Cette habitude au volant peut vous faire perdre votre permis
Face à des chiffres de la mortalité routière qui ne fléchissent pas, plusieurs préfets ont choisi d'activer un levier puissant pour dissuader les conducteurs d'utiliser leur smartphone, contournant ainsi la lenteur des procédures classiques.
Une extension géographique de la tolérance zéro
La carte de la répression routière se redessine avec l'entrée en vigueur de nouvelles directives préfectorales. Quatre départements appliquent désormais une sévérité accrue contre l'usage du téléphone en conduisant. Le Pas-de-Calais, sous l'autorité du préfet François-Xavier Lauch, et le Lot-et-Garonne ont activé cette mesure en février 2026. Ils rejoignent ainsi les Landes, où le préfet Gilles Clavreul avait lancé une expérimentation dès octobre 2025, pérennisée en novembre dernier. La Charente-Maritime vient également d'officialiser ce dispositif.
Ce changement marque un tournant juridique majeur dans le Code de la route local. Jusqu'à présent, l'usage du téléphone entraînait une contravention et un retrait de points. Désormais, le simple fait de tenir un appareil en main au volant suffit à déclencher une procédure de suspension administrative. Cette sanction s'ajoute, et ne remplace pas, la peine classique : une contravention de classe 4 assortie d'une amende forfaitaire de 135 euros et d'un retrait de trois points sur le permis de conduire.
Une réponse administrative face à l'urgence routière
Cette offensive s'appuie sur un mécanisme légal spécifique : la décision préfectorale administrative. Contrairement à une décision judiciaire qui nécessite un passage devant un tribunal, la suspension administrative est une mesure de sûreté immédiate. L'objectif des autorités est de briser le sentiment d'impunité et de lutter contre l'inattention, devenue un fléau sur les routes. Le directeur de cabinet du préfet du Pas-de-Calais, Christian Védélago, justifie cette fermeté par l'inertie des comportements : « Vu que les usagers ne le font pas, le préfet a décidé de renforcer les sanctions. »
Les statistiques de la Sécurité routière appuient cette décision. Selon l'organisme, « 390 personnes ont en effet été tuées en un an à cause du téléphone au volant ». Le danger est mathématique : tenir une conversation multiplie le risque d'accident par trois. La lecture d'un SMS est encore plus dramatique, puisque le risque est multiplié par 23. Dans les Landes, le préfet a déploré 16 décès en seulement six mois durant l'année 2025, illustrant l'échec des politiques de prévention basées uniquement sur la pédagogie.
Une sanction lourde pour changer les comportements
L'impact pour les automobilistes contrôlés est immédiat et sévère. La suspension administrative du permis de conduire peut s'étendre jusqu'à six mois, comme l'a démontré l'expérimentation menée dans les Landes. À cette privation du droit de conduire s'ajoute le délai de récupération des points perdus, qui est de trois ans pour une infraction de cette classe.
Cette rigueur inquiète certains professionnels de la route, notamment dans les secteurs du transport et du commerce. Le vice-président de Mobilians pointe du doigt un problème structurel plutôt que comportemental. Il regrette une approche uniquement punitive : « On réagit au lieu d'agir, car on a malheureusement une formation au permis de conduire qui date des années 1990 ».
Pour éviter ces désagréments majeurs, la préfecture du Pas-de-Calais rappelle une règle de bon sens, souvent oubliée : « La consigne est très simple : le téléphone sonne, si vous conduisez, vous vous arrêtez. » Si la mesure divise par sa dureté, elle place la sécurité des usagers au centre des priorités préfectorales.
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