L'hommage raté à Johnny Hallyday : Eddy Mitchell tacle Anne Hidalgo et dénonce "Notre drame de Paris".
L'amitié légendaire entre Johnny Hallyday et Eddy Mitchell, forgée sur les routes du rock'n'roll, n'autorise aucune concession, surtout pas après la mort. Alors que Paris inaugurait en grande pompe l'hommage "Quelque chose de..." devant l'Accor Arena, l'interprète de Couleur Menthe à l'eau a brisé le silence avec la franchise qu'on lui connaît, pointant du doigt non seulement le monument, mais aussi la gestion politique de l'événement par la mairie de Paris.
Le verdict cinglant d'Eddy Mitchell : une "catastrophe" politique et artistique
Quelques jours seulement après l'inauguration en septembre 2021, le chanteur a livré une interview explosive au Parisien. Loin de l'émotion consensuelle, Schmoll a tiré à boulets rouges sur l'initiative. La critique dépasse l'esthétique pour viser directement l'édile socialiste. "C'est une catastrophe (...) mais cela plaît à Hidalgo, 'notre drame de Paris', donc c'est bien", a-t-il lancé, jouant sur les mots avec une ironie mordante pour qualifier cette déception monumentale. Il enfonce le clou en condamnant le concept même, glissant avec humour : "De toute façon, je n'aime pas les places qui commémorent, ni les statues, les pigeons chient dessus." Pour lui, le verdict est sans appel : "Je suis contre la statue à la con, je trouve ça ridicule."
"Cette statue n'évoque rien" : la critique de l'authenticité rock
L'objet du courroux est une œuvre signée Bertrand Lavier : un mât de près de six mètres symbolisant un manche de guitare, surmonté d'une véritable Harley Davidson Fatboy bleue. Un détail insolite rend l'œuvre encore plus amère aux yeux des puristes : la moto a été évidée de toute sa mécanique et n'a plus de moteur. Pour l'ami de toujours, ce montage d'art contemporain rate sa cible. "Cette statue n'évoque rien, ce n'est pas Johnny", regrette-t-il dans les colonnes du quotidien, précisant qu'il aurait préféré une statue physique à l'effigie du Taulier. Un avis tranché partagé par d'autres figures du milieu. Sur les ondes de RFM, Florent Pagny avait lui aussi ironisé : "J'ai l'impression d'avoir une concession Harley qui a ouvert devant Bercy."
Les coulisses d'une absence : amitié, fidélité et héritage
Cette prise de parole n'est pas anodine venant d'un membre du trio des "Vieilles Canailles". Si Eddy Mitchell a brillé par son absence lors du concert hommage organisé par Laeticia Hallyday, c'est par fidélité à ses principes. Interrogé par Le Parisien, il balaie l'événement d'un revers de main : "Je n'avais rien à y faire. Je ne fais pas les Restos du cœur, donc je ne vois pas pourquoi j'irais faire ce genre de connerie." Une posture qui cache aussi une solidarité indéfectible envers sa filleule, Laura Smet, au cœur de la guerre d'héritage. "Comme je suis parrain de Laura, je suis derrière elle", avait-il confié sur Nostalgie.
L'hommage posthume, entre art, politique et polémiques
Ce projet n'a jamais fait l'unanimité, contesté par les élus écologistes et communistes au Conseil de Paris pour son coût et son impact. Face aux critiques, Laeticia Hallyday avait défendu le choix du symbolisme, arguant que "la route et la musique font partie de la vie de Johnny" et rappelant que l'idole "détestait" les sculptures à son image. Une justification qui peine à convaincre le clan historique. Toutefois, cette sortie virulente d'Eddy Mitchell a provoqué des remous en interne. Jean-Claude Camus, producteur historique du rockeur, a déploré ces propos, les jugeant "pas très élégants".
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