Crans-Montana : des permis accordés au couple Moretti grâce à des relations internes ?
La station huppée du Valais se retrouve au cœur d'une polémique administrative majeure. Alors que l'enquête sur l'incendie du bar Le Constellation poursuit son cours, de nouveaux éléments suggèrent que l'établissement aurait bénéficié de passe-droits inquiétants. Ces soupçons relancent le débat sur la gestion des risques par les autorités locales et la rigueur des contrôles effectués.
Une enquête médiatique accablante pour la commune
C'est un reportage diffusé le 16 janvier par la chaîne italienne Rai qui a mis le feu aux poudres. L'enquête pointe directement la responsabilité de la commune de Crans-Montana dans la gestion du dossier du bar Le Constellation. Selon les informations relayées, Jacques et Jessica Moretti, les propriétaires des lieux, auraient obtenu des permis d'exploitation valides malgré le non-respect flagrant des normes de sécurité incendie.
L'accusation centrale repose sur l'existence de liens privilégiés au sein de l'administration. Le couple aurait bénéficié de la protection de « proches occupant des postes élevés à la commune », leur permettant de contourner les exigences légales. Ces révélations surviennent dans un contexte déjà tendu, suite au sinistre qui a ravagé l'établissement, et jettent une ombre sur le fonctionnement des services municipaux.
Des économies réalisées au mépris de la sécurité
Les détails fournis par le reportage mettent en lumière une volonté délibérée de réduire les coûts, quitte à ignorer la réglementation. Un fournisseur de mobilier, témoignant sous couvert d'anonymat, affirme avoir alerté les autorités « à plusieurs reprises » sans obtenir de réponse. Selon lui, les propriétaires ont refusé l'installation de « revêtements ignifugés » afin d'économiser « environ 15 % » sur la facture totale.
Le fournisseur rapporte une déclaration explicite de Jessica Moretti pour justifier ce refus : « Sa femme m’a dit qu’ils n’avaient pas besoin de mobilier ignifuge, car ils avaient des proches occupant des postes élevés à la commune de Crans-Montana ». Cette phrase, si elle est avérée, confirme la thèse du favoritisme.
Parallèlement, l'administration locale se trouve sous le feu des critiques pour des dysfonctionnements structurels. Selon la RTS, un audit interne réalisé en 2023 avait déjà informé la commune de « graves lacunes » au sein du service chargé des contrôles. Le rapport soulignait que le service disposait de « trop peu de moyens, trop peu de personnel, trop peu de temps ». De plus, les recrutements semblaient basés sur des « relations personnelles et politiques » plutôt que sur les compétences. La RTS rappelle également le passif du fonctionnaire chargé du contrôle du bar en 2015, impliqué par le passé dans une affaire de blessures involontaires liée à une balustrade défectueuse, bien qu'il ait été acquitté.
La probité de la municipalité en question
Face à ces accusations, c'est une « municipalité sous pression » qui doit désormais rendre des comptes. La question centrale est de déterminer si les contrôles insuffisants résultent d'une simple incompétence ou de « services rendus à des amis », comme le suggèrent les témoignages. Cette affaire porte une atteinte directe à la confiance publique et interroge la « probité de l'administration locale ».
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