Fin des 35 heures, RSA, assurance-chômage : Bruno Retailleau détaille ses propositions économiques

Publié par Suruthi Srikumar
le 09/01/2026
Fin des 35 heures, refonte du RSA, durcissement de l’assurance-chômage : Bruno Retailleau détaille ses propositions économiques
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Le président des Républicains propose une refonte du modèle social pour encourager le travail : exonération de cotisations au-delà de 35 heures, plafonnement des aides à 70 % du Smic et durcissement de l’assurance-chômage. "Il faut renverser la table", assume Bruno Retailleau.

La France est-elle un pays « à bout de souffle » ? C'est le diagnostic sévère posé par le patron des sénateurs LR. Face à une dette qui s'alourdit et un décrochage économique qu'il juge inquiétant, Bruno Retailleau estime qu'il est urgent de « renverser la table ». Pour lui, le constat est sans appel : notre système actuel décourage l'effort et favorise l'assistanat.

Son ambition est claire : rompre avec le statu quo pour instaurer un modèle de « travail gagnant ». Il ne s'agit pas seulement de faire des économies, mais de garantir que l'activité rémunère toujours plus que l'inactivité. Suivez le guide pour comprendre comment cette proposition de Bruno Retailleau pour la relance de l'emploi en 2026 pourrait impacter votre quotidien.

Pourquoi ce diagnostic aussi radical ?

Le constat de départ est celui d'un pays paralysé par ses propres structures. Pour l'élu vendéen, la France souffre d'un mal profond lié à son organisation administrative et budgétaire. Il n'hésite pas à affirmer qu'il faut changer totalement de modèle social-étatiste pour retrouver de la compétitivité. Selon lui, le système actuel ne protège plus assez ceux qui créent de la richesse et pèse trop lourdement sur les finances publiques.

Cette vision de rupture s'appuie sur l'expertise de figures libérales comme François Asselin ou d'anciens de l'Inspection générale des finances. L'objectif ? Générer 30 milliards d'euros d'économies, dont la moitié serait redistribuée aux entreprises et l'autre aux ménages sous forme de pouvoir d'achat.

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Travailler plus pour gagner un "treizième mois"

C'est la mesure phare et sans doute la plus commentée. Bruno Retailleau souhaite s'attaquer au temps de travail, symbole des années 2000. L'idée n'est pas une abolition brutale, mais une sortie progressive, s'apparentant à une suppression des 35 heures via le zéro cotisation. Concrètement, la durée légale du travail passerait de 1 607 à 1 623 heures par an, soit l'équivalent de deux jours travaillés supplémentaires.

Mais la véritable carotte pour les salariés réside dans ce qui se passe au-delà de ce seuil. Grâce au mécanisme zéro cotisation sur les heures supplémentaires, toute heure travaillée en plus serait totalement exonérée de charges et d'impôts (hors CSG/CRDS). D'après les calculs présentés, cette mesure permettrait à un salarié au revenu moyen de gagner près de 2 800 euros nets supplémentaires par an, soit l'équivalent d'un treizième mois. Les entreprises, elles, verraient leurs cotisations patronales supprimées sur ces mêmes heures.

Aides sociales et chômage : le tour de vis

L'autre volet explosif de ce programme concerne la solidarité nationale. Pour marquer une différence nette entre les revenus du travail et ceux de l'assistance, le plan prévoit le plafonnement des aides sociales à 70% du Smic net pour un même foyer. Une mesure drastique qui s'accompagnerait de la création d'un « compte social unique » pour plus de transparence.

Dans cette logique de rationalisation, le RSA, la prime d'activité et l'ASS fusionneraient pour donner naissance au revenu d'incitation à l'activité cher à Retailleau. Attention, ce nouveau dispositif ne serait pas sans contrepartie : les bénéficiaires devraient effectuer 15 heures d'activité obligatoire. Enfin, le projet entend durcir la réforme de l'assurance chômage avec sanction après trois refus d'emploi jugé raisonnable, rendant la radiation effective pour inciter au retour rapide vers l'entreprise.

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