Caroline Darian raconte ses retrouvailles avec sa mère, Gisèle Pelicot
La famille Pelicot tente de se reconstruire loin des prétoires. Alors que l'ouvrage Et la joie de vivre arrive en librairie ce 17 février 2026, Caroline Darian a pris la parole publiquement. Elle détaille le cheminement douloureux qui l'a conduite à renouer avec sa mère, malgré les tensions nées de l'affaire des viols de Mazan.
Une reprise de contact liée à la santé
C'est une actualité littéraire chargée de symboles. Ce mardi 17 février 2026, Gisèle Pelicot publie ses mémoires intitulées Et la joie de vivre. En parallèle de cette sortie médiatique, sa fille, Caroline Darian, auteure de Et j'ai cessé de t'appeler papa, a choisi de lever le voile sur l'état de leurs relations. Invitée le 15 février dans le podcast Carla pour toi animé par Carla Ghebali, elle a révélé avoir brisé la glace après une longue période de froid.
Le déclencheur de ces retrouvailles n'est pas anodin : c'est l'inquiétude médicale qui a primé. Caroline Darian a appris que sa mère devait subir une nouvelle intervention chirurgicale, conséquence directe des années de soumission chimique orchestrées par son père. Au micro de Carla pour toi, elle explique sa démarche : « J’ai pris parti de l’appeler et j’ai beaucoup pris sur moi car moi je suis un peu un tank, et ma mère, elle n’aime pas les conflits. »
Cette initiative a été confirmée par Gisèle Pelicot elle-même, invitée sur RTL ce 16 février 2026. L'icône de la lutte contre la soumission chimique a précisé le contexte de cet appel survenu juste avant les fêtes de fin d'année : « On a repris contact avec Caroline juste avant Noël parce que, comme j’ai subi une intervention encore liée à ce papillomavirus que m’ont donné ces individus, elle a pris de mes nouvelles pour savoir comment j’allais. J’étais contente qu’elle m’appelle. »
Une incompréhension mutuelle après le procès
Ce rapprochement met fin à un silence pesant qui s'était installé au lendemain du verdict du procès des viols de Mazan. La rupture s'était accentuée après mars 2025, date à laquelle Caroline Darian avait déposé plainte contre son père, Dominique Pelicot. La fille de la victime principale a longtemps souffert d'un sentiment d'abandon, estimant ne pas avoir reçu le soutien maternel espéré dans son propre combat judiciaire.
Caroline Darian analyse aujourd'hui cette distance avec lucidité. Elle confie avoir attendu un appui que sa mère, trop occupée à survivre, ne pouvait lui offrir : « J’avais besoin que ma mère soit beaucoup plus présente pour moi, mais elle ne pouvait pas être plus présente pour moi parce qu’il fallait déjà qu’elle le soit pour elle. » De son côté, Gisèle Pelicot a admis, dans une interview accordée au New York Times Magazine la semaine précédente, avoir dû ériger des barrières pour se « protéger » face à la « haine et la colère » légitimes de sa fille.
La fondatrice de l'association M'endors pas tient d'ailleurs à déconstruire un mythe tenace sur les drames familiaux. Contrairement aux idées reçues, l'horreur ne soude pas immédiatement les liens. « Là où les gens se leurrent, c'est qu'ils pensent que ça rapproche une famille. Non, non, ça demande du temps », a-t-elle insisté.
Un apaisement indispensable pour l'avenir
Aujourd'hui, la tempête semble derrière elles. Caroline Darian qualifie désormais sa relation avec sa mère d'« apaisée parce qu'on a traversé un ouragan ». Cette réconciliation revêt une importance majeure pour la jeune femme, qui souligne la précarité de sa situation familiale : « C’est très important pour elle car il ne me reste qu’elle. »
Cette prise de parole est aussi l'occasion de rappeler un message universel sur le statut de victime. Caroline Darian refuse toute hiérarchisation de la souffrance au sein de la famille. « Il n’y a pas de clivage mère-fille, car il n’y a pas de bonne ou mauvaise victime. C’était une façon pour moi de dire : dans cette affaire horrible, [...] on est tous des victimes à commencer par ma mère, moi, mes frères et nos enfants respectifs », a-t-elle déclaré.
Le chemin de la guérison reste long, mais le dialogue est rétabli. Comme le résume sobrement Caroline Darian : « On fait comme on peut pour survivre à ça. »
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