Prix du chocolat : Intermarché et Carrefour dénoncent des "hausses abusives" devant le Sénat
Alors que les consommateurs espèrent une accalmie sur le ticket de caisse, le bras de fer s'intensifie entre supermarchés et industriels. Cette prise de parole publique intervient dans un climat de négociations commerciales particulièrement tendues, où la transparence des marges est au cœur des débats parlementaires.
L'événement : Quand la grande distribution dénonce des "hausses abusives" au Sénat
Les représentants d'Intermarché et Carrefour étaient attendus de pied ferme ce 17 février 2026 par la commission d'enquête sénatoriale sur les marges de la grande distribution et de l'industrie. Comme le rapporte Public Sénat, les numéros 2 et 3 du secteur ont saisi cette opportunité pour pointer du doigt les pratiques de certaines multinationales. Au cœur de l'accusation : des demandes de « hausses de prix abusives » formulées par les grandes marques de chocolat.
Cette offensive des distributeurs souligne un paradoxe flagrant relevé par les données économiques. Selon Axios, si le cours du cacao avait atteint un sommet historique de 12 500 dollars la tonne en décembre 2024, il a depuis dégringolé pour s'établir autour de 3 700 dollars en février 2026. Une baisse spectaculaire qui tarde pourtant à se voir en rayon.
Décryptage : Les mécanismes derrière l'opacité des prix du chocolat
Malgré l'effondrement du cours de la fève, le ticket de caisse ne s'allège pas pour les ménages. L'expert de la grande consommation Olivier Dauvers notait récemment le maintien de tarifs élevés, citant l'exemple marquant de la tablette Lindt Excellence 70% affichée à 2,36 €. Les industriels justifient cette inertie par la structure de leurs coûts. Toujours selon Olivier Dauvers, « l'explication réside dans les engagements de long terme des chocolatiers et du temps d'écoulement des stocks » acquis lorsque les prix étaient au plus haut.
Néanmoins, la tension reste vive sur la répartition de la valeur. Les distributeurs, parfois accusés de « chantage mortifère » par la ministre de l'Agriculture Annie Genevard relayée par FreshPlaza, répliquent en utilisant tous les leviers disponibles. Ils s'appuient notamment sur leurs centrales d'achat européennes, un outil défendu par la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) pour peser face aux multinationales et contrer ces hausses jugées injustifiées.
Conséquences pour le consommateur : Que faut-il attendre pour le prix de vos chocolats ?
Cette mise en lumière au Sénat pourrait marquer un tournant pour votre pouvoir d'achat. En exposant publiquement ces pratiques, la grande distribution espère mettre une pression accrue sur les industriels pour les forcer à répercuter plus rapidement la baisse des coûts de production. Pour les consommateurs, déjà lourdement impactés par l'érosion de leur budget courses, l'attente est forte.
Si les marques leaders tardent à réagir, une baisse des prix pourrait d'abord venir des marques de distributeurs (MDD) ou des premiers prix, dont la décote est souvent annonciatrice de mouvements plus globaux. En attendant l'issue des négociations commerciales et une éventuelle évolution du droit européen pour encadrer ces pratiques, la vigilance reste de mise : comparer les prix au kilo et privilégier les enseignes répercutant les baisses reste la meilleure stratégie immédiate.
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