ChatGPT, Gemini : près d'un Français sur deux utilise désormais l'intelligence artificielle

Publié par Stéphane Leduc
le 17/02/2026
dans un café parisien, une jeune femme est en train de prendre un café. En face d'elle un robot avec
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Ce mardi, le Baromètre du numérique révèle que l'IA générative est la technologie la plus rapidement adoptée de l'histoire, surpassant Internet et le smartphone avec près d'un Français sur deux désormais utilisateur.

C'est une déferlante technologique sans précédent. Alors que le smartphone avait mis trois ans à s'installer durablement dans les usages et l'Internet fixe cinq ans, l'intelligence artificielle a conquis le quotidien des Français en à peine vingt-quatre mois. Une révolution silencieuse mais massive confirmée par la nouvelle édition du Baromètre du numérique, dévoilée ce matin. Cette étude de référence, pilotée par le Crédoc pour l'Arcep et l'Arcom, confirme que l'intelligence artificielle n'est plus un gadget de niche réservé aux experts de la tech, mais une lame de fond sociétale majeure.

Une adoption plus rapide que le smartphone

Les chiffres rapportés par le rapport annuel sont vertigineux. Selon le Baromètre du numérique 2026, 48% des Français déclarent utiliser l'IA générative en 2025. Ils n'étaient que 20% en 2023. Cette progression spectaculaire de 28 points en deux ans marque une vitesse de diffusion inédite dans l'histoire des technologies grand public.

Dans cette course effrénée vers l'innovation, un acteur écrase littéralement la concurrence : ChatGPT. L'outil d'OpenAI est cité par 63% des utilisateurs comme leur agent conversationnel de référence. Il laisse loin derrière ses rivaux, tels que Gemini de Google ou Copilot de Microsoft, qui peinent encore à contester cette hégémonie auprès du grand public français.

Les jeunes plébiscitent l'outil massivement

Cette "révolution conversationnelle" dessine toutefois une France à deux vitesses. L'adoption se révèle massive chez les 18-24 ans, dont 85% sont utilisateurs réguliers. À l'inverse, l'usage décroche drastiquement chez les plus de 60 ans. À partir de 70 ans, seuls 15% des séniors s'y sont mis. Cet écart d'usage, qui atteint désormais 70 points, témoigne d'une fracture générationnelle qui s'intensifie.

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Autre enseignement majeur de l'étude : contrairement au PC qui est entré dans les foyers via le monde de l'entreprise, l'IA s'installe d'abord par la sphère privée. 42% des Français l'utilisent à titre personnel, contre 30% des actifs dans un cadre professionnel strict. La raison de ce succès fulgurant tient à la simplicité d'accès. L'interface de discussion fluide séduit immédiatement, le gain de temps et la productivité étant évoqués comme motivation principale par 41% des sondés.

Des applications pratiques mais une méfiance tenace

Au quotidien, l'IA commence à grignoter les parts de marché des moteurs de recherche classiques. Pour 73% des utilisateurs, l'outil sert avant tout à la recherche d'information. Viennent ensuite l'aide à la rédaction, la traduction et l'amélioration stylistique des textes, citées par 58% des pratiquants.

Pourtant, cet engouement n'efface pas la prudence. Une part importante de la population reste méfiante : 52% des Français expriment des réserves fermes en 2025. Les principales craintes concernent le manque de confiance dans la véracité des réponses fournies, le risque d'utilisation abusive des données personnelles, et les conséquences sociétales comme la déshumanisation ou la menace sur l'emploi.

Enfin, un nouveau défi émerge pour les utilisateurs : la compétence technique. Pour tirer profit de ces assistants, la maîtrise de l'art du "prompt" (la formulation précise des questions) devient indispensable. Or, à ce jour, seuls 41% des Français s'estiment compétents pour l'utiliser efficacement, laissant présager un nouveau besoin massif de formation.

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