier rôle au cinéma, Robert Duvall frappe fort en incarnant Boo Radley, le voisin fantomatique et mutique qui hante l'imaginaire des enfants du film. Bien qu'il apparaisse très peu à l'écran, son impact est total et bouleverse le dénouement de l'intrigue. Il impose déjà cette présence intérieure mystérieuse qui deviendra, au fil des décennies, sa véritable marque de fabrique.

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Augustus "Gus" McCrae dans "Lonesome Dove" (fin des années 1980)

6/10
Augustus "Gus" McCrae dans "Lonesome Dove" (fin des années 1980)
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À la télévision, Duvall a donné vie à l'un des plus grands cow-boys de l'histoire du petit écran. Dans la peau du Texas Ranger Augustus "Gus" McCrae, il compose un personnage libre et mélancolique, mêlant avec brio humour, panache et une profonde émotion. Cette incarnation magistrale dans la mini-série culte lui permet de remporter le prestigieux Golden Globe du meilleur acteur.

Sonny Dewey dans "Le Prédicateur" (1997)

7/10
Sonny Dewey dans "Le Prédicateur" (1997)
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Avec ce projet passionné qu'il écrit et réalise lui-même, Robert Duvall livre sans doute son œuvre la plus personnelle. Il y incarne Sonny Dewey, un prédicateur en fuite brûlant d'une ferveur mystique incontrôlable. Sa performance est volcanique, totalement habitée par la grâce et la folie du personnage, ce qui lui vaut d'être une nouvelle fois nommé aux Oscars pour ce tour de force.

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