Michel-Édouard Leclerc relance le débat sur le pouvoir d’achat et les cotisations sociales
Alors que l'inflation alimentaire continue de peser lourdement sur le porte-monnaie des Français, le président du comité stratégique des centres E.Leclerc est monté au créneau. Interrogé ce jeudi matin sur RMC/BFMTV, il a formulé une proposition économique tranchée visant à "relancer l'économie française" par une revalorisation directe de la fiche de paie, dans un contexte où le budget des familles reste sous tension.
Une augmentation déchargée de cotisations
Michel-Édouard Leclerc a profité de son passage médiatique ce 12 février 2026 pour remettre la question des revenus au centre du jeu. Selon lui, la solution pour soutenir la consommation ne passe pas par des chèques ponctuels, mais par une refonte structurelle de la rémunération. Il plaide ainsi fermement pour une hausse du pouvoir d'achat « par l'augmentation des salaires, déchargés de ces cotisations qui bloquent les salaires dans le bas ».
Pour le dirigeant du groupement de distribution, cette mesure permettrait de « trouver de la croissance » en libérant immédiatement de la trésorerie pour les travailleurs. L'objectif affiché est de redonner de la marge de manœuvre aux ménages sans attendre une hypothétique baisse des prix en rayon, en agissant directement sur le net perçu.
Le choc de l'inflation alimentaire
Le constat dressé par le distributeur est sans appel concernant la santé financière des consommateurs. Il estime que la « partie arbitrable » du budget, c'est-à-dire l'argent restant une fois les charges fixes payées, est devenue « très faible ». Michel-Édouard Leclerc pointe du doigt les séquelles d'une période marquée par une inflation massive de +28% sur les produits alimentaires.
Cette hausse des prix représente, selon ses termes rapportés par Capital, une « ponction » majeure sur les revenus, d'autant que l'alimentation pèse pour environ 20% du budget total de ses clients. Son concept de "décotisation" vise donc mécaniquement à « rapprocher le salaire net du salaire brut » pour compenser cette perte drastique de niveau de vie et relancer la machine économique.
Financer la protection sociale autrement
Cette proposition soulève immédiatement la question du financement du modèle social français (retraite, maladie, famille). Michel-Édouard Leclerc assume une position libérale sur le sujet : il suggère de déplacer l'assiette des prélèvements du travail vers la consommation ou l'activité globale de l'entreprise. Il a illustré sa pensée par une formule imagée au micro de nos confrères : « Ce n'est pas le caissier qui devrait payer des cotisations sociales, c'est la caisse enregistreuse ».
Cette approche s'inscrit dans un débat récurrent sur le "coin fiscalo-social". L'idée défendue ici consiste à augmenter les bas salaires sans alourdir le coût du travail pour les employeurs, ce qui impliquerait nécessairement une réforme profonde des recettes de l'État pour maintenir le niveau de protection sociale actuel.
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